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Se faire licencier sur les plateformes sociales, la nouvelle tendance de ce printemps

02 avril 2020


Votre boss souhaite vous convoquer avec plusieurs autres collègues en visioconférence, sans raison claire? Espérons qu'il ne copie pas certaines pratiques initiées aux USA.

L'épidémie de coronavirus semble pour l'instant être maîtrisée en Chine et paraît montrer les premiers signes d'un ralentissement en Italie. Mais en attendant de prochaines nouvelles réconfortantes, il va falloir faire avec les news moins sympathiques pendant quelques temps encore. Notamment celles qui concernent une expérience jusqu'ici inédite: se faire virer par visioconférence. 

Depuis le début du confinement, les applications telles que Skype, Zoom, Hangouts ou encore Teams sont synonymes de perpétuation du lien social, de mise en commun des forces et des motivations pour faire tenir l'activité économique, d'apéros ludiques et de fêtes d'anniversaire par écrans interposés. Mais ces derniers jours, plusieurs entreprises américaines sont passées par ces outils pour remercier certains de leurs employés. Autant dire un usage beaucoup moins réjouissant de ce qui représentait le rempart technologique idéal contre les effets délétères de la pandémie. 

Tous en mode mute

Il y a quelques jours, la firme californienne TripActions, spécialisée dans les services pour les voyages professionnels, a ainsi licencié une centaine de collaborateurs via Zoom. Selon le média Protocol, qui a enquêté sur le sujet, les personnes concernées ont été conviées à une visioconférence sur l'application sans savoir de quoi il retournait. Et là, surprise du chef: le dirigeant de la startup s'est d'abord lancé dans une introduction sur les difficultés de l'entreprise, avant d'annoncer aux participants qu'ils étaient congédiés avec effet immédiat. 

Seules consolations, les nouveaux chômeurs bénéficient de trois semaines de salaire et d'une assurance santé garantie par l'employeur jusqu'en juin, afin de les protéger contre d'éventuelles dépenses médicales dues au coronavirus – en espérant que la pandémie soit derrière nous au début de l'été. Les témoignages parus dans la presse décrivent tous une scène d'anarchie lors de l'annonce, avec des dizaines de fenêtres montrant soudain des gens pleurant et s'affolant devant leur webcam. 

«C’était comme 100 vidéos différentes de chaos», raconte un protagoniste dans Protocol. Détail aussi insolite que cynique, les invités étaient tous bloqués en mode silence, probablement pour éviter que la vive émotion des employés ne se répande. Un événement isolé? Pas vraiment. Plus récemment, la compagnie Bird, active dans la mobilité douce et obligée de suspendre ses activités, a viré près d'un tiers de ses 1387 collaborateur avec un procédé similaire, rapporte le site TechCrunch. 

Anticiper la crise

Une nouvelle pratique dans les ressources humaines qui pourrait malheureusement se multiplier, en particulier aux États-Unis où l'épidémie est déjà en train de détruire des dizaines de milliers de postes et menace de faire exploser les chiffres du chômage. On murmure déjà que Lime, une autre société américaine du secteur, envisage de dire au revoir à 70 employés travaillant dans le nord de la Californie. Reste que bien avant le coronavirus, ces entreprises dédiées aux trottinettes électriques démontraient une fragilité économique. 

Dès début 2019, Lime avait stoppé ses activités dans une douzaine de grandes villes de la planète, alors que nombre d'observateurs doutaient de la viabilité de ce type de startups et dénonçaient un business trop spéculatif. Mais avec un confinement devant se prolonger sur plusieurs longues semaines et interdisant les entretiens personnels physiques, la vogue des licenciements 2.0 risque bien de faire école dans d'autres pays dans un avenir proche. Même si on préfère se tromper.


Et quelques liens


What it feels like to be laid off on Zoom during this crisis

Bird lays off about 30% of workforce amid COVID-19 pandemic

Confinement : Zoom, l'application de visioconférence à deux millions de téléchargements par jour !

Lime cesse d’opérer ses trottinettes électriques dans 12 villes et licencie 100 personnes

 

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