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EDITO

Trompeuses apparences

29 juin 2020

Je n’oublierai jamais ce spectacle grandiose, en Patagonie argentine. Sur une largeur de plus de quatre kilomètres, le Perito Moreno plonge dans les eaux du lac Argentino et s’offre aux regards ébahis des visiteurs. Pour ceux qui ont la chance d’être là au bon moment, lorsque le glacier atteint la rive qui lui fait face, de gigantesques blocs de glace se dégagent et tombent avec fracas dans les eaux turquoises. Le tout dans une ambiance de bout du monde. Le Perito Moreno est un glacier qui avance. Et même plutôt bien, jusqu’à deux mètres par jour. Mais il constitue une exception qui confirme la règle du recul des glaciers.

Changement (partiel) de décor et retour en Suisse, en Valais précisément. Sur les hauteurs de Bettmeralp, je contemple le glacier d’Aletsch, majestueux lui aussi, 23 km de long, le plus grand des Alpes. Mais l’apparence est trompeuse, et le colosse des plus fragiles. Car contrairement à son cousin argentin, le glacier d’Aletsch recule, inéluctablement, comme la plupart de ses semblables, d’ailleurs. Les chiffres divergent mais les études sont unanimes: les glaciers suisses (et les autres aussi) vont continuer à fondre, victimes du réchauffement climatique. La situation est telle que l’on recouvre certains de bâches au plus chaud de l’été, pour tenter de limiter les dégâts. Complexe et émotionnelle, la fonte des glaciers laisse un sentiment d’impuissance. Et même si tous n’auront pas disparu en 2100, la perspective n’en reste pas moins glaçante (lire le Zoom).