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Un hiver à l'état sauvage

Faune En Suisse, la saison hivernale peut être rude. Pourtant des animaux vivent en montagne toute l'année. Pour survivre, ils doivent économiser leurs forces.

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Keystone
18 janvier 2016

Le bouquetin vit entre 1600 et 3300 mètres. En cas dhiver rigoureux, il peut descendre plus bas.


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Majestueux. Un bouquetin sur une crête blanche, solitaire. Des chamois jouant dans la neige. Les branches lourdes d'un sapin mises en mouvement par l'envol d'un tétras-lyre, ou d'un grand tétras, cette «poule» sauvage menacée d'extinction. Et là, un lièvre variable qui, vêtu de son poil d'hiver, détale invisible à travers le manteau neigeux…

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En Suisse, une dizaine d'animaux sauvages passent la mauvaise saison en montagne. Ils y affrontent de grands froids (en moyenne -10 °C à 2000 m), des giboulées, ou se reposent immobiles, princes dans leur jardin, sur un rocher ensoleillé. Dans cet éden animal, la vie en hiver n'est pourtant pas une sinécure. La nourriture est rare, souvent peu nutritive, et les journées, courtes, offrent peu d'occasions d'en trouver. Les déplacements dans la neige sont pénibles.
Pour survivre, cerfs, chevreuils et toute la faune alpine vivent au ralenti. Chacun économise son énergie, se déplace un minimum, dort dans des abris protégés et se réchauffe sans bouger pendant les heures d'ensoleillement. Certains abaissent leur température corporelle.

Les chamois adoptent en hiver un rythme ralenti pour vivre en montagne.

No stress

Plus que ces conditions extrêmes, les promeneurs représentent un véritable défi pour les animaux sauvages. Les randonnées dans la neige se sont multipliées ces quinze dernières années. Le succès des raquettes à neige, le progrès du matériel – skis carvés et plus larges – ou l'héliportage mettent la montagne à portée de tous.
Cette fréquentation à la hausse dérange la faune alpine: un randonneur qui sort des sentiers balisés, un chien pas tenu en laisse, ou un groupe trop bruyant par exemple. Surpris dans son habitat naturel, l'animal subit un stress, prend la fuite et brûle une énergie aussi précieuse que nécessaire en cette période de l'année. Il peut déserter totalement son nid, son terrain de chasse et de parade. Un départ précipité qui le fragilise, abaisse même son taux de reproduction.
Plutôt que de nous abstenir d'un agréable bol d'air frais, il est primordial d'apprendre à cohabiter avec la vie sauvage. Respecter les itinéraires et les zones de protection définis dans toute la Suisse sont les solutions préconisées par les différents acteurs de la montagne, Clubs alpins, Swiss-ski, Swiss- Snowshoe, WWF, Pro Natura, Confédération et cantons en tête. Un site (voir encadré) réunit conseils, cartes interactives des zones protégées, liens vers ces organismes et organisateurs de cours. Pour que ces animaux majestueux se sentent aussi chez eux à la montagne.

Tout comme le chamois, les tétras-lyres, ainsi qu'une dizaine d'autres animaux sauvages, adoptent en hiver un rythme ralenti pour vivre en montagne.

Cartes de partage

www.respecter-cest-proteger.ch