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TikTok fait peur: sera-t-il vraiment LE réseau social des années 2020? 

23 janvier 2020


Les années 2000 ont été l’eldorado pour Facebook et YouTube. Les années 2010 l’ère de la gloire pour Instagram et Snapchat. Quel réseau social sera synonyme de la décennie 2020 qui vient tout juste de commencer? TikTok, répondent en chœur de nombreux observateurs. La plateforme chinoise lancée en 2016, qui a au passage absorbé l’application musical.ly un an plus tard, est en effet rapidement devenue le nouveau hit des écrans de smartphone chez les adolescents. Aux Etats-Unis, l’appli phénomène a déjà été téléchargée plus de 110 millions de fois. Le temps qu’y ont passé les Américains a même bondi de 375% en l’espace d’un an, selon des chiffres publiés il y a quelques jours. 

En Chine, certaines agences de talents proposent désormais des cours aux jeunes adeptes pour devenir une future star sur Douyin, le nom de TikTok en mandarin. Mais voilà, dans les pays occidentaux, cet engouement préoccupe beaucoup de monde, des parents, qui sont nombreux à s’inquiéter en voyant leur progéniture soudain consacrer leur vie à un mystérieux réseau social dont ils n’ont souvent jamais entendu parler, aux autorités, qui craignent que des barbouzes chinois tapis dans l’ombre récoltent des données personnelles ou sensibles via la plateforme. 

L'écran a des yeux

L’image cool de l’appli a ainsi commencé à se ternir sérieusement lorsque les médias ont révélé qu’elle était devenue un terrain de chasse pour les pédophiles, attirés par l’âge moyen très bas des utilisateurs et la facilité pour nouer des contacts. Une tendance favorisée par l’ADN originel de TikTok, qui était de montrer de jeunes ados exécuter des chorégraphies, parfois très suggestives, sur leurs chansons préférées. Dans un récent article du Daily Mail, une spécialiste australienne de la cybersécurité confiait même ses craintes que le réseau social soit infiltré par de véritables gangs de prédateurs sexuels, agissant de manière organisée pour récolter des images, des vidéos et des données personnelles de mineurs à des fins peu louables. A ses yeux, l’appli ne serait tout simplement «pas sûre». 

Un constat partagé, mais pour d’autres raisons, par les autorités américaines, lancées depuis quelques années dans une croisade contre l’intrusion de technologie d’origine chinoise dans leurs institutions. A l’instar de la marque d’informatique Lenovo et du constructeur de smartphone Huawei, TikTok est soupçonné de se la jouer cheval de Troie au profit des services de renseignement de l’Empire du Milieu. En 2018, l’armée américaine a ainsi banni l’introduction de produits Huawei sur les bases militaires, un embargo qui frappe également TikTok depuis le début de cette année. 

L’appli fait en outre l’objet d’une enquête des autorités américaines au plus haut niveau, certains politiques étant convaincus qu’elle représente une cyber menace avérée pour le pays. Des experts informatiques ont par ailleurs mis le doigt sur plusieurs failles de sécurité, ayant potentiellement pu laisser des hackers s’emparer de millions de données et prouvant au minimum que le réseau social est tout autant une passoire numérique que Facebook. Reste que la plupart de ces accusations, probablement justifiées, ne font pourtant pas de TikTok un service forcément plus risqué que les autres applis (en général américaines, elles) en vogue chez les internautes. 

Un arbre qui cache la forêt

Facebook, Instagram ou encore Google collectent également du data à la pelle, souvent dans des proportions que les utilisateurs sous-estiment, et il est malheureusement raisonnable d’admettre que des prédateurs sexuels y rôdent aussi, comme partout, exploitant les possibilités offertes par le contexte social et technique de chaque appli pour leurs sombres desseins. La jeunesse (pour l’instant du moins) des utilisateurs de TikTok et d’Instagram étant bien entendu une motivation particulière pour ces personnes malintentionnées. Et pour ce qui est des soupçons d’espionnage?

L’inquiétude ne peut être partagée que des deux côtés: l’affaire Snowden a bien démontré à quel point, par les télécommunications, l’administration américaine aventure son nez et ses oreilles dans le quotidien des internautes de tous les pays, de la Chine comme des Etats alliés. Une grande partie du trafic internet mondial passe ainsi par des serveurs situés aux USA, où il est ausculté, filtré, analysé en toute discrétion mais en toute légalité, le Patriot Act étant passé par là dans les années 2000. On comprend pourquoi l’Iran, ennemi intime des Etats-Unis, pratique parfois un réseau Internet national clos, et pourquoi la Russie rêve de faire de même. Mieux vaut donc être conscient des stalkers de toutes sortes, qu’on surfe sur TikTok, Facebook ou encore Google.


Et quelques liens


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