Facebook a toujours été (presque) prêt à tout pour rester populaire | Coopération
X

Recherches fréquentes

Facebook a toujours été (presque) prêt à tout pour rester populaire

03 août 2020


Piloté habilement par un Mark Zuckerberg aussi rusé qu'effronté, le réseau social semble devoir une partie de son interminable succès à un goût immodéré pour le plagiat et les coups bas, révèlent des documents confidentiels.

Comment Facebook est-il resté le roi de l'écosystème des réseaux sociaux pendant une quinzaine d'années, malgré les nouveaux concurrents et les changements de modes? Peut-être en se comportant comme un prédateur au sommet de la chaîne alimentaire, faisant preuve d'un instinct de survie agressif hors du commun et d'un appétit décomplexé. C'est l'impression donnée par un échange tendu entre Mark Zuckerberg et la membre du parti Démocrate Pramila Jayapal, lors de l'audition antitrust devant le Congrès américain. 

Bien qu'organisée par visioconférence, la discussion s'est montrée assez physique. Notamment parce que le manitou de Facebook est soupçonné par certains politiciens d'avoir recours à des méthodes plutôt gonflées pour obtenir ce qu'il veut. Selon Pramila Jayapal, l'entreprise aurait ainsi pour technique récurrente de menacer de mettre sur le marché des fonctionnalités proches de celles d'un réseau social concurrent, afin de convaincre celui-ci de se laisser racheter par Facebook. 

Sur la copie du voisin

Lors de la reprise d'Instagram par Facebook pour un montant d'un milliard de dollars, en 2012, un tel stratagème aurait été utilisé pour faire pression sur les deux créateurs de la nouvelle plateforme tendance. Des échanges d'e-mails entre Zuckerberg et la directrice des opérations Sheryl Sandberg, récupérés par des enquêteurs, semble confirmer cette thèse. Interrogé sur ce point délicat, le boss de Facebook n'a ni nié ni infirmé la chose, restant relativement vague dans sa réponse, comment souvent lors de ses auditions devant le congrès. 

Il a en revanche reconnu que Facebook avait «certainement copié» la concurrence pour ne pas se faire dépasser par les nouveaux venus. On se souvient en effet comment le réseau social a joyeusement emprunté le concept de la story éphémère et des stickers ou filtres burlesques à Snapchat, cassant son élan de dangereux outsider rétif à tout rachat. Durant les années 2010, Facebook a effectivement peu dissimulé ses manies d'aller regarder le champ du voisin pour regarder ce qui fonctionne. Un réflexe gonflé qui lui a cependant permis de rester dans le coup quelle que soit la période, même si le contact avec les plus jeunes internautes s'est affaibli au fil du temps. 

TikTok est le prochain dans le viseur

En dépit des accusations, l'entreprise compte-t-elle se remettre en question sur ce point? Manifestement pas. Face à l'ascension rapide de TikTok après des années sans véritable concurrent à l'horizon, l'empire Facebook paraît désormais vouloir intégrer des recettes... faisant justement le succès du réseau social chinois. Fin juin au Brésil, il a lancé Reels, une nouvelle fonctionnalité d'Instagram. Le principe? De courtes vidéos pouvant être enregistrées avec des effets musicaux ou sonores. Autant dire un clone de TikTok qui ne dit pas son nom.

Ces dernières semaines, Facebook est en outre accusé de recruter des influenceurs de TikTok moyennant de rondelettes sommes d'argent. Pas vraiment ce qui se fait de plus fair play. On comprend dès lors mieux pourquoi le groupe et son cerveau, Mark Zuckerberg, se retrouvent auditionnés pour des soupçons de concurrence déloyale.


Et quelques liens


Instagram lance son clone de TikTok en France

‘INSTAGRAM CAN HURT US’: MARK ZUCKERBERG EMAILS OUTLINE PLAN TO NEUTRALIZE COMPETITORS

Facebook Offers Money to Reel In TikTok Creators

 

Retour au blog