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Société

Make-up or no make-up

12 juin 2020

Durant le semi-confinement, le télétravail aidant, nous avons été nombreuses à laisser tomber le maquillage. Certaines ont pu le vivre comme une libération – tomber le masque! - d’autres ont dû se réhabituer à voir leur reflet au naturel dans la glace.

Cet épisode de repli à la maison a été, de manière secondaire, l’occasion de prendre du recul et de nous interroger sur notre relation à notre image et au maquillage. Est-ce un geste que l’on s’impose, que l’on apprécie, que l’on se sent obligée de performer chaque matin?

Dans sa chronique pour France Inter, l’humoriste suisse Marina Rollman s'est montrée sans fard: "Je me suis rendu compte que le matin devant la glace, avec mon visage pas maquillé, j’avais l’impression de pas me ressembler!" explique-t-elle. Elle encourage les auditrices à essayer d'aimer leur visage au naturel - et estime que n’importe qui devrait pouvoir se maquiller – ou ne pas le faire - hommes comme femmes! Ecoutez sa chronique, c'est drôle et super pertinent.

 


Une pression qui pèse sur les femmes

L'humoriste met le doigt sur quelque chose: nous ne sommes pas égaux face à l'image qui est attendue de nous. C'est justement le sujet de cette émission du magazine VOX (en anglais), qui interroge notre regard sur la beauté en ces temps connectés. Le webzine américain pointe du doigt le fait que les femmes sont soumises à une autre pression que les hommes concernant leur apparence. Comme si notre société observait cet aspect de leur personnalité avec plus d’insistance, que cela allait de soi qu'elles fassent plus d’efforts. Et que les femmes se l'imposaient à elles-mêmes.

Une pression qui implique du temps passé à se maquiller, se coiffer, appliquer divers cosmétiques avant d’apparaître en public pour correspondre aux standards attendus - ou "pour ressembler à une femme" comme le dit Marina Rollman. La réflexion de VOX: cela fait dépenser à la fois de l’argent, de l'énergie et du temps de cerveau disponible.

 Source: vidéo

Cloe Abram, productrice de Vox, apparaît sans maquillage et s'interroge sur la 'culture de la beauté'

Une productrice de l'émission, Cloe Abram, se confie : «Le matin, je vois mon copain qui sort du lit, prend une douche et se rend simplement au travail. Je ne me demande pas pourquoi je ne peux pas faire comme lui – car je peux - mais pourquoi je ne me sens pas à l’aise si je le fais».
 

Idées

Lâcher-prise sur le maquillage

Voici des pistes pour ne pas renforcer les stéréotypes de genre et avoir un usage plus décontracté du maquillage:

  • Femmes et hommes font souvent des compliments sur leur physique et leur look aux femmes. Et si on leur faisait des compliments sur d’autres choses que leur apparence?
  • Se permettre d’apparaître parfois maquillée, parfois pas, en suivant ses envies – même si on aura droit à des remarques sur nos cernes qui ne sont plus masqués
  • Se maquiller par envie, et pas par obligation ou automatisme. Rien ne nous y oblige.
  • Si on se maquille tous les jours, et qu’on se sent incapable de sortir sans, essayer déjà de lâcher du lest le week-end pour se réapproprier son image au naturel, pour apprendre à se réhabituer à son visage - et à l'aimer - sans rien

 

Photo: Andrea Piacquadio

 

Accepter son image au naturel 

Que l’on soit des adeptes de produits de beauté (je lève la main) ou de farouches défenseurs du «no make-up», il est intéressant de nous interroger sur notre rapport au maquillage. Personnellement, je suis habituée à mon visage non maquillé, à la maison ou pour sortir faire des courses. Dans ce contexte, je me passe très bien de make-up. 

Mais dès qu’il faut se retrouver dans une interaction sociale, je me sens davantage confiante grâce à un maquillage même léger. Il m’apporte quelque chose - comme un bouclier -  plutôt que d’être un fardeau pour moi. 

Une réflexion sur sa relation au maquillage

Cela me fait plaisir de prendre un moment pour moi et pour me donner l’apparence que j’ai envie de présenter. C’est comme choisir une jolie chemise à porter. Il me permet d’atténuer mes complexes physiques (bonjour mes rougeurs sur le visage) et de me sentir ainsi mieux dans ma peau. C’est aussi une façon d’exprimer qui je suis. Ainsi qu'un moment où je prends soin de moi en me vidant la tête. 

Selon mon humeur, durant la semaine, un maquillage minimaliste réalisé en quelques minutes me suffit (BB Cream, blush et rouge à lèvres), ou j’opte pour un look plus travaillé (avec de l’eyeliner, un maquillage des yeux et des sourcils). 

«Tu as l’air fatiguée»

Or c’est à double-tranchant. L’entourage est habitué à cette image. Si je me rends au bureau peu maquillée, j’ai souvent des remarques soucieuses de type «tu as l’air fatiguée aujourd’hui» ou «es-tu malade? ». Cela pourrait être vexant – mais c’est ma faute, comme je choisis de ne montrer que ce côté face.

C’est vrai que je me sens mieux dans ma peau maquillée quand il s’agit d’affronter le monde. Et j’avoue qu’après avoir mis en retrait le make-up durant le confinement - sans regret -  je suis contente de ressortir mes pinceaux pour m'amuser à varier mes looks.

Et vous, qu’en pensez-vous? Vous êtes plutôt make-up or not make-up ?

Je pense que c’est à chacun/chacune de nous de faire ce choix, qui ne devrait pas être imposé par l'extérieur, mais par ses envies personnelles. Toutefois, c'est souvent difficile de démêler les injonctions de la société de ce qu'on a vraiment envie de faire! Cela vaut la peine de se poser la question.

 

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