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Elle ne parle que de couches

Une de mes amies, qui vient de devenir mère, n’arrête pas d’occuper – et de bloquer – les conversations avec ses confidences postnatales. Comment lui parler sans la blesser?

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Illustration Frédéric Michaud | DR
05 octobre 2020

«Mon amie qui est restée célibataire longtemps s’est finalement rendue à son horloge biologique de plus en plus insistante. Depuis qu’elle est devenue mère pour la première fois, il y a une année, sa conversation est exclusivement dédiée aux récits d’accouchements horrifiants, à l’allaitement et à l’analyse des couches pour bébé. Mère de deux enfants, je ne me souviens pas d’avoir ainsi abreuvé mon entourage des révélations de mon intimité postnatale. A l’occasion d’une fête, elle a même réussi à dévier la conversation d’un sujet passionnant vers des histoires de langes. Dois-je aborder cette question avec elle? Je ne voudrais pas la blesser.» V., 42 ans, Arbon

Quand tout se passe au mieux, la nature est ainsi faite qu’une mère de fraîche date regorge d’endorphines. Votre amie est donc en permanence légèrement ivre de bonheur. Quelle joie de la voir si heureuse d’accueillir un nouveau petit membre au sein de sa famille. De nombreux couples ont le bonheur de vivre cette expérience.

Il semble que votre amie, après une longue histoire de désir d’enfant, savoure pleinement sa chance de tenir enfin le sien au creux de ses bras. Vous-même êtes devenue mère tôt et vous n’avez pas connu l’angoisse de ne pas pouvoir avoir d’enfants ni celle de ne pas trouver le bon partenaire à temps.

Et si vous éteigniez le feu par le feu?

Cela dit, je concède que les discussions sans fin sur les nourrissons peuvent irriter. Les enfants sont merveilleux, mais leurs selles avec leurs diverses colorations ne devraient remplir que leurs couches et non les conversations des dîners.

C’est une question délicate de proportions. Plutôt que d’en arriver à jeter le bébé avec l’eau du bain, abordez-la avec votre amie entre quatre yeux. Si vous n’osez pas et que vous éprouvez tout de même le besoin de faire quelque chose avant que le sujet de la maternité ne se tarisse de lui-même, je vous recommande la tactique d’éteindre le feu par le feu!

Vous pourriez convenir qu’à l’occasion de votre prochaine rencontre vous consacrerez une heure à ne parler que d’enfants pour ensuite changer de sujet. Si une heure ne suffit pas à épuiser le besoin de votre amie d’évoquer sa progéniture, soyez créative! Plutôt que d’organiser une «baby shower» à l’américaine, proposez des après-midi de discussions monomaniaques sur les bébés. Entre nous, c’est un créneau à prendre, mon instinct ne me trompe jamais…

Blague à part, il est vrai qu’on est plus habitué à soutenir ses amis à l’occasion de leurs chagrins d’amour et autres coups durs, que diriez-vous de soutenir votre amie dans son bonheur?