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DES PAROLES AUX ACTES

A l'école des sapins de Noël

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Heiner H. SCHMITT
26 novembre 2019

Pour régner en maître sur le marché des sapins de Noël, le roi des forêts doit se parer d’une belle couleur vert foncé, présenter un profil harmonieux et arborer de solides branches capables de porter boules et autres guirlandes lumineuses. Mais le plus important, c’est qu’il puisse rentrer dans le salon. Et il en est un dont le succès ne se dément pas: le sapin Nordmann. D’autant plus s’il est cultivé de manière biologique.

Pour avoir le profil de l’emploi et prétendre à une carrière chez Coop, les sapins Nordmann doivent être élevés en pépinière sur le domaine agricole «Abies de Lully», non loin du lac de Neuchâtel, dans le canton de Fribourg. «Les arbres adorent les sols sablonneux comme les nôtres», explique Simon Fünfschilling (40 ans), qui a repris l’exploitation de son père en 2004, avant de se convertir à la culture bio trois ans plus tard. Pour bénéficier de l’appellation bio, il faut renoncer à l’usage de tout désherbant chimique. Si cela signifie davantage de travail pour l’agriculteur, c’est aussi plus de plaisir: «On observe une réelle symbiose entre les arbres. Même les lièvres sont de retour!», raconte le producteur.

Le Fribourgeois Simon Fünfschilling produit des futurs «rois des forêts» bio. Le bourgeon parfait ressemble à une étoile.

Aulnes protecteurs

Les grands aulnes plantés entre les rangées offrent des perchoirs haut placés aux oiseaux, qui autrement se poseraient sur la cime des sapins. Or si la jeune flèche de l’arbre venait à se rompre, il ne pourrait plus pousser aussi droit et aussi beau. C’est ainsi qu’un sapin Nordmann peut se métamorphoser en somptueux arbre de Noël.

Simon Fünfschilling attend deux ans avant de mettre en terre les jeunes plants, hauts d’une vingtaine de centimètres à peine. L’agriculteur tond entre les rangées pour empêcher les pousses d’être envahies d’herbe, de ronces ou autre plante rivale. Et n’hésite pas à récupérer du matériel dans les écuries: d’une part, le fumier de cheval comme engrais organique; d’autre part, la paille afin de bloquer la croissance des mauvaises herbes tout en gardant le sol humide.

A trois ans, les jeunes plants émergent à peine du paillage. Sur le terrain voisin, ceux qui ont une année de plus ont encore beaucoup de chemin à faire. Ce n’est qu’à partir de la cinquième année, lorsqu’ils arrivent à peu près au niveau des genoux, qu’on réalise vraiment que les petits sapins Nordmann deviendront grands. Il faut compter environ huit à dix ans avant de pouvoir les commercialiser dans les magasins Coop et chez Brico+Loisirs sous le label Oecoplan.

Le moment venu, les clients ne sont pas les seuls à profiter de l’opération «Sapins de Noël». En effet, pour chaque arbre acheté, 1 franc est reversé à l’organisation WWF pour des projets en faveur de la biodiversité en Suisse. Coop soutient d’ailleurs cette initiative à l’occasion des 30 ans de la marque Oecoplan. Et comme les sapins Nordmann bio n’ont jamais été traités avec des herbicides au cours de leur longue croissance, ils ne sont pas seulement cantonnés à nos salons. En effet, les arbres invendus peuvent tout à fait servir de nourriture aux animaux. «D’ailleurs, nos chevaux aussi se plaisent beaucoup à les grignoter», s’amuse Simon Fünfschilling. 


ACTE N° 300

Des sapins de Noël de Suisse
Chaque année, nous vendons des milliers de sapins de Noël plantés et cultivés en Suisse. Nous renforçons ainsi la production régionale tout en évitant de longs circuits logistiques. La part des arbres Oecoplan atteint déjà 15%.

Plus d’infos sur cet acte et sur tous nos autres engagements sur: www.des-paroles-aux-actes.ch/300