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Famille
Le poney

Petits, mais grands séducteurs

Déjà appréciés par les Romains et les Vikings, les poneys font aujourd’hui encore craquer les cœurs les plus endurcis.

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Aurélie Rufener
18 juin 2019

Tout cheval qui mesure moins de 1,48 mètre au garrot est nommé poney. Ici, Nikola et son poney Tally.


Concours: trouve un nom à ce poney nouveau-né


Robustes et solides, les poneys n’ont rien à envier à leurs grands frères, les chevaux. Du saut d’obstacles au dressage, en passant par les compétitions d’attelage et le gymkhana, ils peuvent être utilisés dans tous les sports équestres. Ils font aussi d’excellents animaux de loisirs, particulièrement appréciés des enfants. C’est donc la taille qui détermine à quelle famille appartient l’animal. Selon la description de la Fédération équestre internationale, tout cheval dont la taille à l’âge adulte est inférieure ou égale à 1,48 mètre au garrot est nommé poney. La taille prime donc sur la race. Ainsi, un équidé né de deux parents poneys, sera considéré comme cheval si sa taille est supérieure à 1,48 mètre.

Intelligent, astucieux, rusé et bienveillant, le poney use et abuse de ses atouts pour obtenir ce qu’il veut. Il peut faire la forte tête s’il n’est pas entraîné par des personnes expérimentées. Dans la Broye fribourgeoise, Sonia Trpkovski, thérapeute, partage sa passion pour les chevaux avec son fils de 8 ans et demi: «A force de me voir avec mes chevaux, Nikola m’a dit que ça lui ferait plaisir d’avoir un poney. Je l’ai rendu attentif aux besoins d’un poney, puis on a acheté Tally l’année dernière.» 

«Je lui confie mes petits secrets»

Aujourd’hui âgé de 2 ans, le poney de Nikola n’est pas encore prêt à être monté. Il faut attendre qu’il ait atteint sa troisième année pour la selle. Alors entre-temps, mère et fils privilégient le relationnel, l’observation. «Nikola a dû apprivoiser le poney, en prendre soin. On travaille à la longe, au sol, au toucher, précise la maman. Tous ces petits gestes qui rassurent l’animal. Pour le moment, on observe.» Le lien de cœur est primordial et la compétition n’a pas sa place dans l’équitation de loisirs.

Quand il n’est pas à l’école, Nikola accompagne sa maman aux écuries: «J’ai envie de venir avec elle pendant ses balades à cheval. J’ai un bon contact avec les animaux, mais j’ai un peu peur des grands chevaux.» Que partage-t-il avec Tally? «Maman m’a appris à le brosser, lui donner à manger. Je le promène à la longe et plus tard j’essaierai de le monter.» 

Le simple fait d’aller dans le parc crée déjà une émotion chez le jeune garçon: «Quand j’appelle Tally, il vient aussitôt en courant très vite. Je lui parle, lui confie mes petits secrets car je sais qu’il va bien les garder.» Comme le précise Sonia Trpkovski, «le cheval ou le poney provoque un effet de miroir des émotions».

Fédération pour les poneys suisses

Tally correspond au standard de la Fédération romande d’élevage Poney Suisse CH. Tout comme le cheval Demi-sang suisse, le Poney Suisse est aussi une race issue de croisements, pour allier la rusticité du poney et des aptitudes sportives. Président du comité, Gérald Risse précise que dans la fédération, on sélectionne autant pour le caractère que pour les aptitudes physiques: «Un poney qui ne donne pas ses pieds, se montre agressif ou ne tient pas en place perdra inévitablement des points. On cherche avant tout des animaux de bon caractère.» 

Il y a 50 ans, quelques personnes se sont rassemblées pour faire de l’élevage de bons poneys. Bien des années et bien des poneys plus tard, en 2004, le standard est enfin reconnu officiellement par l’Office fédéral de l’agriculture. A propos, quelle est l’espérance de vie d’un poney? «Leur moyenne de vie est de 30 ans, comme pour les chevaux. Mais j’en ai connu un qui a dépassé les 40 ans», conclut Gérald Risse.