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Au croisement des allergies

Quand le système immunitaire s’emmêle les pinceaux et qu’il confond protéine de pollen et de fruits, la réaction est assurée. Bienvenue dans le monde des allergies croisées.

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Shutterstock, Luca Christen | Marie-Noëlle Berdat
08 juin 2020
Qui est allergique  au pollen de bouleau pourrait bien réagir aussi à la pomme et à la poire.

Qui est allergique au pollen de bouleau pourrait bien réagir aussi à la pomme et à la poire.

Pour 20% de la population, printemps rime avec éternuement. En effet, c’est à cette période que la concentration de pollen atteint son maximum. Bouleau, noisetier, frêne, chêne et graminées: tous en fleurs. L’armoise suit en été. Les personnes atteintes de ce qu’on nomme communément le rhume des foins souffrent de nez bouché, d’yeux qui piquent, de démangeaisons dans la bouche, le nez et les oreilles.

Et pour 70% des personnes concernées par le pollen, le calvaire ne s’arrête pas là, puisqu’elles peuvent développer une allergie secondaire, dite croisée. «En effet, les structures protéiniques des allergènes inhalés (pollens, acariens, latex) ressemblent à certaines protéines d’aliments», indique Roxane Guillod, experte chez aha! Centre d’Allergie Suisse.

«Les protéines des allergènes inhalés (pollens, acariens, latex) ressemblent à certaines protéines d’aliments»

Roxane Guillod

Roxane Guillod

Experte chez aha! Centre d’Allergie Suisse, suit de près l’évolution de la recherche.

Cocktail de réactions

En clair, si vous réagissez au pollen de bouleau, vous pourriez bien aussi vous avérer sensible aux fruits à coques, aux pommes, pêches, abricots ou encore kiwis. Si c’est le pollen de graminées qui vous embête, vous pourriez également être dérangé par les tomates ou le melon (voir le tableau des allergies croisées en page 73). Plus étonnant encore, l’analogie entre les protéines des acariens de la poussière et celles des crevettes, homards ou langoustes.

Heureusement, ces allergies croisées se révèlent en principe plus incon­fortables que dangereuses: «Les symptômes ne touchent en général que la cavité buccale, par des picotements ou des brûlures, rassure la spécialiste. On note plus rarement l’apparition de symptômes comme de l’urticaire, des vomissements ou des coliques. Dans de très rares cas, des réactions sévères ont été observées.»

Tomates, melon

Deux solutions

Ces réactions désagréables peuvent être évitées en cuisant les aliments en question, car de nombreuses protéines ne résistent pas à la chaleur. On peut en outre renoncer temporairement (chez certaines personnes, l’allergie croisée ne dure que le temps du rhume des foins) ou définitivement aux produits qui provoquent une réaction du système immunitaire.

A l’inverse, les allergies alimentaires primaires (non liées au pollen), qui touchent entre 2 et 6% de la population suisse, peuvent être beaucoup plus graves. Il faut alors absolument éviter l’aliment.

Il convient de distinguer les allergies (réaction excessive du système immunitaire) et les intolérances (enzyme du système digestif qui fonctionne mal ou pas du tout). «Les premières provoquent des symptômes pouvant aller de manifestations cutanées, troubles digestifs à des troubles plus sévères mettant la vie en danger. Les secondes entraînent des symptômes principalement digestifs qui, bien que désagréables, ne provoquent aucun risque vital.»

Désensibilisation

Il est possible de se faire désensibiliser contre l’allergie primaire, par exemple celle au pollen ou celle aux acariens. Il s’agit d’habituer peu à peu le corps à l’allergène, en injectant de petites doses, afin d’éviter des réactions disproportionnées. «Il peut arriver que le traitement d’une allergie respiratoire permette d’apaiser en même temps l’allergie croisée», indique Roxane Guillod. Toute­fois sans garantie. Les scientifiques enquêtent…

Le style de vie joue également un rôle dans l’apparition des allergies. En 1900, seul 1% de la population était concerné, contre une personne sur cinq aujour­d’hui. En cause notamment l’exposition à la pollution ou des facteurs génétiques. «Il n’y a pas d’âge pour développer une allergie, encore moins pour une allergie croisée. On peut par exemple être sensible au pollen depuis dix ans et soudainement souffrir de réactions secondaires», explique l’experte de la Fondation aha! 

 

 


Le label free From chez Coop

Les allergènes soumis à déclaration ou les ingrédients qui en sont issus doivent être clairement mentionnés dans la liste des ingrédients, selon la loi. Coop propose un grand assortiment de près de 500 produits destinés aux personnes intolérantes au gluten et au lactose, sous le label Free From.

D’autres produits sont certifiés par le Service Allergie Suisse, une filiale de la Fondation aha! Centre d’Allergie Suisse.

www.coop.ch/freefrom