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Vos amis Facebook sont peut-être des robots

28 février 2020


Sur les réseaux sociaux, comment faire la différence entre un compte géré par un être humain et un compte piloté par une intelligence artificielle? Réponse: mission impossible. Du moins pour le commun des mortels comme vous et moi. Car les bots, contraction anglophone du mot robots, ces logiciels capables d’animer un faux profil en likant et partageant des publications, voire en publiant des commentaires de façon autonome, ont désormais atteint un haut niveau de sophistication. 

La preuve? En 2017, des experts en sécurité informatique ont dû élaborer un programme avec pas moins de 66 critères d’analyse différents pour parvenir à identifier à coup sûr les bots parmi un panel de comptes Twitter: syntaxe et sémantique des messages rédigés, chronologie des réactions, configurations du profil, géolocalisation, comportement en ligne… L’exercice nécessite une grande virtuosité et n’est pas à la portée de n’importe qui, mais il est pourtant plus que jamais salutaire. 

Sous-traitance de tâches 2.0

En effet, le nombre de bots parasitant Internet est en constante augmentation. Et leur savoir-faire balaye presque tout le spectre des tâches imaginables sur le web. Selon les dernières études sur le sujet, la moitié du trafic internet mondial est aujourd’hui le fait de robots. Certains sont plutôt inoffensifs, tout au plus agaçants: ce sont eux qui, par exemple, republient des articles d’un blog ou likent immédiatement un commentaire. 

Encore eux qui postent un commentaire flatteur en bas de votre publication Instagram, avec moult émoticônes, avant de vous inviter à visiter et suivre leur compte en retour. Le but, ici, est de bombarder des milliers de publications de manière automatisée afin de récolter de nouveaux followers rapidement et sans aucun effort. Le problème, c’est quand ces bots ont des desseins fourbes ou carrément malveillants. Des bad bots qui composent quand même un tiers de l’activité en ligne. Ils nous accablent de spams, gonflent le trafic de certains sites pour booster artificiellement leur popularité… 

Robots, trop robots

Mais leur dangerosité est au maximum lorsqu’ils se mettent à mener de véritables guerres idéologiques 2.0, avec des armes bien peu éthiques. Et pour cela, la jungle des réseaux sociaux est leur champ de bataille privilégié. Un tel projet demande souvent de lever toute une armée: les créateurs de ces logiciels montent alors des botnets, carambolage des mots robot et network. Un réseau clandestin de centaines, de milliers, de millions de faux comptes visant à opérer des campagnes organisées d’orientation de l’opinion. 

Ainsi, en 2017, les experts qu’on évoquait plus haut ont réussi à débusquer une maille constituée de 350 000 profils bidons, aux localisations soigneusement contrefaites pour faire croire à un éparpillement naturel – un excès de zèle, et probablement aussi des lacunes en géographie, qui ont poussé les architectes du botnet à situer des possesseurs virtuels de compte dans des régions inhabitables du globe comme la haute mer ou les déserts, ce qui a fini par attirer l’attention des experts. 

Les motivations derrière la construction de tels réseaux peuvent être économiques (influer sur le comportement des investisseurs par exemple) ou également politiques, en essayant d’amplifier la présence et le poids de telle ou telle école de pensée sur Internet. Pour y arriver, quoi de mieux que de propager des fake news ou d’inonder les réseaux sociaux de faux commentaires? Une récente étude citée par le Guardian a notamment révélé qu’un quart des tweets parlant du changement climatique étaient des bots climatosceptiques. 

Ils sont déjà parmi nous

On notera qu'iIl existe également, cependant, des bots  «convaincus» d’une responsabilité humaine dans le réchauffement global, qui certes ne composent que 5% des tweets sur le sujet. A l'arrivée, nombre d’internautes débattent ainsi avec des robots bêtes et méchants sans s’en apercevoir, bernés par des textes aux allures spontanées et des profils customisés pour paraître tout à fait crédibles aux yeux d’un visiteur lambda. 

On peut même imaginer que certains font preuve d’un sens de la répartie inhabituel pour un programme informatique, aidé par une intelligence artificielle élaborée comme celle des chatbots, ces logiciels capables de mener une conversation simple et utilisés pour créer une interaction avec le visiteur d’un site internet. Sans doute, aussi, des bots se cachent-ils dans la liste de vos followers sur Twitter ou Instagram. A moins d’être un spécialiste à la fois de la cybersécurité et des statistiques, qui peut le vérifier?


Et quelques liens

Sur le changement climatique, le quart des tweets seraient publiés par des bots climatosceptiques

C’est quoi, un bot, et ça sert à quoi ?

Chasser les robots pour limiter les fakes news

Au fait, c'est quoi un bot ?

Twitter : près de 48 millions de comptes seraient des Bots !

 

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