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«Avec le train, nous sommes pionniers!»

Agrandi et désormais nouveau siège régional, le site d’Aclens (VD) regroupe maintenant l’ensemble des activités logistiques et administratives romandes. Il est une étape-clé pour Coop. Président de la Direction générale, Philipp Wyss souligne l’importance de la Suisse romande.

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Marius Affolter
08 septembre 2021
Philipp Wyss sur  le site d'Aclens, directement relié  au réseau ferroviaire: «Avec le train, nous économisons chaque année quelque 10000 tonnes de CO2. C'est énorme.»

Philipp Wyss sur le site d'Aclens, directement relié au réseau ferroviaire: «Avec le train, nous économisons chaque année quelque 10000 tonnes de CO2. C'est énorme.»

Que signifie l’agrandissement de la centrale logistique d’Aclens, désormais également siège régional?

C’est un gros investissement qui représente une avancée majeure en termes d’efficacité et de développement durable. D’un point de vue organisationnel, le regroupement sur un seul site des effectifs administratifs de la région romande, 850 personnes, renforce les synergies, la communication et les échanges. Mais surtout, au niveau logistique, nous disposons maintenant d’une infrastructure de pointe, extrêmement compétitive, qui va notamment nous permettre de développer davantage encore nos livraisons par le train, via notre entreprise railCare.

C’est un plus indiscutable pour l’environnement…

Oui, c’est extrêmement bénéfique. Avec railCare, nous livrons déjà toute la région genevoise par le train, directement depuis le site d’Aclens, la centrale étant directement reliée au réseau ferroviaire. Ceci nous permet une grande économie de CO2. L’an dernier, grâce au rail, c’est plus de 11000 camions qui n’ont pas eu besoin de faire l’aller-retour entre Aclens et Genève! Avec le train, nous économisons pour l’ensemble de la Suisse quelque 10000 tonnes de CO2 par année. C’est énorme. Nous sommes des pionniers dans ce domaine. Personne d’autre ne réalise une telle économie en Suisse. En outre, depuis septembre, avec Aclens, nous desservons également par le rail le Jura et le Jura bernois.

Voyez-vous d’autres développements possibles en Suisse romande avec le train?

En comparaison avec d’autres régions, la Suisse romande profite déjà beaucoup de notre engagement avec railCare. Nous étudions d’autres possibilités mais elles dépendent du réseau à disposition, qui est déjà bien utilisé; y trouver de la place devient difficile.

Les investissements à Aclens profitent-ils aussi aux client(e)s?

Bien entendu, les client(e)s profitent d’une organisation plus efficace et d’une logistique plus performante, ce qui est primordial pour les produits frais, surtout lorsque vous livrez jusque dans les stations de ski ou dans des communes reculées. Cette efficience a, au final, une influence positive sur les prix.

Désormais siège régional, le site d'Aclens compte un nouveau bâtiment, inauguré jeudi dernier. Le regroupement des activités permet de développer de nouvelle synergies, essentielles pour le futur.

Quelle est l’importance de la Suisse romande pour Coop?

Le développement d’Aclens montre bien le poids de la région romande. Nous avons investi plus d’un milliard de francs en Suisse romande au cours des dernières années. Nous y avons plus de 450 filiales, tous formats et enseignes confondus, une unité de production à Orbe, le site de Bell Food à Cheseaux, où nous avons investi récemment. Nous avons le projet à caractère social «Intégration Handicap», qui a déjà reçu plusieurs prix et grâce auquel des personnes en situation de handicap peuvent trouver un travail dans nos magasins. Nous nous engageons aussi au travers de nos sponsorings, comme les «randos familles Coop». Et nous avons avec Coopération notre propre journal pour la Suisse romande!

Quels sont les investissements romands en cours?

