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Des paroles aux actes

Des toilettes au fond de la cour

Dans le cadre de la promotion du coton Naturaline bio en Inde, la Fondation suisse bioRe et Coop ont mis sur pied un programme d’aide pour la construction de sanitaires.

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PRS, Pino Covino
05 mars 2018

Sunilsingh Rathod et sa mère Bhagwati Bai montrent leur nouveau WC.

 

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Les deux frères viennent chaleureusement nous accueillir. Tout a été nettoyé et proprement arrangé. Femmes et enfants restent à l’écart. Cela ressemble à une visite officielle. Aborder le sujet pour lequel nous sommes venus est un peu gênant pour tous: la construction récente de toilettes au fond de la cour. Ils nous emmènent voir le petit édifice en briques peintes. Du carrelage borde le WC à la turque. Sommaire, mais fonctionnel et propre.

A côté, une porte dans le mur d’enceinte s’ouvre sur la campagne. C’est par là qu’avant, ils s’échappaient pour aller faire leurs besoins dans la nature. Une habitude peu hygiénique pratiquée par la moitié de la population indienne – environ 500 millions de personnes – qui induit de graves conséquences pour la santé. En effet, les excréments polluent sol et eau, diffusent bactéries et virus, et causent notamment des maladies intestinales irrémédiables. C’est une cause très importante de mortalité enfantine.
 

 

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Des écoliers indiens manifestent pour dénoncer les carences sanitaires dans leur pays, où 500 millions d’habitants n’ont pas de WC (2,5 milliards dans le monde).

Le tabou tue

Pour enrayer l’hémorragie, construire des WC propres semble un remède facile et évident. Mais deux obstacles se dressent: l’argent et le tabou. «Le prix de construction oscille entre 15 000 et 22 000 roupies (220 et 320 fr.), suivant le lieu plus ou moins éloigné où l’on peut trouver le matériel nécessaire», nous explique Suresh Verma, responsable du projet sanitaire pour bioRe, fondation suisse qui cultive du coton bio dans la région, notamment pour la gamme Naturaline de Coop. Or le salaire mensuel s’élève à environ 12  500 roupies (soit 180 fr.).

Le second obstacle est d’ordre culturel: pour beaucoup d’Hindous, il est impur de faire ses besoins dans ou près de sa maison. Raison pour laquelle ils s’éloignent en pleine nature. «Par peur d’être harcelées ou par honte, les femmes et jeunes filles attendent l’obscurité pour aller se soulager et parcourent parfois de longues distances pour rejoindre un lieu sûr.» Ces deux raisons empêchent ces familles de paysans souvent illettrées de prendre les mesures hygiéniques essentielles à leur santé.
 

Le chef de projet Aashish Joshi lors d’une tournée d’inspection.

Cours d’hygiène

Depuis 2015, bioRe mène un projet pour remédier à cette situation dramatique. Ce dernier comprend deux volets: organiser des séances d’information dans les villages, pour motiver la population à briser le tabou, et apporter le soutien technique et financier à la construction de toilettes.

Des cours d’hygiène sont dispensés aux enfants dans les écoles de la fondation, et les médecins qui travaillent dans le bus médical itinérant sensibilisent les habitants.

Depuis le début du programme, 255 WC ont été bâtis, et une vingtaine sont en cours de construction. Coop a financé près des deux tiers du coût total de ce projet, ainsi que d’autres activités menées par bioRe en Inde et en Tanzanie. La fondation va continuer cette activité sanitaire dans le futur et cherche de nouveaux soutiens.
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www.biore-stiftung.ch

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chez des privés de la région de Kasrawad (Inde)

Source Fondation bioRe; Infographie Caroline Koella

Acte N° 116

Des actes pour le bien-être de tous

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