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Acte N° 367

La solidarité au quotidien

Aux personnes avec un handicap, Coop offre une activité qui a du sens. Zoom sur une initiative désormais riche de 400 actes qui démontrent l’engagement durable de l’entreprise, dans tous les domaines.

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Monique Wittwer | Valérie Pinauda | DR
20 septembre 2021
La Fondation Brändi permet à Chantal Parola (à dr.), ici avec son accompagnatrice Monika Gilli, de se sentir bien.

La Fondation Brändi permet à Chantal Parola (à dr.), ici avec son accompagnatrice Monika Gilli, de se sentir bien.

«Je vais bien... la plupart du temps», nous dit Chantal Parola. La jeune femme de 27 ans boit son chocolat froid, assise sur la terrasse de la cafétéria de la Fondation Brändi à Horw (LU). «Je le prends toujours ici. Je le trouve bon», explique-t-elle en souriant. Elle garde sa bonne humeur, même quand des nuages de plus en plus noirs viennent cacher la vue impressionnante du mont Pilate, avant que la pluie ne finisse par arriver. «Cela ne me dérange pas beaucoup», déclare la jeune employée aux cheveux blond-roux. En revanche, elle ne supporte pas le soleil. Ce n’est pas parce qu’elle ne l’aime pas ou n’aime pas l’été. «Au contraire, j’adore cette saison; c’est pour cela que je me suis fait tatouer un papillon.» Mais la lumière trop intense du soleil peut déclencher chez elle une crise de la maladie.

ACTE N° 35 Chez nous, les animaux aussi ont droit à l’égalité des chances.

Chantal Parola souffre d’une forme grave d’épilepsie, et ce depuis son enfance. «Le pédiatre a remarqué que quelque chose n’allait pas quand j’avais un an et demi.» Elle a certes pu fréquenter un jardin d’enfants, mais ensuite cela n’a plus suffi. «Mon cerveau a besoin de plus de temps pour traiter les choses», indique-t-elle. C’est pourquoi elle a par la suite effectué sa scolarité dans un institut de pédagogie curative, jusqu’à ses 18 ans.

Depuis 2012, Chantal Parola travaille à la Fondation Brändi. Un organisme qui garantit à des personnes souffrant d’un handicap une activité professionnelle et un emploi sûr. Elle fait partie des plus de 30 institutions sociales auxquelles Coop s’est associée, sous le label Solidarité.

ACTE N° 111 Toujours une longueur d’avance dans le bio.

Chantal Parola ne s’apitoie pas sur son sort. «C’est comme ça. Je m’en accommode depuis ma deuxième année d’existence», lâche-t-elle. L’épilepsie est bien pire pour les personnes chez lesquelles elle apparaît plus tardivement. «Parce qu’ils savent ce qu’est la vie sans cette maladie, moi pas.» La jeune femme a déjà subi trois opérations au niveau de la tête. Les résultats ne sont pas vraiment au rendez-­vous.

Dans son travail pour la Fondation Brändi, Chantal Parola apprécie les tâches demandant une adresse manuelle particulière.

L’espoir d’un nouveau médicament

Elle veut éviter une quatrième intervention et évoque un nouveau médicament américain qui, selon les promesses, permettrait d’empêcher totalement les crises d’épilepsie. Chantal Parola reste encore un peu sceptique. Elle a déjà absorbé tellement de pilules depuis sa naissance. «Avant, ma maman les cachait dans un yogourt pour me les faire avaler», se souvient-elle. Elle garde cependant un peu d’espoir pour ce nouveau remède miracle, et déclare avec un sourire rayonnant: «Si je peux rester un an sans avoir de crise, je pourrais aussi faire plus de choses, comme passer mon permis de conduire, par exemple.» Et si ça ne fonctionne pas... Chantal Parola semble accepter sa vie. Elle se dit contente d’être employée par la Fondation Brändi et de voir que son travail est apprécié.

ACTE N° 365 Papier à base d’herbe: une innovation naturelle.

