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La vie rêvée des influenceurs? Attention aux mirages

13 décembre 2019


Astronaute, explorateur, clown ou vétérinaire? Plus maintenant. En 2019, le job que rêvent de faire les jeunes lorsqu’ils seront grands, c’est influenceur. Cette activité professionnelle arrive deuxième d’un classement des métiers les plus attractifs aux yeux des ados, réalisé par des chercheurs britanniques en marketing. Seul «médecin» semble avoir une aura encore plus grande pour les futurs adultes. 

Et en ce mois de décembre, on comprend un peu mieux pourquoi les starlettes du web font autant fantasmer. Depuis plusieurs jours, les influenceurs ont en effet commencé à rejoindre leurs quartiers d’hiver, qui la plupart du temps se situent sous les tropiques. Car en-dehors des internautes qui s’en vont pérégriner dans les montagnes canadiennes ou savoyardes, ou encore dans les toundras de Laponie, les plus désirables des aimants à followers privilégient souvent le soleil et les extérieurs à trente degrés celsius. 

Parmi les icônes lifestyle du web, Emily Ratajkowski a par exemple rallié une île des Maldives en compagnie de son mari, documentant avec soin les plus photogéniques recoins de son bungalow en bois au-dessus du lagon. Même exil hivernal dans les mers du sud pour Bella Hadid, sœur de la mannequin Gigi, qui se prélasse avec style sur les plages de Saint-Barth dans les Caraïbes. Des wagons d’autres personnalités très suivies des réseaux sociaux ont mis le cap sur le sable fin des Philippines, de la Barbade ou, un peu plus accessible, du Portugal. 

Un décor qui a son prix

Alors que le mercure flirte dangereusement avec zéro ces derniers jours, ces visions paradisiaques tenant dans le cadre de nos smartphones ont évidemment quelque chose de légèrement enviable. Mais ce réflexe de se télétransporter dans un paysage tropical dès les premières gelées est peut-être old school. Certaines, comme Chiara Ferragni ou Kylie Jenner, qui courent même dans la catégorie des influenceuses les plus suivies sur Instagram, ont préféré s’afficher dans un décor tout de neige et de sapins, plus local, plus Greta Thunberg compatible. 

Reste qu’en dépit de ces tableaux oniriques qui paraissent composer la majorité de l’existence d’un(e) influenceur(se), il y a la réalité. Revenus irréguliers voire insuffisants, concurrence frénétique augmentant chaque année (le marché sature bien qu’on estime qu’il atteindra 15 milliards de dollars pour 2022), rythme de travail éreintant, cerveau en perpétuelle rumination pour dénicher de nouvelles idées, de nouveaux sponsors, instauration d’une dépendance du regard d’autrui… La décontraction et l’extase permanentes des instagrammeurs ou youtubeurs professionnels n’est qu’apparente. 

Une liberté en pointillés

Leur univers de perfection sublimé jusqu’au moindre détail est surtout le fruit d’efforts considérables, en termes de temps consacré, de mise en scène et de tâches en post-production, pour rendre glamour et désirable n’importe quel bout de rue. Beaucoup finissent ainsi par quitter ce fonctionnement en apparence idyllique pour retrouver un bien traditionnel job de bureau à horaires fixes. 

Certes, certains d’entre eux voyagent quasi gratuitement, invités de palaces en lodges, et de lodges en resorts, mais l’énergie quotidienne et le stress à endurer pour gagner puis maintenir ce train de vie s’avèrent souvent loin de l’atmosphère de liberté des véritables vacances ou voyages qui nourrissent l'âme. Sans oublier la part d'inconnu angoissant que réserve un futur Instagram dépouillé de son principal carburant, les likes. Rêvons alors de la vie des influenceurs, en n’oubliant pas qu’eux aussi, parfois, rêvent un peu de notre vie sans filtres ni milliers d’abonnés affamés.


Et quelques liens


La mauvaise influence écologique d’Instagram

Influenceur sur Instagram, un travail à temps complet

The fatigue hitting influencers as Instagram evolves

Influencers are fighting for attention as Instagram tests removing likes from its platform: 'There’s no audience applause at the end of a performance'

 

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