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Parrainage Coop

Construire pour l'avenir

Les villages de montagne vivent grâce aux entreprises familiales rurales. Le Parrainage Coop pour les régions de montagne aide un couple de Valendas (GR). 

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Heiner H. Schmitt
03 décembre 2019

Les animaux de la famille Zinsli-Geisser ont déjà des abris. Une maison pour Ursin, Colin, Nadja et Leon (de g. à dr.) est en construction.

Lorsque des agriculteurs veulent non seulement travailler la terre, mais également construire une maison, les choses ne sont pas simples. Ursin Zinsli (32 ans) et Nadja Geisser (28 ans), du village de Valendas (GR) forment un couple d’agriculteurs plein d’espoir et motivé. Ils sont les heureux parents de deux garçons, Leon (1 an) et Colin (3 ans), et exploitent depuis cette année une surface de 23 hectares dans la zone de montagne deux à quatre, autrement dit sur des pentes moyennes à fortes.

Jusque-là tout va bien, rien d’extraordinaire: «Mes parents et ma grand-mère vivent dans la maison familiale qui appartient à la ferme», explique le jeune agriculteur. Et ils y resteront aussi longtemps qu’ils le souhaiteront. C’est pourquoi Ursin et Nadja voulaient construire une maison. Mais c’est là qu’a commencé un véritable parcours du combattant de deux ans dans les arcanes de la loi sur l’aménagement du territoire, des prescriptions cantonales, du droit foncier rural, etc. Pour résumer, le jeune couple avait certes le droit de construire… mais pas sur ses propres terres. «Nous devions acheter un terrain, et cela faisait exploser notre budget», raconte Nadja Geisser.

En signe de solidarité

Heureusement, le hasard fait parfois bien les choses, car Bistgaun Capaul entendit un jour parler de cette situation inextricable. Expert du Parrainage Coop pour les régions de montagne des Grisons, cet homme de 69 ans se plongea dans des tonnes de dossiers, entreprit des négociations et déposa enfin une demande auprès du Parrainage Coop: l’organisation se devait d’apporter son aide. «Une exploitation de 23 hectares n’est certes pas très grande, mais elle permet à un couple, bien formé et prêt à travailler, de vivre», explique-t-il. Et de poursuivre: «Les villages de notre région de montagne n’ont pas besoin de tracteurs encore plus gros. Ce dont nous avons besoin, ce sont des entreprises familiales. Car sans elles, les vallées dépérissent.»

Nadja Geisser (avec son fils Colin) s'occupe des chèvres qui appartiennent à l'exploitation.

La demande de Bistgaun Capaul a été acceptée. Il est vrai que la promotion de l’occupation décentralisée du territoire est l’une des lignes directrices du Parrainage Coop. Dans cet objectif, l’organisation souhaite aider le jeune couple de Valendas avec les lecteurs et lectrices de Coopération. Tout est bien qui finit bien? Pas encore. Car maintenant, le travail ne fait que commencer.

«Sans entreprises familiales, les vallées dépérissent»

Bistgaun Capaul, Expert du Parrainage coop pour les régions de montagne des grisons

Même si Ursin Zinsli et Nadja Geisser reçoivent de l’aide, ils doivent, outre l’exploitation de leur ferme, prendre un emploi à l’extérieur. Nadja, qui a quitté par amour le Toggenburg, à la limite de l’Alpstein, pour venir s’installer au bord des gorges du Rhin, travaille à mi-temps dans le magasin Coop d’Ilanz (GR). En hiver, son mari travaille aux remontées mécaniques de Weisse Arena. En été, il est recruté en tant que salarié dans d’autres fermes, pour le pressage de balles, par exemple.

Qu’en est-il des autres branches de l’exploitation – comme la vente directe? «Chez nous, la vente directe n’est pas possible», déclare l’agriculteur, qui va bientôt passer au bio. «Il y a déjà une entreprise qui fait cela très bien dans le village. Devrais-je maintenant me lancer et lui faire concurrence? Cela ne correspond pas à notre conception de la solidarité paysanne.» Il veut faire ce qu’il sait faire. Ainsi, ses veaux d’environ 10 mois sont vendus chez Coop sous le label Natura-Beef.

Le terrain à construire est déterminé, les plans sont prêts. Les travaux peuvent démarrer.

«Il n’y a rien de plus beau»

Ursin Zinsli a toujours voulu être agriculteur, et il a reçu la formation adéquate pour cela. «Je l’aurais aussi suivi s’il avait travaillé dans un bureau ou sur des chantiers de construction», dit sa compagne en riant, avant d’ajouter: «J’ai moi-même grandi dans une ferme. J’aimerais que mes enfants aient également cette chance. Pour moi, il n’y a rien de plus beau.» 

www.coop.ch/parrainage