Un engagement durable

Coop soutient depuis des décennies des projets tels que la Fondation Brändi et considère sa responsabilité sociale envers les hommes et la nature comme une démarche pionnière dans le domaine du développement durable. L’entreprise s’est engagée dès 1942 en lançant le Parrainage Coop pour les régions de montagne, en faveur des familles et entreprises de ces régions de Suisse, et elle soutient également des organisations comme Table Suisse et Table couvre-toi, qui distribuent des denrées alimentaires de qualité irréprochable à des personnes dans le besoin.

Chez Coop, le développement durable ne fait pas l’objet d’une stratégie séparée mais est solidement ancré au cœur de l’activité de l’entreprise. La démarche s’appuie sur trois piliers (voir l’infographie ci-contre) et garantit que le développement durable est intégré à toutes les parties concernées dans l’entreprise. Depuis le lancement de l’initiative «Des paroles aux actes» en 2015, 400 engagements durables ont déjà été pris.

«Les actes montrent l'étendue de notre engagement»

Philipp Wyss, Chef de Coop

Du personnel mobilisé

«Je suis très fier de voir tout ce qui a été réalisé par Coop avec la participation de ses clientes et clients, déclare Philipp Wyss, chef de Coop. Chacun de ces actes est l’expression de notre engagement fort pour plus de développement durable.» Et d’ajouter: «La diversité des mesures montre à quel point le personnel de l’entreprise se mobilise pour ces questions en y mettant tout son cœur.» Même une grande entreprise comme Coop a en effet besoin de l’engagement de tous. Et finalement, les bonnes actions ne font pas du bien uniquement à ceux qui en sont l’objet. Elles ont également un effet positif chez leurs auteurs (lire l’interview ci-dessous).

ACTE N° 122 Travail partagé, travail pour tous.

L’un des actes préférés de Philipp Wyss est l’Acte N° 122: Travail partagé, travail pour tous. «Notre projet de longue date Intégration Handicap, initié en 2002, permet à plusieurs personnes souffrant de handicap de se partager un poste régulier dans l’un de nos supermarchés. Un spécialiste externe les aide à accomplir leurs tâches et à communiquer avec leurs collègues et les clients. Environ 80 personnes peuvent ainsi garder un travail régulier. C’est formidable, et très gratifiant pour tous ceux qui participent», souligne-t-il.

Plus de 4500 produits bio

Outre son engagement social, Coop attache tout autant d’importance à la gestion des ressources et à l’environnement. Dès 1993, l’entreprise a lancé avec Naturaplan la première marque bio dans le commerce de détail suisse et a ainsi contribué à la percée des produits bio dans le pays. Coop propose aujourd’hui plus de 4500 produits bio, parmi lesquels 2700 produits Naturaplan arborant le Bourgeon de Bio Suisse. «C’est à ce jour le plus grand assortiment bio du commerce de détail helvétique.»

ACTE N° 147 Nos veaux Natura-Veal grandissent auprès de leur mère.

Coop s’est en outre librement engagée aux côtés du WWF pour la réduction et la suppression des émissions de CO2, mais Philipp Wyss estime que ce secteur a encore besoin d’être développé: «Je suis convaincu que nous avons déjà fait beaucoup pour les trois piliers Assortiment durable, Protection de l’environnement et du climat et Collaborateurs et société. Cependant, il apparaît clairement que nous devons maintenant nous attaquer à de nouvelles thématiques et de nouveaux défis. Par exemple, dans le domaine de la protection du climat.»

C’est précisément l’objet du nouvel Acte N° 400: «Augmentation des dons de denrées alimentaires». Une directive de la Confédération demande en effet de réduire de 50% le gaspillage alimentaire d’ici à 2030. «Grâce à une collaboration étroite et des mesures développées avec l’association Table couvre-toi, nous avons réussi à trouver des solutions pour éviter encore davantage le gaspillage alimentaire», explique Salome Hofer, responsable développement durable et politique économique chez Coop. Un projet auquel est aussi associée la fondation Table Suisse, pour la distribution. «Ce n’est certainement pas notre dernier engagement, souligne Philipp Wyss. Nous sommes extrêmement motivés à continuer à développer Des paroles aux actes, et apporter ainsi des réponses durables. Je me réjouis déjà aujourd’hui de l’Acte N° 800!»

 


«Donner ou aider rend heureux»

«Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir». Professeur à l’Université de Zurich et chercheur sur la thématique du bonheur, Philippe Tobler confirme cette citation de la Bible.

