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Donald Trump fera-t-il de TikTok une firme de la Silicon Valley par la force?

13 août 2020

 Déjà interdite dans l'armée et l'administration américaine, TikTok pourrait être bannie des USA. A moins qu'elle accepte à contre-coeur de se laisser racheter.

 

TikTok deviendra américaine ou disparaîtra de plusieurs pays occidentaux. Une perspective à seulement deux options, qui sont actuellement les seules pour l'avenir du réseau social chinois sur les territoires anglo-saxons. Cet été, Donald Trump l'a assuré: l'appli, soupçonnée de servir de cheval de Troie pour les services de renseignement de Pékin, sera rapidement bannie des États-Unis à moins que ses activités y soient reprises par une entreprise occidentale, voire américaine. 

Dans cette nouvelle guerre froide version 2.0, il est probablement autant question de sécurité intérieure que de compétition pour l'influence géopolitique, Washington goûtant peu la conquête d'Internet, son pré carré, par une puissance adverse si redoutée. Forcés de négocier pour assurer un futur acceptable au réseau social, les propriétaires chinois risquent de voir la valeur de leur bébé bradée dans l'opération, puisque Trump veut conclure les discussions le 15 septembre au plus tard. 

Bras de fer à l'ancienne

La pression exercée n'étant pas favorable au potentiel vendeur, et l'avantage semblant se positionner du côté US, qui n'a pas grand chose à perdre a priori, le locataire de la Maison Blanche a encore une fois institué une situation qu'il adore: la confrontation virile et sans compromis possible. Les activités de TikTok sur le territoire américain, mais également canadien, australien et néo-zélandais, pourraient alors être rachetées par Microsoft, rare candidat à cette acquisition aussi inédite que coûteuse. 

Selon les estimations, le réseau social pourrait en effet valoir dans les 40 milliards de francs. L'entreprise fondée par Bill Gates dispose de suffisamment de liquidités pour s'offrir l'application. Elle ambitionne en outre de se faire enfin une place de choix dans le secteur des réseaux sociaux, elle qui avait échoué avec Socl, sa plateforme lancée en 2011 pour concurrencer Facebook mais arrêtée en 2017, comme nombre d'autres challengers. 

Le hic, c'est que cette valeur faramineuse théorique pourrait finalement être divisée par quatre, relate la presse américaine, si les propriétaires de TikTok ne parviennent pas à contrebalancer l'avantage de Washington dans ce duel. Bill Gates, qui a quitté toute ses fonctions à Microsoft en 2008, s'est d'ailleurs inquiété d'une telle configuration, critiquant ce qui ressemble à ses yeux à une tentative de neutraliser la concurrence économique par une ingérence politique. 

Twitter entre dans la danse

On notera néanmoins que de son côté, la Chine pratique ce sport depuis longtemps, interdisant Facebook ou Twitter depuis des lustres sur son territoire au profit de réseaux sociaux nationaux et aux gouvernances idéologiquement compatibles. Mais il paraît quand même étonnant que les États-Unis, s'autoproclamant plus grande démocratie du monde, se saisissent d'un pareil levier pour protéger leurs entreprises fleurons de la tech. Reste que ces derniers jours, le vent a peut-être tourné en faveur du rétablissement d'un peu d'équité pour le réseau social chinois dans cette affaire. 

Twitter a en effet lui aussi manifesté son intérêt pour l'application, et l'arrivée de cet acteur de poids dans le bras de fer pourrait faire monter les enchères si la firme canadienne et Microsoft se battent pour l'acquisition. La Chine y perdrait cependant sur le long terme économiquement comme symboliquement, obligée de céder une activité qui avait des chances de lui rapporter énormément au cours de ces prochaines années, et de battre en retraite en pleine expansion planétaire. 


Et quelques liens


Twitter, TikTok Have Held Preliminary Talks About Possible Combination

TikTok : le Sénat américain bannit l’application des téléphones du gouvernement

Donald Trump signe deux décrets contre les applications chinoises TikTok et WeChat

 

 

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