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11 septembre 2018

Chez Dario, dans la vallée

L'éditorial et la chronique du numéro 37

10 septembre 2018

Éditorial

Thierry Délèze

Rédacteur en chef

Je suis un urbain qui aime la montagne. Surtout l’hiver et l’automne. L’hiver pour le ski, l’automne pour les couleurs. Et quand je vois les magnifiques couleurs qui se dégagent du bouquet et du costume traditionnel de Renata Bott, notre protagoniste de Une cette semaine, me prend l’envie d’aller faire un tour en altitude. Dans le val Müstair, par exemple. Chez Renata. Et chez Dario, l’enfant de la région. Nous connaissons bien les vallées romandes, valaisannes avant tout, mais nettement moins les grisonnes, celles de l’autre grand canton alpin. Le val Müstair, pour pratiquement tout le monde en Suisse, c’est le bout du monde. Et pour cause! Le sommet du Piz Chavalatsch (2763 mètres), à la fin de la vallée, est le point le plus oriental du pays. Ce qui fait dire aux habitants du coin, non sans humour, que la Suisse commence ici. Souvent méconnu parce que loin de tout, le val Müstair est une région dans laquelle Coop s’investit beaucoup via ses parrainages. Et c’est aussi la terre natale de Dario Cologna, champion du monde et champion olympique de ski nordique, fierté de toute la vallée. Un enfant calme et un bon élève, se souvient l’un de ses enseignants. Ce sont les habitants, les traditions, coutumes et particularismes de cette région, à commencer par le romanche, quatrième langue nationale, que nous vous proposons de découvrir dans ce numéro (lire notre Zoom).
Ils sont l’illustration de la formidable, et parfois menacée, diversité helvétique. 

Chronique

Un été chaud

Daniel Fazan

Écrivain

La planète en ébullition, mon front liquéfié, la sueur à tous les étages et l’accalmie rafraîchissante dans la cave de notre maison bicentenaire. Un parcours estival banal de retraités agressés qui ont renoncé cependant aux voyages tropicaux. Si les glaciers reculent, moi et ma Douce nous avançons… en âge. Le mouvement est perpétuel et on nous brandit des horreurs à venir et on grelotte d’angoisse, un frisson que l’on va transmettre aux générations suivantes. La terre a toujours vécu ça mais, certes, pas à vision d’homme. La culpabilité nous est sermonnée à chaque seconde, comme si de prendre un train ou un avion était une tocade dont on pourrait se passer, un péché méchant contre les pâquerettes et les oisillons. Je n’aime ni le chaud ni la glaciation des sentiments. Ni la culpabilité de vivre. Je n’ai rien demandé, pas même le péché originel, ni les suivants. Je me suis désormais attaché à un fauteuil pour ne pas dépenser inutilement de l’énergie. Il n’a pas besoin d’être roulant et qu’il s’effondre de lui-même quand je ne serai plus. C’est un projet qui reste en latence. Mais j’y songe au pays des rêves culpabilisants.