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Le cyber-harcèlement, ce monstre incontrôlable des réseaux sociaux

20 février 2019

Certains quittent les réseaux sociaux par lassitude, par idéologie, par souci de contrôler ses données personnelles. Pour d’autres, c’est avant tout un geste de survie. Partir ou mettre sa santé psychique, physique même, en danger? Un carrefour mental auquel sont confrontées de nombreux internautes. Tout particulièrement les femmes. Car comme le montre le récent scandale de la Ligue du LOL, le pire ennemi des internautes féminines, sur le web, c’est le harcèlement. 

Insultes, menaces de mort et de viol, dénigrement public, lynchage online, publication de photos intimes sans leur consentement, chantage… Le web est potentiellement un lieu des plus hostiles et dangereux pour toutes celles qui s’y aventurent. Il y a quelques années déjà, un rapport de l’ONU sur le sujet révélait l’ampleur du fléau: trois-quarts des femmes déclaraient alors avoir été confrontées à de tels comportements sur les réseaux sociaux. Un phénomène qui impacte durement les victimes, qui tue parfois. 

Des raids virtuels, des séquelles bien réelles

Les psychiatres ont ainsi constaté que ces campagnes haineuses 2.0 pouvaient générer de véritables stress post-traumatiques chez les personnes visées. Certaines vont malheureusement jusqu’à mettre fin à leurs jours, détruites par ces attaques collectives et souvent sans visage. En effet, l’anonymat permis par Internet amplifie considérablement la dureté et la teneur des offensives en ligne contre les femmes. 

Grisés par leur capacité à opérer sous les radars et à bombarder n’importe quelle cible sans être identifiés, les internautes trolleurs tendent à ne pas mettre de limites à leur fiel ni de filtres à leurs mots, pouvant exprimer l’entièreté de leurs pensées les plus ignobles. Illustration récente avec l’expérience de l’ex-femme politique française Cécile Duflot, qui est soudain devenue le punching-ball de centaines d’internautes après avoir témoigné contre Denis Baupin, soupçonné d’agressions sexuelles. 

Le pire étant que le cyber-harcèlement peut même surgir d’éléments censés incarner la protection des droits des femmes: sur le web, en mode privé, tout homme peut être un persécuteur, même s’il est officiellement labellisé «féministe» en place publique. C’est ce qu’a démontré la récente affaire de la Ligue du LOL. Des journalistes évoluant dans des publications prestigieuses et cool, réputées pour leur vision progressiste et égalitaire du monde (Libération, Les Inrockuptibles, Slate…) étaient finalement d’odieux cyber-harceleurs ayant cassé psychiquement de nombreuses femmes sur les réseaux sociaux. 

Géants du web dépassés

La réponse de ces derniers pour contrer ces actes n’est malheureusement pas encore à la hauteur, en dépit de quelques progrès réalisés ces derniers mois. Instagram a par exemple annoncé, cet automne, l’arrivée d’un nouvel algorithme voué à repérer et neutraliser les contenus «relevant du harcèlement». Reste que pour le moment, 92% des contenus sexistes signalés sur Facebook, Twitter et YouTube (insultes, menaces ou incitation à la haine) demeurent sur ces plateformes après avoir été postés, selon une étude du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCE) en France. 

Un problème d’autant plus épineux que ces attaques peuvent longtemps coller à la peau des victimes, de plus en plus jeunes. En Suisse, l’édition 2018 de l'étude JAMES souligne qu’un tiers des personnes âgées entre 12 et 19 ans a déjà été victime de cyber-harcèlement. Là encore, les femmes sont trois à quatre fois plus touchées que les hommes, précisait un rapport du Conseil fédéral remis fin 2017.


Et quelques liens

La ligue du LOL

Internet, un lieu hostile pour les femmes

Quitter ou ne pas quitter Twitter

Cécile Duflot attaquée sur Twitter

Violences faites aux femmes, rapport

Lutte contre les violences sexistes sur internet

Instagram renforce la lutte contre le harcèlement

En Suisse, 1/3 des jeunes victimes de harcèlement

Se défendre contre le harcèlement obsessionnel

 

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