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Le racisme anti-Asiatiques, le virus le plus contagieux du moment

03 février 2020


C'est un pathogène qu'on pensait appartenir au passé, qu'on croyait neutralisé depuis des lustres, comme un virus préhistorique piégé dans une épaisse banquise. Mais le racisme à l'encontre des populations asiatiques, qui évoluait jusqu'ici relativement discrètement, opère un retour brutal, soudain réchauffé par l'épidémie de coronavirus partie de la ville chinoise de Wuhan au début du mois de janvier. 

Depuis que les premiers cas sur le sol européen ont été identifiés, les mentalités semblent avoir fait un grand bond en arrière. «J'ai croisé un groupe de touristes chinois, ai-je des risques d'avoir contracté la maladie?», entendent les téléphonistes gérant les services d'urgence, ou encore «Est-ce que je peux attraper le coronavirus si j'ouvre ma commande internet reçue d'un site chinois?» 

Paranoïa sur l'apparence

Un climat qui réveille de douteuses conceptions du monde et voit se réimplanter dans le paysage des expressions qu'on pensait d'un autre âge. On évoque des «bridés», des «chintoks», ou de prétendues couleurs de peau. «Alerte jaune» croyait titrer avec force finesse d'esprit et maîtrise du jeu de mot le quotidien français Le Courrier Picard, qui a surtout généré une polémique très justifiée contre lui. Pire: dans la rue, la violence verbale et la discrimination ont repris du service contre les personnes d'origine asiatique. 

Les journaux Le Monde et L'Express recensent notamment plusieurs témoignages affligeants, où de «sales chinois» interpellés dans l'espace public ont été sommés de «garder leur virus», où des étudiants asiatiques ont fait fuir leurs camarades à la moindre toux, où des clients au faciès jugé suspect ont vu un serveur ou un guichetier refuser de les servir, ou se sont carrément fait expulser d'un train... 

Des scènes surréalistes en 2020 et qui rappellent de bien sombres passages du siècle dernier. Cette hausse très notable des hostilités a poussé des internautes à lancer le hashtag #JeNeSuisPasUnVirus, sur Twitter, pour sensibiliser la Toile à la nouvelle vague de racisme provoquée par la peur du coronavirus. L'un d'eux a d'ailleurs forgé le terme «asiatiqueté» pour qualifier cette opprobre arbitraire. 

Humour versus bêtise crasse

Parallèlement, les réseaux sociaux voient déferler les mèmes plus ou moins humoristiques sur les déboires des Chinois et de tous les individus assimilés de facto par leurs auteurs. A cette période pas forcément des plus réjouissantes pour la tolérance et l'intelligence, plusieurs internautes ont préféré répondre avec les mêmes armes, mais façon quinzième degré. 

A l'instar de cet utilisateur de Twitter qui lance «Attention!! Dans le métro si vous voyez un asiatique de sexe masculin, 1m70 lunettes, veste bleue et écharpe verte qui tousse et éternue... Ne paniquez pas! J'essaie juste de gratter une place assise». De quoi nous rappeler que le plus pernicieux des virus, en l'occurrence le racisme, peut être combattu par un vaccin gratuit et accessible à tous: le bon sens.


Et quelques liens


« Garde ton virus, sale Chinoise ! » : avec le coronavirus, le racisme antiasiatique se propage en France

#JeNeSuisPasUnVirus : quand le coronavirus ravive le racisme anti-Asiatiques

#JeNeSuisPasUnVirus: aux origines du racisme anti-asiatique

Le coronavirus chinois réveille les stéréotypes racistes envers les Asiatiques

 

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