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DES PAROLES AUX ACTES

On les plante avec des fleurs

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Daniel Desborough
15 octobre 2019

Walter Hadorn (57 ans) a misé sur les bandes fleuries pour protéger ses plantations de choux contre les nuisibles.

La moitié de la production suisse de choux blancs provient de la vallée de la Gürbe, près de Berne. Ici, on trouve fleurs et insectes à foison. Pour protéger leurs cultures, les agriculteurs bio de la région misent sur les bandes fleuries qui attirent de nombreux insectes utiles. 

Walter Hadorn (57 ans), agriculteur, démarre la récolte à la mi-août pour finir à la fin du mois de novembre, avec une production totale de 70 tonnes. La famille Hadorn cultive le chou blanc utilisé pour la choucroute depuis plusieurs générations sur ses terres de Toffen (BE). «Mes grands-parents transportaient les récoltes avec une charrette tirée par un cheval», commente l’agriculteur. Depuis 1965, la famille Hadorn exploite la ferme dans le respect des directives Bio Suisse.

Il y a trois ans, Walter Hadorn s’est lancé dans une nouvelle aventure en introduisant une bande fleurie au milieu de ses cultures de choux. Cette innovation lui a été inspirée par l’Institut de recher­che de l’agriculture biologique (FiBL), qui travaille notamment en collaboration avec Coop et la société Schöni Swiss­fresh. Celle-ci transforme les choux en provenance des fermes en différentes variantes de choucroute. A la tête de l’entreprise, Andrea Schöni (48 ans) incite les 15 producteurs bio auprès desquels il s’approvisionne à employer la méthode des bandes fleuries. 

La choucroute Schöni a vu le jour voici presque 100 ans: le fondateur de la marque proposait déjà dans les années 1950 une choucroute diététique. «Notre choucroute bio était en 1987 l’un des tout premiers produits bio à être commercialisé dans les magasins Coop», souligne Andrea Schöni. 

Dans le champ de Toffen, à droite de la bande fleurie – large de trois bons mètres – on peut admirer les gros choux Jaguar et à gauche la variété Typhon. Au milieu, les abeilles bourdonnent en compagnie d’autres insectes qui butinent de corolle en corolle. Le mélange pour bandes fleuries, savamment mis au point par le FiBL, se compose de différentes semences: sarrasin, bleuet, vesce et coquelicot. Ces fleurs, gorgées de nectar, émettent des senteurs aromatiques qui attirent les coccinelles, lesquelles se régalent à leur tour des nuisibles du chou (pucerons, par exemple). D’autres insectes utiles comme l’ichneumon pondent leurs œufs dans les larves des terribles noctuelles, qui en meurent. 

«Grâce aux bandes fleuries, les producteurs de choux peuvent mettre en œuvre des insecticides naturels contre les noctuelles si difficiles à éradiquer, sans mettre en danger les insectes utiles», explique Luka Henryk (59 ans), expert au FiBL. Walter Hadorn voit quant à lui aussi les avantages à long terme: «Les bandes fleuries préservent la biodiversité et permettent de lutter contre l’extinction des insectes!»

Acte n° 186

Des fleurs contre les nuisibles
Coop soutient l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL) dans ses recherches pour mettre la biodiversité à profit dans la lutte contre des nuisibles. Dans la culture du chou, le FiBL a mis au point des bandes fleuries qui offrent de la nourriture à des insectes utiles.
 Autres informations ici: https://www.des-paroles-aux-actes.ch/186