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No-bra: celles qui laissent tomber le soutien-gorge

27 septembre 2019


«Est-ce qu’on voit mes tétons à travers ce top?» Je me trouve à la terrasse d’un café dans une ville de Suisse romande avec Elsa*, la petite trentaine, qui me pose cette question incongrue! Je viens d’apprendre qu’elle est une adepte du no-bra depuis un an. Comprenez qu’elle a abandonné le soutien-gorge (bra en anglais). Je n’avais pas remarqué. 

En même temps, je ne scrute pas non plus les poitrines des copines, alors cela n’a rien d’étonnant.
 

Cachez ce téton…

Pour être honnête, son haut blanc n’est pas transparent. Mais en y prenant garde, on voit la pointe de ses seins, moulée par le tissu. Je lui fais remarquer qu’il y a quelques années, elle faisait une fixation sur la dissimulation de ces mêmes formes.

Elle ne se laisse pas démonter par mon sourire en coin: "Oui mais tant pis, je suis passée par-dessus maintenant. J’ai plusieurs amies qui sont aussi adeptes du no-bra." La motivation ? Sortir littéralement d’un carcan. Libérer sa poitrine. Refuser de l’entraver.

Cela signifie aussi renoncer à la forme ronde et lisse du sein, idéalisée, rendue possible par les rembourrages et coussinets des sous-vêtements, et l’accepter au naturel. A partir de là, enlever son soutif peut devenir un acte féministe.

Pour Elsa, la motivation principale est de gagner en confort, avec "un sentiment de liberté". Le féminisme n'est pas la raison de ce geste, mais peut aider à oser passer le cap. "Si mes tétons pointent sous mon T-shirt et que je me sens gênée, je relativise en me disant que c'est un acte féministe", précise-t-elle.


Des seins plus fermes

J’ose faire remarquer à Elsa que c’est plus facile d’embrasser le no-bra avec une poitrine menue - comme la sienne. "Mais d’après le no-bra, si on ne met pas de soutien-gorge les seins tiennent mieux, les tissus se renforcent", argue-t-elle. C’est ce que semble démontrer une étude de Jean-Denis Rouillon, professeur à l’université de Franche-Comté. Dans un groupe d’une cinquantaine de femmes âgées de 18 à 35 ans ayant adopté le no-bra, les volontaires ont vu leurs seins se raffermir et "leurs mamelons remonter de 7 mm en moyenne en une année".

Mais ce que les volontaires ont surtout mis en avant, c’est le gain de confort de leurs nouvelles habitudes.

La limite, selon le professeur, c’est que la structure des seins varie d’une personne à l’autre. S’il propose de se questionner sur l’utilité du soutien-gorge au quotidien pour chacune d’entre nous, il déconseille toutefois de l’abandonner systématiquement. A chacune de considérer son confort, selon la physionomie de son corps et ses habitudes.

Alors, une tendance en Suisse romande, le no-bra? Est-ce qu’on brûle le nôtre ou on le garde? De mon côté, je n’envisage pas d’aller au bureau sans un soutien-gorge confortable - ou de faire du sport sans ma brassière -  mais je le laisse volontiers tomber à la maison.

S’il y a des adeptes parmi vous, dites-nous comment vous vivez le no-bra au quotidien, quelles sont les réactions de votre entourage. Cela m’intéresse !

*Prénom modifié

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