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Un retour en Suisse difficile

Après plusieurs années passées à l’étranger, il est parfois compliqué pour un enfant de retourner dans son pays natal. Face à la perte de ses repères et à la nécessité de s’intégrer à son nouvel environnement, comment l’aider?

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Frédéric Michaud | Martine Dutruit
17 septembre 2018

Nous revenons en Suisse après plusieurs années passées dans des pays étrangers pour des raisons professionnelles. Nous avons toujours scolarisé notre fille dans des lycées français et elle s’est toujours bien adaptée. Elle a 13 ans et vit très mal notre retour de Madagascar. Ses anciens amis lui manquent. D’ailleurs, elle passe ses soirées à échanger avec eux. En classe, elle dit qu’elle n’arrive plus à suivre et ne veut plus reprendre d’activités, car elle ne connaît plus personne. Nous nous sentons coupables et démunis.

En pleine adolescence, c’est sûr qu’il n’est pas facile de perdre ses repères, ses pairs, d’intégrer une nouvelle classe, de nouveaux groupes d’amis. Il semble logique que vous ayez ce sentiment de culpabilité car, comme tout parent, vous devez composer avec des aspirations personnelles, professionnelles et des contraintes. Mais au travers de la diversité des cultures que votre fille a côtoyées, de l’adaptation dont elle a dû faire preuve et de la connaissance d’autres contrées, vous lui offrez une précieuse ouverture sur le monde, aujourd’hui et pour toute sa vie, en dépit d’un passage délicat en ce moment.

Echangez sur votre expérience

Valorisez ce qu’elle a réussi à apprendre de vos expériences à l’étranger. Discutez avec elle de ce qu’elle pourrait apporter à ses camarades, ici. Leur a-t-elle montré des photos? Qu’a-t-elle vécu qui puisse intéresser ses pairs? Demandez-lui comment elle faisait pour rencontrer de nouveaux amis. Relatez également comment vous, ses parents, vivez ce retour. Comment cela se passe-t-il avec vos collègues? Est-ce pour vous aussi difficile de rentrer? Des parents tendent parfois à vouloir rester positifs pour protéger leurs enfants, et ces derniers se sentent seuls à traverser une étape difficile.

Posez peut-être un cadre. Vous souhaitez qu’elle choisisse une activité sportive ou artistique. Vous comprenez et appréciez qu’elle maintienne un contact avec ses amis, mais elle ne peut pas y passer ses soirées. Voyez ses enseignants pour savoir comment ils la perçoivent, dans quelles matières elle aurait besoin d’aide et si l’école propose des appuis.

Soyez patients

Dans la mesure de vos moyens, mettez en place un suivi scolaire au moins pour le premier semestre. Ainsi, elle a un accompagnement qui peut la rassurer et la motiver. Enfin, et c’est peut-être le plus délicat pour vous: soyez patients. Voyez comment votre fille évolue ces six prochains mois. Peut-être vous surprendra-t-elle et n’aurez-vous alors plus aucun sentiment de culpabilité. C’est tout ce que je vous souhaite!

 

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