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KYLIE MINOGUE

«Je suis accro à l'avenir»

Kylie Minogue revêt les paillettes du disco pour conjurer le blues dans un nouveau disque festif. Entretien exclusif avec la pop star australienne.

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23 novembre 2020

On l’avait quittée du côté de Nashville (Etats-Unis), le cœur brisé par une rupture, avec un album qui flirtait avec la musique country («Golden», 2018). On retrouve aujourd’hui Kylie Minogue en mode festif sur le dancefloor avec le scintillant «Disco». En plus de 30 ans de carrière, la chanteuse pop aux 80 millions d’albums vendus s’est frottée avec un succès considérable à la dance music. «C’est un lieu joyeux, triste aussi. On ressent une myriade d’émotions sur la piste de danse. Le disco est synonyme de glamour, d’histoires déchirantes comme dans «I Will Survive», de mélodies et de rythmes irrésistibles», confie-t-elle lors de notre entretien.

Cinquantenaire, le disco est né à New York en période de crise. Le genre a germé dans les communautés noires, latino et gay avant de séduire les célébrités de la discothèque Studio 54, puis la planète. «La mélancolie, la lutte pour surmonter l’adversité, sont clairement illustrées dans le disco, poursuit l’Australienne. C’est un espace où l’on peut s’exprimer: chanter à tue-tête, se trémousser furieusement ou danser avec quelqu’un.»

Cancer, déception, renaissance

On ne peut s’empêcher de lui demander si cette musique l’a aidée à surmonter les épreuves de sa vie. Outre son cancer du sein (diagnostiqué en 2005), la star de 52 ans a connu son lot de déceptions sentimentales (Jason Donovan, Michael Hutchence, Olivier Martinez, etc.) «Probablement sans même le réaliser, nous répond-elle. La dernière fois que je suis allée en boîte, c’était il y a trois ans. Mes trois copines et moi étions les premières sur la piste. C’était assez gênant mais je m’en fichais. Nous y sommes restées pendant des heures.» Le confinement au printemps a interrompu l’enregistrement du nouveau disque. Enfermée dans son appartement londonien, Kylie a continué de collaborer à distance avec ses producteurs et appris à enregistrer ses vocaux seule chez elle.

«On ne savait pas quoi faire de notre temps donc pouvoir continuer à bosser a été une vraie bénédiction. Quand nous avons terminé, je me suis demandé si sortir un album disco avait un sens dans le contexte actuel. Mais on a réalisé que les gens avaient très envie de trois minutes et demie de distraction et d’évasion face à leurs problèmes.» Elle admet avoir eu le blues pendant le confinement, privée de l’adrénaline des voyages et des concerts qui rythment sa vie depuis trois décennies. «Comme beaucoup d’artistes, la scène fait partie de mon ADN, de ce qui me nourrit. Je me suis posé une question quasi existentielle: si je ne peux plus donner de concerts, à quoi ressemblera ma vie? J’aimerais croire que je me sentirais toujours complète et que je m’adapterais, mais cela me manquerait énormément.»

Celle qui a électrisé le légendaire Glastonbury Festival l’an dernier peut au moins se consoler dans les bras de son nouveau petit ami, Paul Solomons. Elle roucoule depuis deux ans avec ce directeur artistique du magazine GQ, âgé de 46 ans. «J’aime me souvenir du passé mais je suis accro à l’avenir. Je me réjouis tout le temps de ce qui va arriver demain!» 

«Disco», retour gagnant

Pour la presse britannique, le 15e album de Kylie Minogue tombe à pic à l’heure du reconfinement. «Il arrive juste à temps pour nous aider à endurer ce cirque en dansant», déclare The Independent. «Le remontant idéal pour les heures sombres à venir», renchérit The Daily Telegraph. La chanteuse y décline le disco des années 1970 à nos jours, avec des clins d’œil aux ambiances du Studio 54 («I Love It »), à ABBA («Last Chance») ou à Daft Punk («Miss A Thing»). Un retour gagnant au parfum de nostalgie.