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Il était une fois une histoire du soir

Lire un conte avant le coucher rassure les jeunes enfants, surtout dans la situation anxiogène qui prévaut actuellement. Conseils pour un vrai moment de douceur.

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Getty Images, DR
20 avril 2020
Les fables  sont intrigantes et rassurantes  à la fois.

Les fables sont intrigantes et rassurantes à la fois.

Avec des enfants en bas âge, l’heure du coucher n’est pas toujours la plus tranquille de la journée, entre bataille de pyjama et de brossage de dents. Et souvent, c’est l’heure des inquiétudes et des questions. Pourquoi on ne va pas à la crèche? Pourquoi papa et maman travaillent sur la table de la cuisine?

La bonne nouvelle, c’est qu’on peut prendre un livre et proposer à l’enfant de le lire ensemble. En allumant une lumière plus douce et en versant deux gouttes d’huile essentielle de lavande (pour ses vertus relaxantes) dans un diffuseur, vous créez ce que les spécialistes appellent un rituel du coucher. L’enfant associera le doux parfum et l’ambiance tamisée à un moment agréable et privilégié. Il préférera alors se coucher pour écouter une histoire, plutôt que de faire des histoires avant de se coucher.

Anna Bernaschina Durisch

Libraire et conteuse
 

Mais est-ce encore utile, à l’époque des tablettes et autres livres audio, de lire soi-même un conte à ses enfants? «Evidemment! C’est une activité qu’ils adorent, même ceux qui sont nés avec les écrans, indique Anna Bernaschina Durisch, libraire et conteuse à la librairie Voltapagina de Lugano. Ils renoncent volontiers à leur dessin animé préféré pour écouter une histoire. Partager ce moment spécial avec un adulte ne fait qu’augmenter la magie.» Et d’ajouter: «La voix du parent qui lit et sa présence physique sont rassurantes. Blotti sous les couvertures, un adulte à ses côtés, l’enfant affronte sans difficulté dragons et sorcières, et se laisse emporter par son propre imaginaire.»

Une affaire de famille

Mais comment fait-on pour intéresser ses bambins quand on n’a pas la chance d’avoir des talents d’acteur? «Les petits se moquent que leurs parents soient doués ou non. Si maman, papa, ou même les frères et sœurs aînés, pourquoi pas, parviennent à imiter plusieurs voix, cela suffit à rendre l’histoire palpitante. Mais ce n’est pas indispensable! L’essentiel est de se consacrer pleinement à ce temps calme et d’impliquer l’enfant dans la lecture, en se prenant soi-même au jeu des questions et réponses pour avancer ensemble dans le récit.»

Se pose également la question du choix des livres. Vaut-il mieux s’en tenir aux classiques ou peut-on raconter une fable tout droit sortie de notre imagination? «Toutes les histoires font l’affaire tant qu’elles sont adaptées à l’âge de celui ou celle qui l’écoute. On peut tout à fait envisager d’inventer chaque soir un nouveau récit, en veillant cependant à ce qu’il se termine bien, souligne Anna Bernaschina Durisch. Un happy end est toujours rassurant, et savoir que les gentils ont triomphé des méchants a un effet apaisant. On n’est pas obligés de se limiter aux seules fables fantastiques: les petits sont par exemple fascinés par la vie de leurs grands-parents, si lointaine à leurs yeux qu’elle leur semble comme sortie d’un livre de contes.»

Le temps de l’histoire du soir peut être enrichissant tant pour la personne qui écoute que pour celle qui raconte. Cela peut être l’occasion de se replonger dans les livres qu’on aimait soi-même petit ou, pour les grands-parents, d’inventer mille et une histoires qui feront éclater de rire leurs petits-enfants. Et c’est sans compter le pouvoir thérapeutique des contes: s’accorder quelques instants de féerie en fin de journée ne peut être que bénéfique, et ce quel que soit notre âge.

 


Comment inventer un conte?

  • Le «Il était une fois…» plante clairement le décor: on est immédiatement transporté vers un pays enchanté régi par des normes précises où les héros peuvent solliciter l’aide des magiciens.
  • Les ingrédients principaux d’une histoire réussie sont les suivants: le héros (gentil), son ennemi (méchant) et l’allié ou le compagnon d’aventures (gentil).
  • Laisser libre cours à son imagination, l’adapter aux affinités de l’enfant.
  • Se rappeler que l’histoire doit bien se terminer. Dans le cas contraire, elle pourrait être source d’angoisse pour l’enfant qui écoute.

Apprendre à raconter

Des ateliers ont lieu régulièrement partout en Suisse romande pour devenir conteur. L’association l’Arbre à contes, qui regroupe les professionnels, recense sur son site les différentes formations, qui reprendront probablement à l’automne. Vous pouvez aussi contacter un faiseur d’histoires, qui viendra enchanter une fête privée.

www.arbreacontes.ch