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La Boum sur scène

Trente-trois ans après la sortie de «La Boum», qui a lancé la carrière de Sophie Marceau, la chorégraphe Ursula Perakis Roehrich propose à Moudon (VD) une comédie musicale inspirée du film. A voir les 26, 27 et 28 avril. Partagez vos souvenirs de boum en laissant un commentaire en bas de page.

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Charly Rappo/Arkive.ch
25 avril 2013

Clin d?il aux soirées disco en patins à roulettes et à la comédie musicale Starlight Express.

Clin d?il aux soirées disco en patins à roulettes et à la comédie musicale Starlight Express.

Ursula Perakis Roehrich, chorégraphe.

Le rythme langoureux de la chanson Reality se fait entendre. L'immersion dans les années 1980 s'ensuit, instantanément. «Tu danses?», demande un adolescent à une fille qui le snobe. Il y a du slow dans l'air à Moudon. Une trentaine d'artistes, principalement des adolescents, s'apprêtent à y danser, jouer et chanter La Boum. Ce spectacle est une création de l'atelier de comédie musicale d'Ursula Perakis Roehrich. «Le répertoire de comédies musicales pour les tout jeunes est très mince», indique la chorégraphe et professeure de danse, une Zurichoise établie en Suisse romande depuis trente ans. D'où son idée d'adapter La Boum. L'occasion de replonger trente ans en arrière et de voir ce qui est resté identique et ce qui s'est transformé dans le monde de l'adolescence. «J'ai l'impression que le plus grand changement, c'est l'arrivée de l'informatique et des natels. Sur les réseaux sociaux, tout le monde est au courant de tout, y compris de la vie sentimentale des adolescents. Il y a un côté secret qui s'est perdu», observe Ursula Perakis Roehrich.

Le metteur en scène Frédéric Joye, né en 1975, a aimé les années 1980, qu'il a surtout vécues à travers son grand frère. Avec les jeunes comédiens, il a parlé du contexte de l'époque, en vue de les aider à en imprégner leurs personnages. «Le vocabulaire employé aujourd'hui est tout autre, mais le relationnel, par exemple l'instabilité émotionnelle, perdurent.» Cette instabilité, Vic (Sophie Marceau dans le film de Claude Pinoteau, décédé l'automne dernier) la connaît bien. Ses humeurs changent au gré de celles de Mathieu, le garçon qu'elle aime. Heureusement, l'arrière-grand-mère de Vic, la franche Poupette (Denise Grey dans le film), est très proche d'elle, et de bon conseil.


Christiane Lüdi est Poupette dans la comédie musicale: «Je fais ce que je peux pour tenir le rôle de  l'extraordinaire Denise Grey. ça me fait du bien de côtoyer ces jeunes, ils sont chou», se réjouit la comédienne. Les musiques des années 1980 lui rappellent plein de bons souvenirs. Le spectacle s'est enrichi de musiques et de chansons par rapport au film, avec du rock en bonne place. La scène de la disco en patins se danse aussi sur roulettes dans la création moudonnoise, mais en costumes robotisés, clin d'œil de la chorégraphe à Starlight Express, comédie musicale des années 1980.

Les dialogues – qui incluent de savoureuses répliques du film ­– régalent le spectateur amateur de scènes de drague caricaturales: «Bouge pas et observe», lance un ado à un autre. Il se dirige vers une fille et lui demande: «Tu carbures à quoi?» Elle fait d'abord mine de ne pas comprendre, puis le congédie en lui signifiant qu'elle a déjà un coca!

La troupe talentueuse qui porte ce spectacle a une énergie communicative. Les jeunes parlent d'un super esprit de groupe. A eux la scène, place au rock: Go Johnny Go

Comédie musicale «La Boum»: 26, 27 et 28 avril à la salle de la Douane à Moudon.

Informations et réservations auprès de Moudon Région Tourisme: 021 905 88 66.


