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Les réseaux sociaux inquiètent les conservateurs américains

03 juin 2019

 

«Là maintenant, si vous tapez le mot idiot dans Google Images, une photo de Donald Trump apparaît. Comment expliquez-vous ça?» Cette question, posée le plus sérieusement du monde au patron de Google par la représentante américaine Zoe Loftgren en décembre dernier, résume à elle seule un mythe très actuel aux USA: les réseaux sociaux et autres grandes entreprises de l'Internet mèneraient une guerre secrète contre l'administration Trump. 
Une sorte de résistance anti-républicains qui consisterait à orienter les requêtes des moteurs de recherche, à favoriser les contenus de gauche et à faire taire les voix conservatrices pro-Maison Blanche. Si cette croyance est si tenace, c'est d'abord parce que le président américain la répand lui-même depuis plusieurs années au fil des interviews, discours et tweets percutants, accusant une Silicon Valley acquise au socialisme. Selon lui, des petites mains mal intentionnées travaillant chez Google et consorts feraient en sorte de manipuler les algorithmes pour pourrir la vie des politiciens de droite.

Des influenceurs borderline

Les manitous de l'économie 2.0 ont beau expliquer, souvent avec beaucoup de patience, que ces fameux algorithmes ne font que relayer ce qui existe déjà sur la Toile (par exemple... des caricatures et des textes associant Donald Trump à des qualificatifs peu flatteurs), nombre de figures politiques sont persuadées que le web est contre eux. La preuve, selon elles: des icônes de la droite dure ont parfois vu leurs compte de réseaux sociaux être supprimés par les modérateurs. 
Le blogueur très controversé Milo Yiannopoulos, proche du site ultraconservateur et usine à fake news Breitbart, avait ainsi été banni de Twitter en 2016 après une salve de tweets racistes. Idem pour Alex Jones l'été dernier: le fondateur de la plateforme InfoWars, un autre site dit de «réinformation» relayant des théories conspirationnistes et fascistes, était éjecté de Facebook, Spotify et Twitter à force d'inonder les réseaux de pseudo scoops. Et en réaction à l'attentat de Christchurch, Facebook a depuis ce printemps intensifié sa traque pour modérer toute publication faisant l'apologie du suprémacisme blanc.

Censure... ou surtout modération?

Pour Donald Trump, dont l'univers idéologique s'appuie sur de tels sites, les grandes firmes de l'Internet appliqueraient une censure à l'encontre de toutes ces voix dissidentes conservatrices. La Maison Blanche a d'ailleurs récemment lancé sa contre-attaque en ouvrant une sorte de bureau des plaintes online pour internautes en colère. Tous ceux qui s'estiment victimes d'une censure injuste par les réseaux sociaux peuvent y rapporter leur cas, captures d'écran à l'appui. «Si vous pensez que des mesures ont été prises à votre encontre à cause de vos opinions politiques, partagez votre histoire avec le président Trump» mentionne le formulaire. 
On lira aisément entre les lignes qu'il s'agit d'opinions politiques proches de celles du président américain. «Nous appliquons les règles de Twitter de façon impartiale pour tous les utilisateurs, quelle que soit leur histoire ou appartenance politique» a rapidement répliqué les responsables du site de microblogging. Le compte du président américain, lui, est effectivement toujours bien portant. 

Quelques liens :

Maison Blanche : censure sur les réseaux sociaux (anglais)

Maison Blanche : censure sur les réseaus sociaux (français)

Christchurch : Facebook interdit l’apologie du nationalisme blanc

Facebook bannit les comptes de plusieurs personnalités d’extrême droite

Etats Unis : D. Trump accuse Google de truquer ses recherches

 

 

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