Pour Philippe Tobler (49 ans), l'important est de faire de bonnes actions qui ont un sens pour soi.

Philippe Tobler, des études scientifiques montrent que l’homme n’est pas un être égoïste. Comment arrive-t-on à cette conclusion?

Nous l’avons découvert par exemple à travers ce que l’on appelle le jeu du dictateur. Une somme d’argent est remise aux personnes participant à l’étude. Elles doivent choisir comment la partager entre elles-mêmes et les autres. La théorie économique nous porterait à croire que chacun garderait la totalité de la somme pour tirer personnellement le maximum. Les études ont cependant montré que la plupart des participants ne gardaient que la moitié pour eux et donnaient le reste aux autres. Cela prouve que les hommes ont également des motivations sociales. Ces dernières semblent plus marquées quand les personnes décident seules que lorsque les décisions sont prises en groupe.

Qu’est-ce qui pousse une personne à faire une bonne action?

Il existe différentes raisons. D’une part, nous sommes plus généreux envers des personnes qui nous sont proches, comme des parents, qu’envers des inconnus. Cela est peut-être aussi lié à l’évolution et aux gènes. D’autre part, il y a l’attente de quelque chose en retour ou l’envie d’embellir sa propre image. Mais dans le jeu du dictateur décrit plus haut, toutes ces raisons ont été exclues et il y a donc une autre explication.

Laquelle?

Lors d’un test en laboratoire, nous avons donné aux participants quatre semaines pour dépenser de l’argent soit pour eux, soit pour d’autres personnes. Les résultats indiquent que les participants qui s’étaient engagés à dépenser l’argent pour autrui étaient plus heureux. C’est un effet auquel la plupart des gens ne s’attendent pas: lorsqu’elles sont interrogées, la majorité des personnes pensent qu’elles se sentiront plus heureuses en s’achetant quelque chose de joli.

Et comment avez-vous pu mesurer ces sentiments de bonheur?

D’un côté, avec un simple questionnaire sur le ressenti, et de l’autre en mesurant l’activité du cerveau. Nous savons quelles parties du cerveau traitent les sentiments de plaisir et la générosité. Chez les personnes qui avaient promis de dépenser l’argent pour d’autres, ces deux régions du cerveau ont communiqué nettement plus intensément.

D’autres facteurs interviennent-ils?

Nous savons que la générosité d’une personne est également déterminée par les substances messagères et les hormones. Lors d’un test, nous avons administré de la testostérone à des participants masculins. Ces derniers se sont ensuite révélés moins généreux, surtout lorsque personne d’autre n’était près d’eux. La partie du cerveau qui gère la générosité était moins active après l’administration de l’hormone supplémentaire.

Ce sentiment de bonheur est-il déclenché uniquement par la générosité envers autrui ou peut-il aussi naître autrement?

Un autre facteur possible, qui n’a toutefois pas été étudié scientifiquement, peut être que le sentiment ou la certitude de bien agir nous rend heureux. Prenons l’exemple de quelqu’un qui remplit sa déclaration fiscale. Il est probable que personne n’aime le faire, mais chacun sait que la société ne peut fonctionner sans les impôts payés à l’Etat ou à la commune.

Y a-t-il des différences entre hommes et femmes?

Les femmes sont globalement un peu plus généreuses que les hommes. Cela pourrait s’expliquer par le fait que la socialisation des femmes les pousse davantage à la générosité.

Existe-t-il des différences selon les catégories sociales? Les riches donnent-ils plus que les pauvres?

Sur ce point, certains résultats se révèlent contradictoires.

Proportionnellement, les personnes plus pauvres semblent donner davantage que les plus riches.

Dans quelle mesure le type de bonne action est-il important?

Il y a des indications qui montrent, par exemple, que la somme d’argent n’est pas l’essentiel, et que c’est simplement aider qui est important. Il ne doit donc pas s’agir toujours d’un geste financier.

C’est-à-dire?

Donner du temps peut également aider. Par exemple lorsque quelqu’un va faire des courses pour une voisine qui ne peut plus se déplacer. L’important est de faire de bonnes actions qui ont un sens pour soi.