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Tombés du nid

Les temps sont durs pour les oisillons. Ils sont nombreux à bénéficier des soins de la nurserie de Genthod, avant de retrouver la liberté.

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15 mai 2019

Les oiseaux, et encore plus les oisillons, sont énormément tributaires des conditions météo. Comme le confirme Patrick Jacot, directeur du Centre ornithologique de réadaptation de Genthod (GE), ce printemps 2019 ne fut pas tendre avec la gent ailée: «On passe une très mauvaise période pour les tombés du nid et nous croulons sous les appels téléphoniques.» Si de très nombreux oisillons sont pris en charge par le plus grand service de néonatalogie, version ornithologique, de Suisse romande, d’autres peuvent être sauvés sur place par les personnes les ayant trouvés.

Que faire lorsque l’on découvre un oisillon au sol? «Il faut agir différemment selon les espèces, précise Patrick Jacot. Certains parents viennent nourrir les tombés du nid au sol. Ce n’est pas le cas pour d’autres, comme les martinets et les hirondelles.» Le moyen le plus simple est d’envoyer une photo de l’oisillon par MMS au centre de Genthod (079 624 33 07) prêt à répondre aux appels six jours sur sept, soit du lundi au samedi, de 8 à 18 heures. Cette démarche permettra ainsi de déterminer l’espèce de l’oiseau et son âge. Pour ce faire, on peut sans crainte prendre l’oisillon dans les mains car, au contraire des mammifères, le problème de l’odorat ne concerne pas les oiseaux.

Une fois l’identification faite, Patrick Jacot peut conseiller de laisser l’oisillon sur place en le mettant simplement à l’abri sur une branche ou dans un buisson. Les parents se chargeront des soins. Si tel n’est pas le cas, précise le scientifique, une véritable course contre le froid s’engage: «Le principal problème est d’ordre thermique. L’oiseau ayant une température interne située entre 41° et 43° Celsius, il va se refroidir rapidement. Je conseille donc de le mettre dans un carton avec une bouillotte, un peu de papier ménage, des mouchoirs en papier non parfumés ou non mentolés. Si la personne ne peut pas nous apporter l’oisillon de suite, on lui expliquera un petit régime alimentaire.»

Le Centre ornithologique de réadaptation de Genthod (cor-ge.ch) reçoit chaque année quelque 10'000 appels téléphoniques. Plus de 2000 oiseaux blessés ou malades y sont pris en charge par une petite équipe formée de biologistes, ornithologues, vétérinaires et collaborateurs non scientifiques, presque tous bénévoles. Comme le souligne Patrick Jacot, le centre tient à assurer un rôle socio-économique en proposant des stages à des demandeurs d’emploi.