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Les algorithmes ont une vision bien à eux de la masculinité

14 octobre 2019


Vous êtes un garçon plutôt petit et imberbe, avec les cheveux longs, et vous vous apprêtez à poster un selfie de vous torse nu sur Facebook? Attention, le logiciel de modération de votre réseau social pourrait vous censurer et menacer de suspendre votre compte. La raison? Cet algorithme pas très finaud risque tout bonnement de vous prendre pour une jeune femme topless. Une catégorie de la population humaine, on a pu le constater, que les géants américains du net pourchassent inlassablement comme des sorcières depuis leur naissance.

La méprise des modérateurs est si fréquente qu’aux Etats-Unis, des parents connectés ont lancé le hashtag #longhairedboyrevolution, qui peut se traduire par la révolution des garçons aux cheveux longs. Des mamans influenceuses s’agacent notamment de voir leurs fils presque systématiquement supprimés des fils d’actualité, alors que Floride ou Californie oblige, les jeunes gens passent parfois le plus clair de leur temps sur la plage en maillot de bain. 

Ces mères frondeuses alimentent ainsi le hashtag en publications militantes. «Cher Instagram, je suis un garçon. J’ai juste les cheveux longs. Arrêtez de supprimer mes photos!» clament plusieurs pancartes portées par de jeunes garçons au niveau de leur poitrine. «Les tétons de mon fils ne sont pas inappropriés», s’emporte une blogueuse américaine, avant de préciser que le fait que son enfant ait les cheveux longs «ne fait pas de lui une fille». 

Une identité un peu tirée par les cheveux

De leur côté, Facebook et Instagram ont reconnu que ces censures étaient des erreurs, leur algorithme étant à l’origine programmé pour reconnaître les corps féminins osant apparaître sans soutif. Ce qui pose quand même la question des définitions alimentant le fonctionnement de ces logiciels, nés non pas dans un ordinateur ignare mais bien dans la tête d’informaticiens de chair et d’os. Il semble donc que les concepts «fille» et «garçon» souffrent de quelques raccourcis fâcheux dans leurs esprits. Fille égale cheveux longs et corps épilé, garçon égale cheveux courts et poils virils. 

Chez nos amis de la Silicon Valley, en dépit des innovations technologiques qui filent à défriser un mouton, on n’a visiblement, question genres, pas fait tellement de chemin depuis les années 50. Certes, on pourra rétorquer que fille ou garçon, le mieux est peut-être de ne pas exposer ses jeunes enfants sur les réseaux sociaux, puisqu'ils ne disposent pas encore des capacités de discernement nécessaires pour juger l'impact de leur présence online sur leur vie future. Mais ça, c'est évidemment une toute autre histoire...


Et quelques liens


Instagram: #longhairedboyrevolution

Taboob: les tétons belges qui bravent la pudeur d'Instagram

Les algorithmes, les nouveaux censeurs des réseaux sociaux

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