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Et maintenant, avec quoi vont nous faire rêver les influenceurs?

04 mai 2020


Photos de paysages à l'esthétique sophistiquée, scènes de la vie mondaine et escapades glamours... Tous ces aimants à followers ont disparus des publications avec le confinement. Le moment de repenser des réseaux sociaux déjà saturés par la répétition des mêmes recettes? 

Depuis quelques semaines, Instagram fait cruellement penser à un vieil album photo de voyage qu'on aurait retrouvé dans un placard et qu'on feuillette aujourd'hui avec nostalgie. Ses millions de clichés documentant les plus beaux spots de la planète, les événements mondains les plus chics ou encore les retraites yoga les plus mystiques qui soient ont comme arrêté d'exister avec le printemps. Autrefois explorée, foulée, photographiée sous toutes les coutures par le tourisme de masse, la Terre est désormais sous scellés. 

Conséquence du confinement déclaré pour la moitié de l'humanité, les centaines de milliers d'influenceurs qui abreuvaient les réseaux sociaux d'images oniriques sont pour la plupart coincés chez eux et ne trouvent à mettre devant leur objectif que des décors terriblement banals. Une cuisine, un salon, une chambre, une salle de bain, un balcon ou un jardin parfois, soit les nouveaux cinq continents qu'il leur reste à sublimer pour contenter leurs followers affamés. Pas de quoi faire tourner les têtes. 

L'empreinte d'un monde perdu

Car si les acteurs des plateformes sociales qui misaient déjà principalement sur les contenus réalisés depuis chez eux (sketches humoristiques, selfies glamour...) voient peu la différence, il en est tout autrement de tous ceux qui utilisaient le monde comme open space XXL. En attendant des jours plus cléments, ils sont nombreux à recycler d'anciennes photos de voyage, des images qui interpellent d'autant plus qu'elles nous renvoient à la figure un sentiment amère d'impossible et de liberté perdue. 

Même Chiara Ferragni, l'une des reines incontestées de l'écosystème des influenceurs avec pas loin de 20 millions d'abonnés, a admis récemment que son business était mis en stand-by au moins jusqu'en septembre. D'ici-là, il faut rester l'objet du désir ultime pour l'internaute lambda. Ce qui risque de s'avérer compliqué si l'on cherche à persévérer avec les recettes d'autrefois. Car si la pandémie et ses répercussions immenses sur nos vies semblent nous avoir désagréablement coupé les ailes, pétrifiant une humanité numérique qui était devenue accro au voyage, on pourra peut-être y trouver un petit bienfait: avoir mis fin à ce ballet un peu absurde de copiés-collés. 

Rupture dans la redondance

Alors que des plateformes comme Instagram nous avaient permis de découvrir les plus incroyables sites du globe au début et au milieu des années 2010, dans un élan où la photographie professionnelle se démocratisait, la fin de la décennie frôlait plutôt le pastiche avec un défilé continu de clichés des mêmes endroits, immortalisés depuis le même point de vue, décrivant une même atmosphère... 

Le compte Insta-Repeat se moquait d'ailleurs de ce mimétisme en composant des mosaïques de douze images quasi identiques et pourtant toutes prises par des influenceurs différents. Une étrange sensation de déjà-vu à échelle industrielle commençait à émerger chez les internautes. Sans parler des dommages toujours plus importants causés aux environnements des lieux chéris par les reporters d'Insta: nature piétinée voire abîmée sans vergogne, locaux dérangés par les défilés incessants de badauds... 

Savoir rebondir

Obligés de s'adapter, les globe-trotteurs et autres jet-setteurs vedettes des réseaux sociaux vont peut-être devoir réinventer la définition du contenu de rêve sur les plateformes, avec une exigence de réactivité et de créativité encore plus haute que d'habitude. Le défi sera probablement insurmontable pour certains, surtout si leurs revenus économiques chutent durablement à cause de la frilosité des marques. 

La baisse du taux d'engagement des followers, constatée en 2019, laissait déjà penser que l'augmentation rapide du nombre d'influenceurs annonçait un futur moins rose, voire une bulle prête à éclater. Mais qui sait, avec des valeurs qui évoluent vite et le développement de nouvelles soft skills avec le confinement, le paysage d'Instagram post-coronavirus pourrait bien être moins égocentré et recommencer, enfin, à nous surprendre. 


Et quelques liens

Instagram @insta_repeat

Influence éthique : l’avant et l’après Coronavirus

Comment le confinement transforme les « soft skills »

 

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