«Avec la bicyclette on respirait mieux» | Coopération
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«Avec la bicyclette on respirait mieux»

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daniela zedda, DR
16 avril 2021

Paolo Conte, qu’incarne pour vous la bicyclette?

Adolescent, elle représentait la liberté. Puis la Lambretta est arrivée, et après les voitures. Mais on respirait mieux à vélo.

 

«Bartali» est l’un de vos morceaux les plus célèbres: pourquoi avez-vous choisi d’accorder une telle place au cycliste toscan?

Fausto Coppi était un personnage aérodynamique, presque futuriste. Bartali était un champion qui ressemblait plus à l’homme de la rue, en qui il était facile de s’identifier.

 

«Diavolo Rosso» est aussi consacrée à un cycliste, Giovanni Gerbi. Originaire de la province d’Asti, comme vous, entre autres.

Gerbi était un champion, peut-être pas très correct sur la route, spécialiste des raccourcis, et c’est pour ça que j’ai choisi d’en parler, pour plonger dans notre campagne profonde et archaïque.

 

«Du Giro, j’aimais les étapes de montagne et les échappées»

Paolo Conte

 

Et qu’en est-il de «Velocità silenziosa», que la Rai a choisie comme générique du Tour d’Italie en 2007?

C’est la tendresse vouée à la bicyclette.

 

Que représente pour vous le Giro?

J’aimais surtout les étapes de montagne, les échappées en solitaire des grands grimpeurs.

 

 

Suivez-vous encore le cyclisme ou préférez-vous le football? Nous savons que vous êtes un grand supporter du Milan.

J’ai toujours préféré le football. Le Milan m’a attiré à l’époque du trio suédois Gre-No-Li (Gren, Nordahl, Liedholm) que j’admirais. Je n’ai jamais rien vu d’aussi beau.

 

Aujourd’hui, la bicyclette semble avoir trouvé une seconde jeunesse. Qu’en pensez-vous?

Je considère le retour en grâce du vélo d’un point de vue féminin. Les jupes au vent, «ma dove vai, bellezza in bicicletta?» (Mais où vas-tu ma belle, à bicyclette), disait une chanson du grand Giovanni D’Anzi.

 

Si tout se passe bien, vous serez le 15 décembre à Zurich avec la tournée des 50 ans d’«Azzurro»: à quel point la scène compte-t-elle pour vous?

Pour moi, les concerts sont l’occasion de passer deux heures de grand bonheur avec les musiciens qui m’accompagnent, devant un public sensible.

 

Qu’est-ce qui vous plaît de la Suisse?

Ce que j’apprécie, entre autres, c’est son intérêt raffiné pour les arts figuratifs, notamment les avant-gardes du XXe siècle. 

 

Des chansons sur la bécane: de Bartali à Pantani

Le monde du vélo a inspiré moult chansons. «Bartali» de Paolo Conte est un classique: «Oh, quanta strada nei miei sandali / quanta ne avrà fatta Bartali» («Oh, que de route dans mes chaussures /qui sait combien Bartali en a parcouru»), dit le refrain. Sur le même thème, Paolo Conte a écrit «Diavolo Rosso» et «Velocità silenziosa». Gino Paoli évoque le mythique Fausto Coppi dans «Coppi», alors qu’Enrico Ruggeri dédie «Gimondi e il cannibale» à la rivalité entre l’Italien Felice Gimondi et le Belge Eddy Merckx, tout comme Elio e Le Storie Tese avec «Sono Felice». Marco Pantani est au centre de plusieurs titres, dont le touchant «E mi alzo sui pedali» du groupe Stadio. Lucio Dalla fut lui aussi gagné par le charme du vélo dans «Sono in fuga». Inoubliable, «Il bandito e il campione» de Francesco De Gregori, qui raconte l’amitié entre le champion Costante Girardengo et le bandit anarchiste Sante Pollastri. «Sotto questo sole» de Francesco Baccini et des Ladri di Biciclette a été le tube de l’été 1990.