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Sur les réseaux sociaux, abusez-vous du doomscrolling?

17 juillet 2020


Chercher les news anxiogènes sur les fils d’actualité, au point de ne plus savoir s’arrêter. Souvent contreproductif, mais parfois source de mobilisation pour une cause juste.

Depuis l’apparition du coronavirus, passez-vous plus de temps que d’accoutumée à faire défiler les news sur vos fils d’actualité? Vous êtes-vous couchés en reprenant votre smartphone histoire, pendant quelques minutes encore, de dénicher les dernières études scientifiques, les derniers chiffres ou les derniers témoignages sur la pandémie? Voyez-vous les réseaux sociaux comme un réservoir d’informations capitales à extraire le plus efficacement possible? Si la réponse est oui, vous semblez atteint du syndrome de doomscrolling. 

Pardon, doom quoi? Ce terme technique s’est répandu sur la Toile anglo-saxonne au cours de ces derniers mois. Fusion de doom, destin ou ruine en anglais, et de scrolling, soit l’acte de faire défiler quelque chose sur son écran, le doomscrolling, vous l’aurez compris, désigne la consultation compulsive de contenus anxiogènes sur internet. Le but de cette torture de canapé? Essayer de garder le contrôle sur une situation inquiétante en dénichant les news les plus fraîches sur le sujet. 

Un shoot d'infos négatives

Doomscroller pourrait, dans la théorie, permettre de réagir et de se comporter au mieux devant une menace, par exemple une épidémie due à un nouveau pathogène, puisque nous connaissons tous les tenants et aboutissants du danger. Est-ce que la théorie est validée par la pratique? Eh bien… pas forcément. En réalité, à l’ère du coronavirus mondialisé, le doomscrolleur en puissance ne fait que se replonger à chaque coup de pouce vers le bas dans un bain d’angoisse dont il ne ressortira pas plus serein. Un vrai cercle vicieux.

Festival de chiffres alarmants, carnaval d’études peu réjouissantes, avalanche de phrases qui glacent le sang, tourbillon de prédictions contradictoires… Depuis le mois de février, les fils d’actualité ont tendance à dessiner un paysage futur aussi pesant qu’hypothétique. Mieux vaut donc chercher à s’informer sérieusement sans pour autant passer sa vie la tête plongée dans un stress infernal. Car l’apaisement ne réside probablement pas dans la lecture de ce douzième article sur les probabilités de voir exploser le virus à l’automne. 

Transformer l'essai

Reste que le doomscrolling n’a peut-être pas que des tares. Forgé initialement en 2018 sur le web, ce concept ne désignait pas, à l’origine, une addiction aux news flippantes sur un nouveau virus: il servait surtout à qualifier le suivi un tantinet obsessionnel d’actualités peu réjouissantes en ligne. Mais cette revue de presse menée les sourcils froncés au-dessus de sa news feed peut également avoir des sentiments tels que la colère, la révolte, l’indignation, comme moteur principal. Pour certains observateurs, le doomscrolling participerait ainsi de façon très positive au mouvement Black Lives Matter, avec des internautes surveillant de près les publications parlant de droits civils bafoués et de violences commises à l’encontre de personnes dites racisées. 

Rebondissant d’une news scandaleuse à une autre, les lecteurs les plus sensibles à la cause ne peuvent que voir leur exaspération se renforcer par effet boule de neige, au point de trouver l’énergie pour descendre dans la rue et manifester. Même mécanisme avec les annonces alarmantes sur le climat. Si le destin est de changer le monde, plutôt que de subir passivement les malheurs d’un virus, alors le doomscrolling vaut bien ses coups de pouce jusqu’au bout de la nuit. 


Et quelques liens


Doomscrolling Is Slowly Eroding Your Mental Health

‘Doomscrolling’ can break your brain. It can also be a force for good

 


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