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INTERVIEW
GéRALDYNE PRéVOT-GIGANT

«Le coup de foudre, ça existe!»

Trouver l’amour, le vrai, pas facile! Comment mettre toutes les chances de son côté et faire une rencontre malgré la situation? Le point avec Géraldyne Prévot-Gigant, spécialiste de la question.

08 février 2021

Le prince charmant n’existe pas, on commençait à s’en douter, et la Reine des neiges l’a confirmé. Mais l’amour sincère et authentique, oui. Alors pourquoi certaines personnes tirent-elles toujours le mauvais numéro, et d’autres restent-elles célibataires pendant des années? Y a-t-il une façon efficace de se préparer à rencontrer l’amour?

Le point avec Géraldyne Prévot- Gigant, psychopraticienne spécialiste de la relation amoureuse, auteure de nombreux livres dont La force de la rencontre et Le grand amour. Ecoutons cet ancien enfant zèbre (joli nom pour les hauts potentiels) devenu une psychologue positive, volubile et pétillante.

Quel est votre premier conseil à qui souhaite rencontrer quelqu’un?

De se connaître soi-même, c’est vraiment la base. Il y a une question de compatibilité. On a des centres d’intérêts, des tendances, des affinités, mais on est dans un type de société qui fonctionne beaucoup sur l’extérieur. Du coup, sauf s’il y a une sensibilité, une éducation, c’est rare que les gens s’interrogent sur eux-mêmes pour ensuite se tourner vers l’extérieur. On s’oublie, nous.

Faut-il faire une thérapie pour bien se connaître?

On ne va pas aussi loin tout seul. On peut y arriver selon la qualité de nos lectures, sur le développement personnel, la philosophie, la psychologie, les sciences humaines, qui vont nous amener à nous poser des questions. Ça, c’est déjà super. Mais être accompagné permet de gagner du temps.

Et quelles sont les questions à se poser?

Quelle est notre histoire? Quel est le modèle amoureux de nos parents? Ça va laisser une trace très profonde en nous. Nos croyances en l’amour vont émerger là – en tout cas les premières. Quelles ont été nos coupures de lien, nos abandons, nos deuils durant l’enfance et l’adolescence? Tout ce qui concerne les attachements affectifs peut orienter et rendre la rencontre difficile. Et le non-amour de soi. Si je ne m’aime pas, comment puis-je imaginer que quelqu’un puisse m’aimer?

Sur ces questions-là, y a-t-il une différence entre les hommes et les femmes?

Il y a une valeur sociale à être en couple, surtout pour les femmes. En gros, il faut avoir tout fait à 40 ans! Du coup elles souffrent d’une auto-dévalorisation, quand elles ne sont pas conscientes de l’influence de la norme sociale sur elles.

Dans votre livre «Se préparer à la rencontre», vous conseillez d’ouvrir un espace dans sa vie.

Souvent, quand les personnes vivent un long célibat, on découvre qu’il n’y a pas la place. Elle peut être prise par un ex, par beaucoup de travail, une passion pour le sport. Il est important de créer de l’espace aussi bien psychologiquement que physiquement, parce que ça entraîne un appel d’air. Bien entendu, au niveau inconscient, le manque de place révèle une ambivalence. Beaucoup, consciemment, se plaignent d’un célibat prolongé, et inconsciemment font tout pour que ça n’arrive pas parce qu’il y a des peurs.

Quelles sont ces peurs?

La peur de l’abandon, par exemple. Je préfère me raconter l’histoire que je ne rencontre pas quelqu’un, plutôt que de me confronter à la peur d’être abandonnée, la peur que ça s’arrête. Dans d’autres cas, la personne va rencontrer quelqu’un, mais qui, comme par hasard, va la ghoster, l’abandonner, et lui faire revivre le même système. On parle alors de schémas répétitifs. Il y a un événement, la croyance naît. Et comme on a un besoin de cohérence, on va se mettre dans des situations qui rendent notre croyance cohérente, même si elle est négative. C’est comme un méchant programme qu’il faut déprogrammer.

Vous conseillez également de découvrir de nouvelles passions.

Ce que je remarque, c’est que les gens, surtout les femmes, à cause de cette pression sociale, sont dépendants de la rencontre. Tout l’art ou la sagesse de se préparer, c’est à la fois vivre ce qu’on a envie de vivre, peindre, voyager, et être disponible. Mais je ne centre pas toute ma vie sur cette quête. Parce que ça va créer une crispation contre-productive. Par contre, une personne libre et heureuse est séduisante.

Et les sites de rencontre?

Rien ne nous empêche d’entamer des relations en visio. Durant la première vague, les gens ne se sont pas laissé abattre, et ont surinvesti les sites de rencontre. Avec une remontée en force de la dimension très romantique de prendre son temps et de sublimer.

Comment se rencontrer et particulièrement dans le temps que nous traversons? La voie virtuelle est-elle une solution?

Quels sont les avantages et les inconvénients des sites de rencontre?

A la campagne ou dans les petites villes, ils sont assez utiles car les rencontres sont rares. Je vais les déconseiller à ceux qui n’ont pas assez avancé sur la confiance en eux, l’amour d’eux-mêmes, parce qu’il y a des situations narcissiquement difficiles. On entame une conversation sur chat, et tout d’un coup la personne ne donne pas suite, ça rouvre notre blessure de rejet. Cela va être plus confortable pour des personnes qui ont besoin de se «renarcissiser» après une longue période de célibat. Elles ne sont pas obligées de rencontrer les gens. Je les invite à entamer des conversations, à voir si elles sont capables de reconnaître les gens qui pourraient leur correspondre ou pas.

En dehors des sites de rencontre, quelles sont les possibilités?

Faire entrer d’autres amis, pour commencer. Ces amis vont nous amener à rencontrer d’autres gens ou à nous faire faire d’autres activités à d’autres endroits. Ça donne de bons résultats. Et pour décrisper, se dire, je vais rencontrer des amis, d’abord, et s’il y a des amis d’amis qui m’amènent un jour à vivre la rencontre amoureuse, super!

Est-ce que le coup de foudre existe?

C’est ce que j’ai vécu avec mon mari, donc j’ai envie de dire oui! Mais j’avais bossé avant, quoi. Si on écoute bien notre intuition, si on n’est pas parasité par des souffrances du passé, on peut arriver à percevoir assez rapidement que, là, on a affaire à quelqu’un qui sort du lot. Et, petit à petit, observer ses comportements qui vont venir valider notre intuition. Ensuite, il y a toute une autre phase qui va être la coconstruction de la relation, et voilà, le travail n’est pas fini! C’est un autre chapitre qui commence. Mais oui, je crois au coup de foudre.

Elle est psychopraticienne, auteure de livres sur l?amour et Géraldyne Prévot-Gigant a rencontré son mari dans un festival de tango?

Votre mari, où l’avez-vous rencontré?

Au festival de tango de Lisbonne. Pas du tout pour rencontrer, mais pour profiter de cette ville dont je suis éperdument amoureuse, et du tango dont je suis éperdument amoureuse, et j’ai rencontré quelqu’un dont je suis tombée éperdument amoureuse!

C'est une jolie histoire.

C’est vrai que ça a été un coup de foudre, et j’étais en pleine incarnation du propos du dernier chapitre sur la liberté du Grand amour. Je savourais ma liberté, mais j’étais ouverte à la rencontre. Et puis, il y a le destin. Je dis toujours à mes patients et mes patientes qu’il y a une part qu’on peut contrôler, et une part qu’on ne contrôle pas. C’est le mystère de la vie et c’est aussi ce qui est très beau dans l’existence, je trouve.