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Camouflage: l'art de disparaître

L’hermine, élue animal suisse 2018, et le lièvre variable ont enfilé leur manteau blanc d’hiver. Gros plan sur les stratégies de camouflage de nos amies les bêtes.

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Fotolia, DR
08 janvier 2018

Pour se cacher de ses prédateurs, lhermine, élue animal suisse 2018 par Pro Natura, devient blanche en hiver et passe ainsi inaperçue sur la neige.

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En cas d’absence de flocons, ces animaux pourraient-ils annuler leur métamorphose? «C’est possible, commente le biologiste, mais c’est un long processus qui s’étendrait sur plusieurs générations. Tout dépend de la pression de la prédation, du climat et de l’histoire de chaque espèce. On trouve ailleurs en Europe des hermines similaires aux nôtres, mais qui ne deviennent pas blanches.»

Pour Daniel Cherix, les rois du camouflage, ce sont les invertébrés. «De un, ils sont plus nombreux que les autres espèces, et de deux, ils ont beaucoup de prédateurs, comme les oiseaux notamment.» Ainsi une chenille que l’on trouve chez nous, le sphinx de la vigne, peut gonfler sa tête et prendre l’apparence d’un serpent. Bluffant. «En la voyant, les oiseaux ne se risquent pas à vérifier!» Idem pour les syrphides, ces mouches inoffensives qui ressemblent aux guêpes, ou les phasmes qui se confondent avec des feuilles ou des bouts de bois.
 

Mais les animaux ne sont pas seulement capables de se cacher: «Certains imitent le comportement ou le cri d’autres espèces.» Ainsi le drongo, un oiseau vivant en Afrique, est capable de reproduire plusieurs dizaines de cris d’alarme d’autres animaux. Il le fait pour voler leur nourriture. En poussant le cri qui annonce l’arrivée d’un prédateur, ce passereau grand comme une corneille parvient à effrayer des mangoustes ou des chacals qui délaissent leur repas. Il n’y a pas que le renard qui soit malin!

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À bas les poils!

Tous les animaux à poil muent. La gazelle revêt un manteau moins perméable pour la saison des pluies par exemple. Les propriétaires de chats et de chiens connaissent aussi le phénomène. À la différence près que nos compagnons renouvellent leur pelage tout au long de l’année, et plus uniquement aux changements de saisons. «C’est la domestication et la vie à l’intérieur des habitations qui ont changé cela. Un chat qui est beaucoup dehors suivra plus le rythme des saisons», explique Daniel Cherix.

L'animal 2018

Très vive, l’hermine (Mustela erminea) est une remarquable chasseuse de campagnols. Elle peuple nos régions jusqu’à 3000 mètres. En la nommant Animal de l’année 2018, Pro Natura lance un appel pour une agriculture et un aménagement du paysage proche de la nature.

Mince et délicate, un poids de 300 grammes en moyenne et la taille d’une règle d’écolier: cette morphologie permet à l’hermine de se glisser facilement dans les trous de souris, les tas de branches ou les fourrés. Lorsqu’elle ne se repose pas, l’hermine est toujours en mouvement. Elle se livre occasionnellement à de véritables cabrioles. Les scientifiques n’ont pas encore d’explication concluante à ces acrobaties.

L’agilité et la vivacité de l’hermine ont leur prix. L’hermine, longue et fine, a besoin de beaucoup d’énergie pour conserver sa chaleur et se maintenir en forme. Elle doit manger jusqu’à 40 % de son poids chaque jour. En Suisse, l’hermine est spécialisée dans la chasse aux campagnols, sa préférence allant aux campagnols terrestres (Arvicola terrestris). L’hermine est donc une chasseuse de souris très appréciée des agriculteurs. Elle mange une à deux souris par jour en moyenne. Durant la période d’élevage des petits, au printemps, ses besoins sont encore plus importants.

En raison de ses nombreux ennemis (renards, oiseaux de proie, chouettes, cigognes, hérons cendrés, chats domestiques et chiens), l’hermine évite, dans la mesure du possible, de se déplacer à découvert. Elle redoute donc les zones trop «propres en ordre». Un tas de pierres ici, là une bande de pré non fauchée, avec un ruisseau ou une haie entre les deux: l’hermine a besoin de petites structures bien connectées entre elles.

L’Animal de l’année 2018 dépend donc d’une agriculture respectueuse de la nature. Il n’a pas non plus d’exigences démesurées. Ce petit prédateur peut même vivre dans des régions intensément exploitées, pour autant qu’il y trouve un minimum de petites structures et de prés. Plus il y a aura d’agriculteurs et d’agricultrices prêts à aménager et entretenir ce type de petites structures, plus l’hermine pourra remplir son office de chasseuse de souris. Des petites structures diversifiées offrent aussi un habitat naturel précieux à de nombreuses autres espèces animales. Il est également urgent d’aménager davantage de passerelles et de tunnels permettant à l’hermine de franchir sans danger les voies de communication très fréquentées. (Pro Natura)

Pro Natura - L'animal 2018: l'hermine REHM - Fondation pour la promotion des petits carnivores

Encore plus!

Chenille de Deilephila elpenor (Sphinx de la vigne)

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Guêpe commune (Vespula vulgaris)

Syrphe imitant une guêpe

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Phasme Phyllium celebicum

Phasme gaulois

L'experte

Line Gentsch-Baumberger, médecin vétérinaire à Neuchâtel

Il faut être prudent lors de l’introduction d’un nouveau chat dans un foyer. En effet, les félins sont des animaux plutôt solitaires et certains s’accommodent mal d’un nouvel arrivant. Même si des coups de foudre existent, la plupart des chats commencent par s’ignorer. Pour mettre toutes les chances de son côté, mieux vaut préparer le terrain. Chaque chat doit avoir accès à ses propres affaires (litière, arbre à chat, cachette, point d’eau et de nourriture), si possible dans des pièces séparées afin qu’ils puissent s’isoler au besoin. Les phéromones peuvent créer une atmosphère qui encourage des premiers contacts amicaux. Dans tous les cas, laissez les chats faire connaissance en les observant à distance et n’intervenez que si une réelle bagarre avec morsure éclate. Et si la cohabitation se passe vraiment mal, il faut accepter que votre chat préfère rester seul.

 

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