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Grands ravageurs

Les campagnols vont envahir en masse nos campagnes et provoquer des dégâts importants chez les paysans. Son ennemi naturel, l'hermine, représente un moyen de lutte.

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23 avril 2018

Cette année, comme tous les six ans, les campagnols pullulent et déciment prés et champs.


C'est une véritable invasion qui se prépare: de 400 à 600 rongeurs à l'hectare. Du jamais vu depuis 2012. Invariablement, ce phénomène se répète tous les six ans, le délai nécessaire aux campagnols pour restaurer ses effectifs après avoir atteint sa population maximale
suivie de son inexorable déclin. Extrêmement prolifique, un couple présent en début d'année dans une parcelle donne naissance à une centaine de descendants en un peu plus de huit mois.

Poids plume, maxi dégats

En période de pullulation, ce petit herbivore de 200 g représente un véritable fléau pour l'agriculture: il réduit prairies et prés de fauche à néant. «Les champs donnent l'impression d'avoir été passés au girobroyeur», se désole un paysan neuchâtelois. Ces ravages engendrent des coûts très importants. La perte de récolte fourragère devra être compensée par l'importation de foin, souvent en provenance de France, en plus de devoir reconstituer sa parcelle. «Une dépense de plus de 2000 francs par hectare», relève le biologiste Michel Blant, spécialiste du rongeur.
Le monde agricole est relativement impuissant dans la lutte contre les invasions de campagnols. Les anticoagulants distribués sous forme de produits chimiques ont été abandonnés à cause des dégâts collatéraux sur les rapaces.
Reste le piégeage, mais il ne peut être pratiqué à grande échelle car il suppose un travail de bénédictin. Et si l'on favorisait les prédateurs naturels du campagnol? Une solution expérimentée aux Franches-Montagnes et sur les Montagnes neuchâteloises conjointement par le Parc du Doubs, les stations phytosanitaires (NE, JU), la Fondation rurale interjurassienne (FRI) et les chambres cantonales d'agriculture (NE, JU). «Une famille d'hermines consomme plus d'une centaine de campagnols par semaine. Le renard en mange environ 10 000 par an», signale Michel Blant.
Pour favoriser l'installation durable de populations d'hermines, il faut leur aménager des refuges où elles puissent se dissimuler et se reproduire: «Nous constatons que ces abris naturels sont rares. Nous encourageons les agriculteurs à créer des tas de branches et
de cailloux et à laisser des zones de prairies non fauchées.» Un geste simple qui permettrait d'accueillir deux couples d'hermines par hectare. L'hermine est l'Animal de l'année Pro Natura 2018.

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