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Des paroles aux actes

Toute une vallée en mode bio

Les agriculteurs du Val Poschiavo (GR) produisent bio. Cela peut sembler normal aujourd'hui, mais ce qui mérite toute notre attention, c'est qu'ils le font tous!

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Yannick Andrea, DR
02 juillet 2018

Claudia Lazzarini et Elmo Zanetti, producteurs de tisanes 100% Val Poschiavo.


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Qu'il s'agisse des courgettes de l'agricultrice Annina Raselli, des tisanes de Claudia Lazzarini, paysanne bio et ancienne présidente de Bio Grischun, ou du fromage de la fromagerie San Carlo: tout ce qui est produit dans le Val Poschiavo est issu de l'agriculture bio certifiée Bourgeon de Bio Suisse. De nombreux produits du Val Poschiavo sont disponibles dans l'assortiment de Coop, notamment du fromage et des tisanes. La formule mise en œuvre par les producteurs et les transformateurs de cette vallée du sud  des Grisons se résume ainsi: 100% Val Poschiavo. Et elle porte ses fruits!

Bien entendu, les 100% ne sont pas encore tout à fait atteints, car un énorme travail de persuasion est nécessaire pour que l'intégralité des membres d'une profession – jusqu'au dernier – suivent une seule et même ligne. C'est vrai dans le monde de l'agriculture, mais il en va de même partout.

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Le bio avant tout

Les producteurs de tisanes Claudia Lazzarini et Elmo Zanetti sont néanmoins satisfaits du résultat. «Il y a quelques années, on faisait une distinction entre les agriculteurs et les agriculteurs bio. Aujourd'hui, les gens parlent d'agriculteurs et d'agriculteurs non bio. La preuve que l'idée a fait son chemin dans les esprits», explique Claudia Lazzarini. Celle-ci produit des tisanes que l'on peut acheter dans les filiales Coop des Grisons sous le double label Naturaplan et Ma région. «Nous avons également beaucoup de petits clients.» Ses tisanes ont ainsi trouvé leur place au Landesmuseum de Zurich, au Kunstmuseum de Bâle, au théâtre Thik de Baden (AG) ou encore à l'auberge de jeunesse d'Interlaken (BE). Mais alors qu'en sera-t-il lorsque le tout dernier des producteurs du Val Poschiavo se sera mis au bio? Tout sera bien qui finit bien? «Tout sera peut-être bien, présume la quinquagénaire, mais tout ne sera pas fini. Partant du principe que nous n'avons qu'une seule planète à notre disposition, je pense que le bio doit être une norme minimale.» Elle estime que les agriculteurs doivent préserver les quatre ressources de base que sont l'eau, l'air, le sol et la biodiversité. Surtout, les relations de proximité doivent fonctionner. «Nous devrions autant que possible consommer ce que nous produisons sur place, poursuit-elle. Dans les magasins, mais aussi dans la restauration.» Seul le surplus devrait être vendu de l'autre côté de la Bernina.

Pouvoir en vivre

Arrive-t-elle à vivre de sa production bio? «Oui», sourit l'agricultrice. Les paiements directs de la Confédération et les revenus qu'elle tire de la production de tisanes lui permettent de s'en sortir. Pour vivre pleinement la durabilité, Claudia Lazzarini l'accorde, il faut effectivement quelque chose de plus, à savoir des relations d'affaires durables. Ce qui signifie, par exemple, qu'un restaurateur a refusé de lui acheter les tubercules de topinambour qu'elle proposait pour 4 fr. 50 car, à ses yeux, c'était trop bon marché. De son côté, l'agricultrice achète ses plants de verveine à son fournisseur à un prix supérieur aux exigences de ce dernier – elle connaît les risques liés à la multiplication de cette plante fragile. Elle dit qu'en échange, ses prix à elle n'augmentent pas quand la marchandise se fait rare, et qu'elle informe ses clients lorsqu'il y a des problèmes de livraison. De telles relations directes sont durables et préservent les denrées alimentaires de la spéculation. «Je ne rends pas le monde meilleur. Mais je contribue à faire en sorte que notre vision du 100% Val Poschiavo reste notre objectif commun.»

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Acte N° 11

Des actes pour le bien-être de tous

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