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CôTé COUPLE

Elle n'arrête pas de se plaindre!

Les amis offrent toujours une oreille compatissante aux problèmes de couple des autres. Mais parfois, on ne veut plus en entendre parler. Trop c’est trop!

14 janvier 2019

Anikó Donáth

Actrice, auteure, maman célibataire et chroniqueuse polyvalente

Ma meilleure amie est malheureuse dans son couple depuis plus de dix ans. Sans cesse, elle me prend à témoin de ses problèmes. Paradoxalement, dès que je lui donne des conseils, elle se met à défendre bec et ongles son compagnon de longue date. Je me rends compte que je deviens agressive à son égard. Plus grave encore, je commence à perdre tout respect pour elle. Avez-vous un remède efficace à me proposer? Valérie B.

A la lecture de votre question, une majorité de femmes se diront: oh là là, j’ai moi aussi dans mon entourage une lamentatrice qui me pompe une énergie folle et qui est réfractaire à toute aide de ma part. Sitôt ses soucis déballés, elle se sent nettement mieux et elle n’a plus besoin d’agir puisqu’elle s’est libérée temporairement de son fardeau affectif.

Plus vous lui consacrez du temps, plus son état d’urgence émotionnelle est apaisé. Vous avez même une part de responsabilité dans l’inertie du statut social de cette personne, au point mort depuis dix ans. A l’instar des co-alcooliques, vous êtes une «co-immobiliste». Or tourner en rond en ressassant la même histoire est terriblement monotone et peut donner le vertige.

Bonifiez vos moments d’amitié

Comme le dit le proverbe anglais, «on peut conduire un cheval à l’abreuvoir, mais non le forcer à boire». Vous avez déjà conduit le cheval jusqu’à l’abreuvoir à maintes reprises et le chemin vous lasse de plus en plus. Vous vous sentez impuissante et vous enragez. Epargnez-­vous l’explosion de sentiments au mauvais moment. N’accompagnez plus votre amie jusqu’à l’abreuvoir.

Dites-lui qu’à partir d’aujourd’hui, elle doit extérioriser ses plaintes par exemple auprès d’un(e) thérapeute dont l’écoute est le métier – ce qui n’est pas du tout votre cas.

Bonifiez vos précieux moments d’amitié: prévoyez par exemple des visites au musée et des randonnées, ou – à titre préventif – réservez un cours de cuisine pour célibataires. La moindre allusion aux dix années de souffrance est à proscrire. Stop! Vous devez vous aussi faire preuve de cohérence.

J’ai entendu à la radio un portrait captivant, celui d’Edi, un toxicomane au passé criminel. Quand on lui demande ce qui l’a poussé à changer de vie, il répond: «Rien du tout!» Aucune incitation n’a mené à ce résultat, ni encouragement, ni menace. Le déclic a dû être personnel.

On ne peut tirer d’une spirale négative que les personnes qui, au fond d’elles-mêmes, le souhaitent vraiment. Espérons un revirement rapide de la situation de votre amie. Mais maintenant, vous pouvez sans mauvaise conscience vous déconnecter tout à fait de cette histoire.

Site officiel de Anikó Donáth 

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