Nous investissons beaucoup sur le front de vente, car nous voulons toujours nous rapprocher des clients. Nous modernisons ainsi complètement le centre commercial de Villars-sur-Glâne (Fribourg- Sud), nous construisons de nouveaux magasins dans le Jura, à Delémont et Courroux, sur le bassin lémanique à Rolle, dans le Chablais à Bex, etc. Notre concept de nouveaux magasins met en avant le savoir-faire des producteurs locaux avec par exemple dans certains d’entre eux un humidor pouvant offrir jusqu’à 250 fromages, une véritable expérience sensorielle! Nos poissonneries et boucheries romandes sont aussi très attractives.

Que dites-vous aux gens qui font leurs achats en France voisine?

C’est naturellement dommage mais on ne peut pas les en empêcher. Pour nous, l’important est de convaincre les gens d’acheter en Suisse grâce à la qualité de notre assortiment. Nous consacrons plusieurs millions, chaque année un nombre à deux chiffres, à des réductions de prix. Nous avons développé l’assortiment «Prix Garantie», il compte aujourd’hui 1400 articles selon le principe du même prix et de la même qualité que les discounters. Nous avons donc un assortiment très attractif en entrée de segment, et parallèlement à cela, notre assortiment de produits bio et durables, propose parfois jusqu’à 16000 articles dans un hypermarché. C’est unique. Vous ne trouvez pas ça à l’étranger. Sans mentionner le fait qu’acheter en Suisse, c’est soutenir l’économie et les emplois.

«Nous avons énormément investi en Suisse romande»

 

Remarquez-vous des différences dans les goûts entre Romands et Alémaniques?

Clairement, et c’est tant mieux! Nous n’avons pas un assortiment identique, qui va du lac de Constance au lac Léman. Il varie en fonction du type de magasins et bien sûr de la région. Il est régionalisé et défini en fonction des besoins de la clientèle. Un magasin à Zurich ne propose pas les mêmes produits qu’à Genève. C’est un fait que les Romands mangent davantage de poissons, nos chiffres le montrent, tout comme les Alémaniques sont des fans de grillades. Et avec les vins suisses, les vins français sont plus demandés en Suisse romande alors qu’en Suisse alémanique ce sont les vins italiens. C’est lié à la culture et à la proximité géographique.

Que doit-on faire au niveau national, et que doit-on régionaliser?

En comparaison internationale, Coop est plutôt petit. Il est important de produire à l’échelle nationale ce qui peut l’être. Là en revanche où il s’agit d’être au plus près des clients, en proposant un assortiment régional, nous voulons régionaliser. Prenez l’exemple de la bière, nous avons jusqu’à 350 bières régionales dans l’assortiment. Avec le pain, c’est pareil, nous produisons à l’échelle nationale sur les sites d’Aclens et de Schafisheim (AG), mais nous intégrons également la fabrication de pains dans nos magasins, de manière à produire localement des pains qui correspondent à la région.

Y a-t-il des spécialités culinaires romandes que vous appréciez?

Bien sûr! J’aime bien tout ce qui est consistant et rustique. Un bon saucisson vaudois par exemple, j’adore!

Vous aviez le projet pour cet été de relier à pied Interlaken à Montreux. Défi réalisé?

Malheureusement non, il pleuvait presque tout le temps! (Rires) Mais j’étais à Jongny, à l’hôtel du Léman (ndlr: propriété de Coop), et nous avons marché un jour jusqu’à Montreux, et un jour jusqu’à Lutry. C’était magnifique.

 


Philipp Wyss

Un homme d’action

Philipp Wyss (55 ans) a grandi dans le canton de Lucerne, où il vit toujours. Il entre chez Coop en 1997, après une formation de commerce et un apprentissage de boucher. Il est président de la Direction générale de Coop depuis le 1er mai 2021. Marié, père de deux filles et d’un fils, il consacre son temps libre à sa famille, cuisine volontiers, pratique la randonnée et le ski notamment. Passionné par le commerce de détail, Philipp Wyss se définit comme un homme d’action et de terrain, ouvert et accessible.