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Quand il n'est plus là

En disparaissant, notre animal de compagnie laisse un vide. A chacun d’apprivoiser son chagrin.

TEXTE
29 octobre 2018

Si après la mort de votre compagnon à quatre pattes vous en adoptez un autre, attention au syndrome de remplacement.

Tous les propriétaires d’animaux de compagnie redoutent le moment où ils devront laisser partir leur ami à quatre pattes. Et leur tristesse est d’autant plus grande lorsqu’ils entretiennent une relation très forte avec ce dernier. Vétérinaire dans le canton de Neuchâtel, Marina von Allmen s’est intéressée très tôt à ce passage douloureux: «Dans un cabinet, il n’est pas rare d’être confronté à la mort d’un animal. Et au désarroi du propriétaire.» Elle ajoute: «Ma sensibilité personnelle m’a poussée à accompagner de nombreuses personnes, même si cet aspect n’a jamais fait l’objet d’un thème au cours de mes études.» 

Auteure du livre «Quand l’animal s’en va... Gérer la perte de son animal de compagnie»*, la Neuchâteloise, spécialisée aujourd’hui en ostéopathie, relève que l’acharnement thérapeutique n’a plus sa place. Le vétérinaire est de moins en moins obligé de suggérer la fin de vie de l’animal: «L’ostéopathie est un outil supplémentaire pour discerner quand vient le moment. Elle s’ajoute à l’observation, à l’intuition. Un seul regard de l’animal suffit parfois à nous dire qu’il n’en peut plus.»

Il est alors temps de penser à l’après. Aujourd’hui, de nombreuses personnes veulent récupérer les cendres de leur animal, même si l’opération coûte nettement plus cher qu’une crémation collective.
Associer tous les membres de la famille dans l’accomplissement d’un rituel aidera chacun à faire son deuil. On pourra ainsi discuter de l’endroit où seront déposées ou éparpillées les cendres: dans un coin du jardin, quelque part dans la nature ou encore au cimetière animalier. 

Animal de remplacement

Cinq cimetières animaliers sont recensés dans notre pays, dont un seul en Suisse romande. Depuis 2001, le Refuge Sainte-Catherine de la Société vaudoise pour la protection des animaux accueille à Lausanne le Jardin du souvenir. On peut y déposer anonymement et gratuitement les cendres de son animal dans un endroit aménagé ou prendre une concession payante. Il appartient à chacun de choisir où son animal reposera.

Lors du processus de deuil, certaines personnes décident de faire une pause alors que d’autres ne peuvent vivre sans animal. Attention toutefois à ne pas laisser place au syndrome de l’animal de remplacement, avertit Marina von Allmen: «Ce syndrome s’installe quand on a trop d’attentes et qu’on veut retrouver l’animal qu’on vient de perdre.
C’est particulièrement délicat quand on prend un animal de la même race, du même sexe.»

*Editions Jouvence. Disponible auprès de l’auteure (marina.vonallmen@vonallm.ch) et en librairie.

Mise en terre

Les animaux de petite taille peuvent être enterrés dans un jardin privé, pour autant que leur poids n’excède pas 10 kg et que la fosse ait au minimum 1,2 m de profondeur. Il n’est en revanche pas permis
d’ensevelir des animaux de compagnie sur des terrains publics ou dans la forêt, quelle que soit leur corpulence.