A 15 ans et 18 ans, Ysatis et Salomé jouent le rôle de Vic, interprété par Sophie Marceau dans le film. La blonde et la brune se partageront les représentations. Elles disent avoir relevé ce défi formateur sans rivalité. Salomé a adopté la coupe de cheveux de Vic, Ysatis s'est contentée d'une frange. Entre elles, le bourreau des cœurs Mathieu est joué par Armand, 15 ans: «Mathieu a de la facilité avec les filles, il est un peu macho sur les bords», observe le jeune homme. Il estime qu'aujourd'hui comme hier, l'adolescence signifie commencer à sortir, à faire la fête et à «essayer de se caser». Il aurait aimé vivre les boums en patins à roulettes des années 1980! Pour sa part, Salomé regrette les slows de l'époque: «On choisissait une personne avec qui on voulait danser, ce pouvait être une preuve d'amour.» Si Ysatis a trouvé le film «assez kitsch et cliché», elle s'y reconnaît comme ado: «Même si la façon de le dire est différente, on tombe amoureux pareil… et ça ne va pas comme on voudrait pareil.»


Deux meilleures copines qui ont des vues sur le même garçon, c'est la situation piquante que jouent Maïa et Maeva, «personnage duo», avec Didier. A 19 ans pour elles et 17 ans pour lui, ils ont dû beaucoup travailler pour incarner des adolescents de 14 ans de 1980. Etat d'esprit, gestuelle, manière de parler, pas évident de trouver la justesse. Les filles voient plus de différences que Didier. Elles estiment que les mentalités ont changé, lui pas: «Je me retrouve parfaitement dans ce personnage d'il y a trente ans. Il n'y avait pas de smartphones, mais on reste à peu près pareils.» Les trois jeunes s'accordent toutefois sur deux points. Ils regrettent qu'en soirée, de nos jours, la tendance soit à «bouger la tête ou être par terre ivre mort plutôt que de danser». D'autre part, ils s'insurgent contre la place démesurée qu'ont pris les nouvelles technologies: «Devoir être connectés constamment, c'est une bêtise je pense. Si je ne réponds pas à un message dans l'heure, on pense que je suis énervé», s'étonne Didier. Partis en week-end dans un chalet, les jeunes artistes de «La Boum» se sont imposés une règle le temps d'une soirée: poser tous les natels dans un coin. Conclusion: «Même si c'est source de problèmes avec l'entourage, ça fait beaucoup de bien.»


Marc et Gene sont de jeunes adultes, deux personnages créés pour la comédie musicale. Il est l'ami de tous, un amoureux à sens unique qui cache son côté vulnérable derrière des blagues. Elle est extravertie et fêtarde. Derrière Marc il y a Benjamin, 18 ans, un gymnasien qui a découvert le film à l'occasion du spectacle: «Sympa, sans plus. L'histoire est éternelle: une fille est amoureuse d'un garçon et ça ne marche pas comme elle le souhaiterait.» Pour Enora, étudiante de 20 ans, qui incarne Gene, «La Boum» est un souvenir d'enfance, sa maman étant une fan. «La préparation de ce spectacle est dépaysante, l'occasion de nous plonger dans une époque que nous n'avons pas vécue.»

Jean-Pierre (Nathan Klopfenstein) et Pénélope (Anouk Graf). Marre des slows, place au rock!


Avec son copain Raoul, Jean-Pierre est le beau gosse du lycée. Il idolâtre Elvis Presley et le prouve aux platines. «J'écoute de tout, mais pas Elvis», sourit Nathan, 15 ans. La difficulté de son rôle? «Etre démonstratif, oser…» A ses côtés, Pénélope est la bonne copine de Vic: «Jouer un personnage de mon âge ou presque, c'est cool», s'enthousiasme Anouk, presque 16 ans. Tous deux ont trouvé le film «un peu vieux», très loin de ce qu'ils vivent dans leur adolescence: «On retrouve les histoires d'amour et les jalousies», souligne Anouk, qui trouve que tout va «super vite» aujourd'hui par rapport aux années 1980.