X

Recherches fréquentes

FAMILLE
ANIMAUX

Rude été pour les oiseaux

Transmis par les piqûres de moustiques, un virus venu d’Afrique menace certains de nos oiseaux sédentaires.

TEXTE
PHOTO
Fotolia, DR
17 septembre 2018

Les merles noirs seraient les principales victimes du virus Usutu.

L’été n’a pas été de tout repos pour les oiseaux vivant dans notre pays. Dans certaines régions de l’est de la Suisse, particulièrement touchées par la sécheresse, on a eu recours au nourrissage, habituellement réservé à la saison froide uniquement. De plus, certaines espèces doivent faire face à un virus venu d’Afrique et sévissant dans de nombreux pays européens.

Le virus Usutu, qui doit son nom à une rivière, a été détecté pour la première fois en 1959 dans une région de l’Afrique australe. Plusieurs espèces d’oiseaux migrateurs, qui le rencontrent certainement depuis longtemps, ont ainsi pu développer une immunité qui limite la mortalité aux individus les plus faibles. Ce qui n’est pas le cas pour les oiseaux sédentaires. Selon François Turrian, directeur adjoint du Centre-nature de La Sauge (VD), la maladie a été identifiée pour la première fois en Europe en 2001, en Autriche pour être précis: «Les merles noirs sont apparemment les principales victimes, mais d’autres espèces comme les mésanges, les moineaux, les rouges-gorges, les grives et autres étourneaux ont également été infectés par ce virus qui se transmet uniquement via les piqûres de moustiques. Depuis, la maladie s’est installée dans la plupart des pays qui nous entourent, notamment en Allemagne où des centaines de cas ont été répertoriés.»

Dans notre pays, le virus Usutu a été identifié pour la première fois en 2006 par le Centre de médecine des poissons et des animaux sauvages de l’Université de Berne. Pour le professeur Marie-Pierre Ryser-Degiorgis, l’été 2018 semble être particulier. Les oiseaux victimes du virus Usutu sont plus nombreux cette année et la canicule ne semble pas étrangère à ce phénomène.

Il n’est donc pas impossible de rencontrer un oiseau mort ou affaibli lors de promenades dans la nature. Dans ce cas et même si le virus ne peut pas se transmettre par contact direct, il faut éviter de toucher l’animal à mains nues.

Pas de danger pour l’humain

Contrairement à la panique créée par l’apparition du virus de la grippe aviaire, le virus Usutu ne présente pas de risque majeur pour l’humain. Selon une étude française de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, 26 cas d’infections humaines par le virus Usutu ont été recensés en Europe. De nombreux scientifiques estiment cependant que ce chiffre est sous-estimé, vu l’absence de tests de détection et la méconnaissance des symptômes chez l’humain, quasi identiques à ceux d’une grippe.

 

Oiseaux autocollants

Apposés sur vos vitres, ils évitent aux oiseaux de s’y écraser. Chez Brico+Loisirs.

4 fr. 50