«Surprendre et donner de l'énergie» | Coopération
X

Recherches fréquentes

INTERVIEW

«Surprendre et donner de l'énergie»

On connaissait Anthony Kavanagh humoriste, le voici chanteur! Après avoir frôlé la mort, l’ex-résident vaudois s’est lancé ce nouveau défi tout en se consacrant à une autre passion méconnue, le développement personnel.

PHOTO
Elizabeth Delage
01 février 2021

Vous allez lancer un nouveau one-man-show cette année?

Il s’appellera «Happy», le rodage commence normalement ce début d’année en France. Je veux rendre les gens heureux pendant deux heures et aussi leur donner des trucs – enrobés dans des vannes – pour gérer leurs émotions et leur cerveau, afin qu’ils ne soient pas dominés par eux.

Vous avez suivi des formations en PNL (Programmation Neuro-­Linguistique), ceci explique cela?

Je veux me réinventer à chaque spectacle, celui-ci sera en effet basé sur la PNL et d’autres techniques. Depuis 2020, je suis coach et maître praticien PNL grâce aux formations que j’ai faites en Suisse.

Vous pourriez donner des cours?

J’aimerais faire un peu de coaching en privé.

Vous vous intéressez depuis toujours au développement personnel, je crois?

Oui. Je voulais également faire une formation d’hypnose, mais je n’ai pas pu à cause du confinement. Avec la PNL, on apprend comment notre cerveau fonctionne et traite l’information. Il reçoit trop de données, donc il les généralise, les déforme et en omet. Il crée une image qui n’est pas la réalité. La PNL peut changer cette image ou le sens d’un événement. Et elle aide à atteindre un objectif, à éliminer ce qui nous ralentit.

Vous aviez besoin d’améliorer votre psychisme?

On a environ 60000 pensées par jour, et 50000 sont négatives. Presque quo­tidiennement, on ressasse des choses, ça nous met dans un état de stress et de peur.

Ce n’est plus le cas pour vous maintenant?

Si je suis de mauvaise humeur, ça dure moins longtemps qu’avant, et je gère mieux le stress ainsi que les peurs du passé qui n’ont plus lieu d’être, qui viennent de l’enfance.

Dans cette période anxiogène, il faut prendre soin de son esprit?

Oui. J’essaie de trouver des moyens de me sentir bien, je regarde des émissions marrantes ou du stand-up. Je ne suis pas trop le TJ, qui est très anxiogène, je fais attention à ce qui entre dans ma tête. Heureusement que j’ai ma fille de 4 ans et demi, Alice, elle est drôle!

C’est une humoriste en devenir?

C’est un clown! Pendant le confinement, c’est elle qui nous a sauvés, elle nous faisait rire tout le temps.

L’humour et la musique sont importants actuellement?

Bien sûr. Rire, c’est bon pour les poumons, le cœur et la pression artérielle, c’est le meilleur des antidépresseurs. La musique aussi est bienfaitrice. Dans cette crise sanitaire, on a réalisé à quel point on avait besoin de musique, d’humour et d’art en général.

Vous avez quitté la Suisse pour Montréal. Pour quelle raison?

Ça faisait des années que je voulais rentrer, mais ma femme n’était pas prête.

Qu’est-ce qui l’a fait changer d’avis?

En allant souvent au Québec, elle en est tombée amoureuse, comme j’étais tombé amoureux de la Suisse. A la fin, c’est elle qui était plus pressée que moi de vivre au Québec!

Elle s’y adapte bien?

Elle rayonne! Elle sent que les femmes ont une vraie place ici, plus qu’en Europe. Il y a beaucoup plus de femmes en position de pouvoir au Québec.

Vous revenez souvent en Suisse?

Normalement deux fois par année, pour les vacances de février, et l’été ou à Noël, ça dépend.

Vos enfants se sentent aussi Canadiens que Suisses?

Ma fille dit qu’elle est Suisse, Canadienne et Haïtienne (je suis originaire de ce pays). Pareil pour mon fils, mais il se considère Français parce qu’il est né en France, où on a vécu jusqu’à ses 4 ans, même s’il n’a pas obtenu la nationalité. Il est aussi très attaché à la Suisse. Ça ne m’étonnerait pas qu’il y aille pour étudier. Je lui dis: «Non, tu vas être obligé de faire ton service militaire!»

Que vous a apporté votre parenthèse suisse?

J’ai vécu à Lausanne, puis à Montreux. La Suisse était mon sas de décompression quand je rentrais de tournée, tout mon stress disparaissait. C’est une oasis en Europe, un pays ultrapropre, avec une économie qui marche, j’y ai connu des gens qui avaient une parole et du cœur. Je suis attaché à la Suisse, et au Valais, le canton de ma femme, qui me rappelle le Québec.

La nourriture suisse vous manque?

Oui, surtout la fondue et la raclette en ce moment! Mon beau-père est un excellent racleur et un de mes meilleurs amis m’a appris à faire la fondue à la suisse.

Qui sont vos chanteurs préférés?

J’écoute plein de trucs différents: Prince, Stevie Wonder, Bruno Mars, de la soul, du rock. Les inspirations de «Got It» sont Al Green et Gnarls Barkley, c’est de la soul des années 1970 avec des sons d’aujourd’hui. 

Vous cuisinez pour votre famille?

Un peu, j’aime faire des woks, des soupes, des tournedos Rossini ; des plats simples. Je ne suis pas un grand cuisinier, mais je me débrouille. 

59

Vous n’êtes pas retourné en Suisse depuis la crise sanitaire?

Non, mes enfants ne peuvent pas voir leurs grands-parents, ça les attriste énormément. J’espère qu’on pourra y aller en février. Mais je ne suis pas sûr qu’on me laissera entrer parce que je ne suis pas suisse, contrairement à mes enfants et à ma femme. 

Vos résolutions pour 2021?

J’ai arrêté d’en faire, parce que ça ne marche pas! (Rires) Mais je me donne toujours des objectifs en cours d’année. Je me suis fais la promesse, en écrivant le nouveau spectacle, de me remettre en forme pour la tournée, je vais maigrir, faire du cardio, même si les fitness sont fermés! Je veux que le spectacle soit le meilleur possible et continuer à faire de la musique.