«Je suis le roi des sauces» | Coopération
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INTERVIEW
Jessie Kobel

«Je suis le roi des sauces»

Fan de l’esprit de Noël, le jeune humoriste Jessie Kobel nous parle des Fêtes dans sa famille. Et aussi des Caraïbes, où il a vécu, sous l’influence du rock et du rire.

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Darrin Vanselow | Joseph Carlucci
14 décembre 2020

Il jouait son deuxième one-man-show «Jessie Kobel en spectacle» depuis fin septembre 2019, puis le coronavirus l’a obligé à le mettre en pause. Dommage, car après «Get Up, Stand Up», qui lui a valu de remporter le tremplin du festival Morges-sous-Rire en 2016, il avait hâte de profiter de sa tournée. Mais l’artiste de 27 ans vit ce contretemps avec philosophie et se réjouit de la magie des Fêtes. Rencontre à Lausanne, la ville où il est né et qu’il ne quittera «jamais»: «Je me sens Lausannois jusqu’au bout des ongles. Mais aussi Valaisan, c’est la moitié de moi!» Il est en effet le fils de Bernie Constantin, le rockeur valaisan.

Vous allez passer Noël en Valais chez votre père?

On fera une fête intime avec ma maman et ma grand-maman à Lausanne. J’irai ensuite en Valais, peut-être que j’y serai seul avec mon papa. A moins que la situation sanitaire ne nous force à annuler au dernier moment.En temps normal, que faites-vous pendant cette période?

On aime tous la tradition de se retrouver en famille. J’ai toujours eu ce côté Noël et cadeaux. En Valais, j’ai une grande famille, on se réunit – normalement – chaque année.

 

Vous faites des sketches et vous chantez?

Non, mais on s’offre des disques, on écoute du bon vieux rock’n’roll avec mon papa; j’adore le rock. On se remémore des souvenirs, il y a des fous rires, et ce quart d’heure un peu tendu où on parle politique!

Vous avez vécu en Martinique de 1997 à 2004 avec votre mère. La célébration de la Nativité dans la chaleur, c’était comment?

Dans ma tête, Noël devait avoir lieu sous la neige parce que c’était ce que je voyais à la télévision. Donc, pour moi, Noël en Martinique, ce n’était pas tout à fait Noël. J’ai vraiment découvert et apprécié cette fête quand on est revenus en Suisse.

Pourquoi votre mère a-t-elle décidé de quitter la Suisse et de s’installer là-bas?

Quand ça s’est terminé avec mon père, elle a eu envie de changer d’horizon et de me faire vivre quelque chose d’un peu extraordinaire.

La Suisse vous manquait?

Oui, j’en rêvais, je n’y allais qu’une fois par an. Quand je voyais le TJ suisse sur TV5 Monde, j’étais comme fou! On est rentrés pour ça et parce que je ne pouvais pas construire ma vie sur une île.

Votre meilleur souvenir de Noël?

Les cadeaux!

Y en a-t-il un qui vous a marqué?

Quand j’étais petit, j’aimais les trains parce qu’ils symbolisaient le voyage. Un matin de Noël, j’ai découvert dans ma chambre, en me réveillant, le train électrique dont je rêvais, mon père l’avait éclairé avec une bougie. C’était comme dans les films! J’ai été gâté, mes parents ont tout fait pour que je sois le plus heureux possible.

Vous mangerez quoi ce soir du 24?

Pour moi, le repas de Noël, c’est une fondue bourguignonne, un tartare de saumon ou un filet de bœuf aux morilles. Et pourquoi pas les trois à la fois!

Vous aimez cuisiner?

J’adore, surtout la cuisine italienne, je suis le roi des sauces! J’aime le fait maison, prendre le temps de préparer des plats. Manger, c’est la vie! Organiser de grandes bouffes est ce qui me manque le plus cette année.

Des résolutions pour 2021?

Continuer à prendre soin de moi, me rendre compte de ce que j’ai et en profiter davantage, sur les plans professionnel et privé. C’est dans les moments de solitude, comme le semi-confinement, qu’on s’aperçoit de la valeur des choses et des gens. Il faudrait que j’aille voir mon père plus souvent.

Votre one-man-show «Jessie Kobel en spectacle» s’est arrêté à cause du Covid-19. Très déçu?

Pas trop, parce que j’ai pu le jouer quelque temps. Je l’ai créé (avec l’aide de Thierry Meury et Noël Antonini), je l’ai fait naître et maintenant il est dans la couveuse! Je me réjouis de le montrer à toute la Suisse romande en 2021 lors d’une tournée, et aussi à la France et à la Belgique. Je joue souvent au Plat Pays, notamment avec Freddy Tougaux.

Qu’avez-vous fait pendant cette pause?

Quand on aime ce qu’on fait et qu’on s’amuse, il n’y a pas de problème. Petit, je n’arrivais pas à apprendre une poésie, aujourd’hui je me surprends à connaître trois textes en même temps. Le travail a atténué pas mal de mes soucis: par exemple, quand mon papa a eu un AVC, en 2013.

Comment est née votre passion pour l’humour?

Un jour, chez mon père, j’ai vu le film de Charlie Chaplin «Le cirque», ça a été la révélation! Dans mon spectacle, il y a beaucoup de chutes, de maladresses, Charlot m’inspire, j’aime les clowns. Après, j’ai découvert Louis de Funès et Mr Bean. Puis, une fois, quand j’accompagnais mon père à la guitare dans un concert, l’un de ses musiciens m’a fait voir le spectacle de Gad Elmaleh «L’autre c’est moi». Je ne connaissais pas les humoristes à l’époque, mais j’ai compris que je voulais faire rire les gens en direct.

Sur scène, vous avez la pêche!

Je m’y sens chez moi, en sécurité, intouchable. Par contre, je n’ose pas faire un discours dans un restaurant ou me présenter devant tout le monde au cours samaritains.

Vraiment?

Je ne suis pas le même dans la vie. Je suis assez timide et calme. J’ai de la peine à rencontrer des personnes que je ne connais pas, à m’ouvrir à elles. Mais j’ai beaucoup d’amis, j’ai besoin de voir du monde, même si je suis très solitaire.

Vous ne portez pas le patronyme de votre père. Par discrétion?

Kobel est mon vrai nom, mes parents n’étaient pas mariés. Mais ils m’ont donné Constantin comme second prénom!

Avez-vous d’autres passions à part l’humour?

L’aviation. C’est la seule chose qui me fasse décrocher de mon métier. C’est lié à ma jeunesse, mais aussi à ma famille du côté de ma mère. Mon arrière-grand-père a fondé un aérodrome, mon grand-père était aviateur.

Vous pilotez?

Non, mais j’espère passer un jour une licence. C’est important d’avoir un autre centre d’intérêt, car l’humour est ma plus grande passion, mais parfois aussi ma plus grande angoisse.

Pourquoi?

A cause des remises en question, des doutes et de mon envie furieuse d’y arriver.

Dans dix ans, où vous voyez-vous?

Toujours en train de faire ce métier, peu importe le niveau, la notoriété et le salaire. Je me vois heureux et épanoui sur scène, pas ailleurs, même dans vingt ou trente ans.