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Seriez-vous prêts à payer un forfait pour protéger vos données personnelles?

07 mars 2019


«Acceptez-vous les cookies? Oui. Non. Personnaliser». Depuis l’entrée en vigueur du RGPD (Règlement général sur la protection des données) au printemps 2018, les sites et applis sont obligés de proposer un formulaire à choix multiples à tout internaute européen qui s’y connecte. Ce dernier se retrouve ainsi systématiquement accueilli par ce «bienvenu» aux charmes un tantinet bureaucratiques, afin de faire état de son consentement. 

Qu’il réponde «oui» ou «plus ou moins oui» via des réglages affinés, et ses données personnelles de navigation sont transmises au site concerné, qui pourra alors monétiser ce data pour du profilage marketing. Qu’il réponde «non», et l’accès au service lui sera peut-être impossible, ou alors proposé gratuitement mais sans aucune contrepartie pour la plateforme. L’internaute a ici le droit d’opposer un contrôle sur ses données (la philosophie du RGPD), en revanche le site en question devra pâtir d’un manque à gagner, puisque l’économie du web fonctionne majoritairement grâce à ces échanges de data. 

Rien n'est vraiment gratuit

Autant dire que la chose peut se révéler délicate à moyen-terme pour les finances des plateformes, à commencer par les plus petites structures (on avoue être moins immédiatement inquiets pour la santé de Facebook ou Google). Alors certes, questionner la morale du modèle «si c’est gratuit, c’est que je suis le produit» est tout à fait honorable, notamment par les temps qui courent (cf.: l’interminable saga des scandales Facebook). Mais dans ces conditions, comment faire tenir un écosystème 2.0 gratuit et continuer à l’utiliser avec tous les bénéfices qu’on y trouve? 

Parmi les réponses potentielles, on voit émerger le concept de «choix éthique de l’internaute». Principe? Ceux qui refusent de céder l’accès à leurs données tout en souhaitant utiliser un site ou une appli peuvent tout simplement… payer histoire de compenser la perte économique pour le service. La start-up Ogury est par exemple en train de préparer un tel outil, baptisé «Fair choice», qui devrait être opérationnel ce printemps. «Avant, on te faisait croire que c'était gratuit et on te volait ta data dans la poche arrière... Nous on ne te ment pas, on te dit que ce n'est pas gratuit, et tu peux payer soit avec ta data (tes données), soit avec ton argent. A toi de choisir» résume Jean Canzoneri, cofondateur d'Ogury, cité par l’Agence France Presse. 

Quelques francs par appli

Pour l’utilisateur qui décidera d’adopter Fair Choice ou un éventuel futur autre service de ce type, le quotidien ne sera pas bouleversé: comme depuis maintenant une année, une fenêtre apparaîtra lors de la connexion à un site ou une appli, proposant de partager ses données ou de refuser de les transmettre. En cas de «non», l’internaute sera invité à payer une somme correspondant à la valeur moyenne de l’exploitation du data d’un individu, qui aura été calculée par l’éditeur partenaire. 

Selon les spécialistes, le montant serait grosso modo de quelques francs pour une seule plateforme. A l’ère «post-téléchargement sauvage des années 2000», où les internautes sont de plus en plus d’accord avec l’idée de payer un modeste forfait pour accéder à une pléthore de musiques ou de vidéos (Spotify, Apple, Netflix, Amazon, presse écrite…) le concept pourrait effectivement faire son chemin. 


Et quelques liens


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