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Etre PDG de réseau social: de fauteuil doré à siège éjectable

23 janvier 2019


C’est indéniable. Les réseaux sociaux sont en crise. Un trou d’air qui apparaît peut-être moins évident que chez d’autres secteurs malmenés, et pourtant, les chiffres sont éloquents. Selon une étude réalisée par MediaBrands, les grandes plateformes du réseautage ont pour la première fois enregistré une baisse générale de l’usage qu’en font les internautes. Les médias sociaux auraient même perdu ces derniers mois davantage d’utilisateurs que la presse écrite de lecteurs. 

Et cette pente dangereusement glissante après des années de prospérité insolente se ressent jusque dans la gouvernance des géants que sont Facebook, Snapchat ou encore Instagram. Car depuis 2018, il ne fait pas bon être à la tête d’un grand réseau social. Pris en étau entre les attentes des actionnaires, inquiets, et les exigences d’une opinion publique et politique échaudée par les divers scandales, les boss du réseautage vivent une époque compliquée.  

Bruit de portes qui claquent

Au sommet de Snapchat, qui peine à séduire de nouveaux utilisateurs, on a ainsi assisté à une symphonie de sièges éjectables depuis plusieurs semaines. Une vingtaine de hauts dirigeants de l’entreprise ont quitté leur poste, tandis que le management du PDG et cofondateur Evan Spiegel est fréquemment pointé du doigt pour ses allures monarchiques. Instagram, de son côté, a vu partir ses deux créateurs cet automne, dégoûtés par l’ambiance et les partis pris radicaux imposés par la maison mère Facebook. 

Quant à Jack Dorsey, capitaine du vaisseau Twitter, son audition musclée devant le Congrès américain en septembre dernier a mis en lumière une plateforme dépassée par les excès de la désinformation, par l’expression des haines les plus diverses et par les impacts pas toujours rassurants des algorithmes sur la société. Ses propos angéliques sur la Birmanie, très décriés, ont au passage mis en lumière son manque de hauteur de vue pour un patron de cette envergure. Même l’icône indéboulonnable Mark Zuckerberg pourrait commencer à vaciller, lui aussi taxé de naïveté devant la complexité du monde.

Des dinosaures en péril

A l’interne, de plus en plus de responsables souhaitent en effet la démission du grand manitou de Facebook, craignant que ses gaffes à répétition et sa personnalité mi-ange mi-démon difficile à cerner abîment encore plus l’image de la firme. Car au fond, c’est peut-être cela qui cloche sur les cimes des grands réseaux sociaux: le gourou autocrate. Un profil hérité des startups que furent au départ la plupart des grandes plateformes actuelles, mais qui n’est sans doute pas des plus adaptés aujourd’hui dans le cas de super sociétés cotées en bourse et omniprésentes dans notre quotidien. 

Trop égocentrés, trop orgueilleux, trop confiants, voire immatures, ces individus en mode «maître du monde» peuvent devenir un handicap pour des entreprises ultra puissantes, qui nécessitent une gouvernance plus démocratique pour éviter les dérives et enrichir les points de vue. Au fond, Facebook, Instagram ou Snapchat doivent devenir adultes et faire mûrir l’ado génial mais un brin narcissique qui les a imaginés.  


Et quelques liens


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