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Instagram, le nouveau centre névralgique des réseaux sociaux

02 janvier 2019


Avec son milliard d'utilisateurs atteint en juin 2018, Instagram est clairement the place to be pour les internautes contemporains. Un carrefour planétaire 2.0 auquel les usagers sont très attachés, et qui constitue pour eux une sorte de repère quotidien. Alors, quand un seul élément de ce doudou numérique est soudain modifié, c'est la panique. Un terme à peine exagéré pour qualifier la réaction des igers, jeudi 27 décembre, lorsque les responsables de la plateforme ont accidentellement créé un énorme bug. 

A l'origine, il s'agissait juste de mener un test à petite échelle: changer la direction du scroll, le faisant passer du déroulement vertical à l'horizontal, et voir comment le petit panel d'heureux élus vit cette situation. Le hic, c'est que l'expérience a malencontreusement été imposée à une proportion bien plus importante d'utilisateurs, générant un moment de terreur sur le web. Nombre des internautes touchés n'ont en effet pas compris ce qui leur arrivait. Au lieu de faire défiler leur fil d'actualité de haut en bas, il fallait exécuter le mouvement de droite à gauche. 

Goût de fin du monde

Pire, pour lire les commentaire d'un post, l'iger devait quand même tirer l'image vers le haut. Une vraie partie de rubix cube involontaire qui n'a pas, mais alors pas du tout ravi les cobayes. Ne comprenant pas qu'ils étaient ciblés par un test, nombre des usagers ont fait part de leur effarement sur Facebook ou Twitter. Le hashtag #instagramupdate, créé pour l'occasion, a ainsi rassemblé une cohorte de plaintes et de cris désespérés, mais aussi des mèmes humoristiques tournant l'étrange mise à jour en dérision. 

Adam Mosseri, l'un des boss de l’application de partage de photos, a vite présenté ses excuses face au psychodrame mondial qui était en train de se jouer. «C’était supposé être un test à petite échelle qui a été étendu à tous par accident. Cela devrait être corrigé maintenant. Si vous le voyez toujours, redémarrez simplement l’application. Joyeuses fêtes!» s'est-il empressé de tweeter pour calmer les esprits échaudés. Si l'événement semble disproportionné, il est en fait très révélateur de la place d'Instagram dans l'écosystème de l'Internet d'aujourd'hui. 

Un lieu d'écoute

Car l'appli n'est plus seulement un endroit sympathique pour poster des images à l'esthétique léchée ou décalée: elle est devenue un véritable lieu d'échange. On y poste de plus en plus. On y discute également de plus en plus, souvent au détriment du Messenger de Facebook. Son influence ne cesse de grandir. Et un récent rapport commandé par le Sénat américain confirme tout cela. Des chercheurs de l'Université d’Oxford et des spécialistes des nouveaux médias Graphika ont en effet observé les interactions générées par les trolls russes lors de la dernière élection présidentielle américaine. Avec une surprise à la clef.

L’agence Internet Research Agency (IRA), liée au Kremlin, avait ainsi à l'époque mené une intense campagne de lobbying majoritairement anti Hillary Clinton via 120'000 posts sur Instagram et 80'000 sur Facebook. Si l'audience s'est révélée supérieure sur le géant bleu, les interactions ont été trois fois supérieures sur l'appli de partage de photos, constate le rapport américain. Difficile à croire, peut-être, mais Instagram est aussi devenu le nouveau joujou de la politique online.


Et quelques liens

Cette mise à jour d'Instagram accidentelle n'est pas bien passée

Twitter - #instagramupdate

SSCI Research Summary December 1, 2018