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Facebook et Instagram pourraient ne plus être utilisables en Europe

28 septembre 2020

 

TikTok ne disparaîtra pas des États-Unis. Du moins, pas tout de suite. Alors que Donald Trump avait promis que le réseau social chinois à succès serait indisponible au téléchargement dès le 21 septembre sur le territoire américain, un accord provisoire a été trouvé à la dernière minute avec plusieurs entreprises de la Silicon Valley, laissant entrevoir un prochain accord de rachat et la fin d'un tumultueux tunnel pour TikTok cet été. Mais si les internautes américains ont échappé à une réduction du panel des plateformes sociales s'offrant à eux (quoique WeChat, également chinois, y est compromis), ce ne sera peut-être pas le cas des internautes européens. 

 

Sur le Vieux continent, c'est en effet Facebook et Instagram qui pourraient un jour arrêter d'opérer. Pour d'autres raisons, cependant. Tandis que TikTok est entravé aux États-Unis au motif officiel qu'il constituerait une menace pour la sécurité intérieure, l'empire de Mark Zuckerberg est susceptible de quitter l'espace européen en réaction à des exigences juridiques récentes. Dans le prolongement de l'esprit du RGPD, le règlement général sur la protection des données, qui impose désormais la portabilité des informations personnelles, plusieurs organismes de régulation souhaitent voir cesser le transfert de data issu de citoyens européens aux États-Unis. 

 

400 millions d'individus concernés

L'Irlande envisage ainsi de sanctionner les entreprises de la galaxie Facebook si celles-ci continuent d'exploiter les informations personnelles de ses utilisateurs de l'autre côté de l'Atlantique. Tollé chez Mark Zuckerberg, qui, après une longue période de profil bas et de repentances publiques pour adoucir les offensives de gouvernements contre lui, semble vouloir reprendre le bras de fer. La firme californienne a notamment fait savoir que l'application d'une telle loi en Irlande à son encontre mènerait au retrait pur et simple de Facebook et d'Instagram sur le continent, menaçant de priver quelque 400 millions d'utilisateurs de leurs applis favorites depuis des années. 

L'entreprise se défend néanmoins de faire du chantage, arguant seulement, via l'un de ses porte-paroles, qu'elle et de très nombreux autres acteurs du numérique «s'appuient sur des transferts de données entre l'UE et les États-Unis pour faire fonctionner leurs services». En vrac? Google, Apple, Amazon... Si les attaques tendent souvent à se focaliser sur Facebook, c'est probablement parce qu'il demeure le symbole du réseau social populaire. Du moins, aux yeux des politiques, dont la moyenne d'âge fait qu'ils se trouvent fréquemment peu ou mal informés sur l'univers numérique. 

On se souvient d'ailleurs de l'audition assez surréaliste de Sundar Pichai, CEO de Google, devant le congrès américain fin 2018, légèrement décontenancé d'avoir à expliquer à des élus manifestement largués le fonctionnement basique de Google Images... Facebook, star des réseaux sociaux depuis près de quinze années, représente encore LE réseau social pour bon nombre de décideurs, alors que chez les 13-25 ans, il est largement délaissé, ignoré, au profit de nouvelles plateformes, dont TikTok, que le politique américain connaît surtout de nom parce qu'elle vient de Chine. 

 

Au centre des débats

Mais un autre élément peut expliquer pourquoi Facebook a la manie de prendre pour tous les autres et de subir les assauts des gouvernants: sa place singulière dans l'échange et la diffusion des idées sur le web. Quand Google semble n'être qu'un inoffensif et tranquille moteur de recherche aux yeux du non-initié, Facebook passe vite pour l'acteur qui attise les passions et les haines, l'agitateur qui menace les démocraties et les ordres établis sans foi ni loi. 

Vitrine du quotidien le plus banal, mais aussi parfois du racisme, du radicalisme religieux, de l’ultra conservatisme moral, Facebook montre autant de facettes que celles de notre société. Et ce reflet composite, sauvage, qui ne renvoie pas que de belles images de l'humain, inquiète. C'est vrai, les réseaux sociaux exposent parfois le pire de nous, mais ils participent également, même Facebook, à la transparence, à l'appui de causes tout à fait défendables. Moins de TikTok ou de Facebook, ici ou là, bien qu'ils ne soient pas parfaits, c'est toujours un peu moins d'outils pour faire résonner l'humanité. 

 

Quelques liens:

Les Etats-Unis prennent des mesures concrètes pour interdire TikTok et WeChat

Donald Trump accepte de sauver TikTok aux États-Unis

Facebook Says it Will Stop Operating in Europe If Regulators Don’t Back Down

 

 

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