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Vous surfez sur les réseaux sociaux pendant le télétravail? Votre employeur est peut-être au courant

12 juin 2020


Recours massif au home office oblige, de plus en plus d'entreprises imposent un logiciel traceur à installer chez soi pour pister les minutes perdues pendant la journée de travail.

Pour ceux qui pouvaient déjà le pratiquer durant ce printemps, le télétravail risque bien de jouer les prolongations cet été, peut-être même cet automne si la circulation du virus demeure active et menace de rallumer un pic de contagion. Dès lors, une question demeure plus que jamais d'actualité: comment ne pas abuser des petites virées sur les réseaux sociaux entre deux tâches? En temps normal, lorsque tous les employés sont au bureau, certaines entreprises bannissent tout simplement l'accès à de tels sites depuis leur réseau, empêchant les excursions jugées improductives. 

Mais le problème du contrôle se corse quand les collaborateurs sont chez eux et surfent sur leur internet personnel. Aux États-Unis, temple mondial de la productivité au boulot, la chose est prise très au sérieux. A tel point que de nombreuses entreprises imposent désormais l'auto-installation sur son ordinateur d'un logiciel traceur intitulé Hubstaff, afin de redonner des yeux et des oreilles aux managers jusque dans la sphère domestique. Ce mouchard officiel, inventé au milieu des années 2010, prétend pouvoir surveiller l'activité d'un collaborateur à distance grâce à plusieurs outils. 

Pause café ou brainstorming?

Le programme effectue notamment des captures d'écran à intervalles irréguliers (il serait trop facile de berner le traceur en suspendant ses balades sur le web à chaque horaire planifié...), et des mesures d'activité de l'individu via les mouvements de sa souris. C'est évidemment sur ce dernier point que les critiques sont les plus vives. Avoir l'équivalent d'un regard par-dessus l'épaule survenant sans prévenir est déjà perturbant en soi, mais l'idée qu'un logiciel puisse déterminer quelles fréquence et intensité d'agitation de la souris correspondent à une productivité normale est assez difficile à prendre au sérieux. 

Du point de vue d'un employé peu investi, il est en effet toujours possible de bouger l'objet régulièrement pour feinter une activité soutenue durant toute la journée. En outre, il paraît compliqué, voire caricatural, de croire qu'on peut systématiquement associer productivité et mouvement. Hubstaff risque ainsi d'avoir du mal à faire la part des choses entre un collaborateur assoupi, rêveur, tranquillement en train de lire un post sur les réseaux sociaux, et un autre qui s'arrête pendant plusieurs minutes pour réfléchir longuement à la résolution d'un problème et fait fumer sa matière grise. 

Pensée trop calibrée

On peut même imaginer qu'en connaissant la surveillance permanente et silencieuse d'un tel logiciel, le collaborateur peut être amené à se censurer et abréger ses séances de réflexion, au risque de ne pas se donner assez de temps pour penser tous les aspects d'une problématique sur laquelle il est payé pour se pencher. Oui, l'installation imposée de ce type de mouchard pourrait donc, parfois, conduire à une dégradation de la productivité, ou du moins de la qualité des résultats, en obligeant les gens à rester la tête dans le guidon sans pouvoir approfondir ce qui doit l'être vraiment.

On conçoit cependant que certains employés, se sachant plus dissipés en home office et se rendant compte qu'ils avancent moins vite qu'à l'accoutumée, puissent souhaiter un tel programme pour se faire violence et s'obliger à rester concentrés. Mais ça, ce n'est peut-être que dans le meilleur des mondes. 


Et quelques liens


How My Boss Monitors Me While I Work From Home

Wikipedia: Hubstaff

 

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