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Facebook peut avoir un impact négatif sur votre santé

25 août 2020

 

Théâtre d'une diffusion massive de fausses informations, notamment scientifiques, certains réseaux sociaux sont accusés d'être devenus une vraie menace sanitaire depuis la pandémie.

Plusieurs études, publiées durant les années 2010, avaient déjà souligné les risques encourus par les utilisateurs des réseaux sociaux sur le plan de la santé psychique. Visionner trop d'albums de vacances idylliques, de clichés de couples heureux, de reportages de vies extraordinaires où se côtoient la richesse et la réussite, peut finir par vous faire penser que votre propre existence est d'un ennui sans nom. En oubliant de noter au passage que tous ces champs ayant l'air plus vert chez les autres résultent d'abord d'une habile mise en scène. 

Facebook et Instagram, notamment, lieux par excellence de l'esthétisation de l'ego, ont le génie de faire croire que tout le monde sauf soi a un quotidien fabuleux uniquement fait de voyages de rêve et de nirvanas émotionnels. Pour les personnes les plus isolées socialement ou les plus fragiles, ce spectacle 2.0 artificiel a la fâcheuse tendance d'affaiblir la confiance en soi et d'installer un amer sentiment de frustration. Mais pour certains observateurs, Facebook ne ferait pas que menacer la santé psychique des internautes déjà mal dans leur peau: il pourrait également représenter un danger pour la santé physique. 

Mauvaises pistes

Votre écran est-il susceptible d'exploser lorsque vous consulter le réseau social? Scroller trop donne-t-il la nausée? Des images subliminales secrètes tentent-elles de pirater votre cerveau? Rien de tout ça. Selon un rapport de l'ONG Avaaz, spécialiste du militantisme numérique, Facebook représenterait une véritable menace pour la santé publique à cause de la désinformation qui y règne, notamment en ce qui concerne les sciences médicales. Un phénomène devenu encore plus inquiétant avec la crise du coronavirus.  

Ainsi, en dépit de la volonté affichée de la plateforme de combattre les fake news et les discours complotistes, les fausses informations sur des sujets de santé publique auraient comptabilisé pas loin de 4 milliards de vues pour la seule année 2020. Port du masque, hydroxychloroquine, progression des contaminations, voire gravité du covid et de la pandémie, autant de thématiques sujettes aux controverses les plus passionnelles. Les contradictions entre certains scientifiques, pour ne pas dire les francs désaccords, sur toutes ces questions, ont évidemment contribué à donner l'impression que tous les discours émis sur Facebook pouvaient avoir une valeur, même lorsqu'ils étaient le fait de sources moins légitimes. 

Noyé sous la masse

Durant la première vague, de nombreuses recettes de prétendus remèdes ont par ailleurs circulé en ligne, du traitement à l'eau de Javel imaginé par Donald Trump alors en roue libre devant les médias aux consommations d'alcool ou d'urine préconisées par des utilisateurs anonymes. «Grâce à notre réseau mondial de vérificateurs de faits, d’avril à juin, nous avons apposé des étiquettes d’avertissement sur 98 millions de pièces de désinformation sur Covid-19 et retiré sept millions de pièces de contenu qui pourraient entraîner un préjudice imminent» s'est défendu Facebook dans un communiqué, rédigé en réaction à l'étude d'Avaaz. 

Ce dernier avance pourtant que 16% seulement des publications entrant dans la catégorie désinformation avaient été reconnues comme telles par le réseau social. Et cette épidémie d'intox n'aurait pas que pollué les cerveaux, puisqu'elle serait à l'origine d'au moins 800 décès et près de 6000 hospitalisations, comme l'estimait une équipe de chercheurs dans un article de l’American Journal of Tropical Medicine and Hygiene publié le 10 août dernier. Car oui, appliquer n'importe quelle recommandation d'un expert Facebook autocertifié peut faire passer un très mauvais moment.


Et quelques liens

COVID-19–Related Infodemic and Its Impact on Public Health: A Global Social Media Analysis

Facebook 'danger to public health' warns report

Pourquoi les réseaux sociaux nous rendent tristes et cons

 

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