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Google prépare son troisième réseau social… et dernier?

20 août 2019

Le si brillant Google conçoit des voitures autonomes et des lunettes intelligentes, fait voler des ballons sondes connectés dans la stratosphère, domine la planète avec son moteur de recherche et sa messagerie, mais il n’y comprend toujours rien aux réseaux sociaux, ces choses toutes bêtes qui existent depuis quinze ans. C’est le constat qui vient aussitôt à l’esprit en découvrant le nouveau projet de l’entreprise, baptisé Shoelace, lacet de chaussure en anglais. 

Actuellement en phase de test à New York (ce qui cartonne dans la Grande Pomme cartonnera à coup sûr ailleurs?), cette plateforme sociale vise l’échelle hyperlocale et fonctionne sur le principe des centres d’intérêt partagés. Sur la base d’un outil de géolocalisation, l’utilisateur peut entrer en contact avec d’autres membres de Shoelace qui aiment les mêmes choses que lui, le yoga, la cuisine russe, la mécanique des motos, le chant grégorien, le libertinage, pourquoi pas tout en même temps, afin d’échanger des infos ou plus si affinités, vivre des expériences communes online comme dans la réalité physique. 

Certaine conception de la nouveauté

Une fiche technique plutôt modeste, voire un tantinet datée, la théorie de la mise en relation par le biais des intérêts, des goûts et des orientations étant une sorte de marronnier de l’ère 2.0, un réflexe pavlovien soooo 2010, dont l’efficacité, notamment dans le cadre des rencontres amoureuses, n’est pas prouvée. On s’étonne d’autant plus que Shoelace mise sur un concept si consensuel et bateau en apprenant qu’il a été concocté par Area 120, présenté comme un labo de brainstormeurs de Google chargés de développer des projets expérimentaux. Expérimental, Shoelace? Euh… En 2009 probablement.

On se dit évidemment que chat échaudé craint l’eau froide. Après s’être évertué à lamentablement échouer dans tous les projets de réseau social qu’il a pu mettre sur pied depuis une décennie (Schemer, enterré en 2014, et surtout Google+, supprimé ce printemps après huit ans passés à ramer désespéramment contre la vague Facebook), Google veut peut-être juste prendre la température avant de lancer un nouveau jouet dans la nature et le voir se faire malmener par notre monde de brutes. 

L'avance insolente de Facebook

On peut aussi considérer l’actualité sous un autre angle: et si, cette fois, Google avait flairé la bonne piste? Entre Instagram et Twitter qui lancent le trend du post sans notifications, Facebook qui investit dans le service de drague pour rapprocher les gens ailleurs que dans une liste de 3000 contacts, et Snapchat qui séduit les jeunes générations par son principe de la petite communauté fermée mais active, l’ère actuelle est clairement celle des réseaux sociaux qui replacent l’humain au cœur de l’expérience. Moins de gens, mais de vraies relations, de vraies émotions. Shoelace s’inscrit dans cette tendance de fond. 

Reste qu’au vu de son cahier des charges, le peut-être futur réseau de Google manque quand même un peu d’ambition, de panache et ne fait pas vraiment fantasmer sur le papier. Pendant ce temps, Facebook, lui, bosse sur Catalina, un projet d’objet connecté permettant aux adeptes de Netflix de vivre à distance et de partager en live leur expérience des séries. Autant dire un concept dans son époque et novateur, qui tranche avec la créativité vintage de Google. Ce sont de toute façon les heureux New-Yorkais qui décideront si Shoelace se dote de bottes de sept-lieues, ou tombe de haut en marchant sur ses lacets. 


Et quelques liens


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