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Facebook récupère vos données bancaires et médicales

27 février 2019


Mark Zuckerberg nous aurait-il menti? Ses promesses, devant le parlement européen, de donner plus de contrôles aux utilisateurs sur leurs données personnelles, du bluff? L’affirmation que son entreprise est soucieuse de la sphère privée de ses utilisateurs, un beau moment d’hypocrisie? Facebook est en effet – pour une énième fois – dans le viseur des médias depuis la fuite de documents internes plutôt embarrassants et la découverte d’étranges pratiques.

C’est le Wall Street Journal qui a récemment révélé qu’une dizaine d’applications mobiles partageaient leurs informations récoltées avec le réseau social, ceci sans que les propriétaires du smartphone en soient informés. Oups. Le pire étant que le data envoyé à Facebook est loin d’être anodin. Parmi ces applis, on compte ainsi des services permettant aux femmes de mener un carnet de bord concernant cycles menstruels ou grossesses. 

D’autres enregistrent en direct des données sur la santé de l’utilisateur: rythme cardiaque, pression artérielles… Sans oublier des applis spécialisées dans la recherche de biens immobiliers ou dans le shopping. Autant dire une immense mine d’or en termes de big data à monétiser. Le média américain précise également que des informations bancaires transitaient vers le réseau social. Merci pour la confidentialité de données si sensibles, cher Mark. 

Une éthique bradée

Comment cela a-t-il été rendu possible? Grâce à la pré-installation, dans la plupart des téléphones, de l’outil d’analyse de l’activité App Events, justement conçu… par Facebook. Les programmes pointés du doigt communiquaient manifestement avec la plateforme via ce système. Quasi en même temps, de l’autre côté de l’Atlantique cette fois, le Guardian publiait le contenu de plusieurs documents internes du réseau social. 

On peut y suivre le cheminement mental des responsables de Facebook dans leur quête des données personnelles, avec, comme solutions validées par les têtes pensantes dont Zuckerberg, entre autres, un assouplissement des règles encadrant la collecte du data des internautes. Février s’avère être un territoire des plus marécageux pour l’entreprise, qui enchaîne les scandales de grande ampleur depuis maintenant une année. Et bien qu’elle semble plutôt bien résister économiquement à ces épreuves, le climat politique de ces prochaines semaines risque de faire bien mal. 

Menace des pays européens

Exaspéré par les pratiques de Facebook, le gouvernement britannique a récemment mis sur pied une commission chargée de proposer une offensive. Dans le rapport qu’elle vient de livrer, la Commission sur le numérique, la culture, les médias et le sport de la Chambre des communes (DCMS) préconise d’imposer un code de déontologie à Facebook et consorts, dont le respect serait garanti par un législateur indépendant autorisé à poursuivre en justice les GAFA si besoin. 

En Allemagne, même combat de poids lourds. Berlin envisage d’imposer des limites dans la collecte du data par les géants d’internet, dont Facebook. En cas de non-respect des consignes, des amendes atteignant 10 millions d’euros (environ 12 millions de francs) pourraient être infligées aux sociétés récalcitrantes. Cela paraît peu pour des empires financiers de cette envergure, mais les temps hostiles ne font peut-être que commencer.


Et quelques liens


Facebook Is Collecting App Users’ Data Without Consent, Wall Street Journal Finds

Confidential emails sent by Facebook executives leaked online

Facebook qualifié de «gangster numérique»

Germany may order Facebook to stop collecting some user data

 

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