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Chouette, voyons ce que mange le hibou!

C'est la nuit de la chouette en Suisse romande ce samedi 28 mars 2015! Connaissez-vous la vie de ces oiseaux? Découvrez quelles espèces vivent en Suisse et testez vos connaissances!

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Darrin Vanselow, Daniel Aubort,  Pierre-Alain Ravussin
26 mars 2015

La chouette de Tengmalm a perdu deux tiers de ses effectifs ces vingt dernières années en Suisse.


Huit espèces

Les huit espèces de rapaces nocturnes qui se reproduisent en Suisse
Un peu plus de 250 espèces de chouettes et de hiboux sont recensés dans le monde. On en trouve treize en Europe et huit qui nichent en Suisse. Textes tirés du livre «Chouettes… un hibou!», signé Daniel Cherix, Albertine Roulet, Pierre-Alain Ravussin et Daniel Aubort (Éd. Du Belvédère).

Pour écouter le chant et pour plus d'informations sur ces huit espèces de rapaces nocturnes, aller sur les photos.

Hulotte

Effraie des clochers

Chevêche d'Athéna

Chouette de Tengmalm

Grand-duc d'Europe

Chevêchette d'Europe

Hibou moyen-duc

Petit-duc scops

Article et quiz

Reconstituer les rongeurs que mangent les hiboux: un jeu d?enfant!

Cette fin de mardi, il rejoint la biologiste Albertine Roulet au musée cantonal de zoologie de Lausanne, où sont régulièrement organisés des ateliers pour les enfants. Les deux auteurs vont initier la famille Genoud, de Grandvaux (VD), au mode de chasse des rapaces nocturnes et à l'analyse de leurs pelotes de réjection.

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«Comme avaler un petit veau!»

Les spécialistes commencent par montrer une vidéo. Une fois sa proie repérée, une chouette plonge sur elle, lance ses pattes en avant et s'en empare. Elle la gobe en entier, par la tête. À partir d'une dizaine de jours de vie, ses petits en sont aussi capables! «C'est comme si on avalait un petit veau d'un coup», image Pierre-Alain Ravussin. En l'écoutant, Solanie, Théotim, Charline et Maëlyse ouvrent de grands yeux. Les quatre frère et sœurs se lancent dans le tri des éléments qui composent une pelote. Ils nettoient les petits os au pinceau. Qui saura différencier une vertèbre d'un fragment de crâne? «J'ai trouvé l'omoplate», se réjouit Solanie. Son papa Olivier sourit: «C'est mieux qu'un paquet surprise!»

Très curieux, Théotim (6 ans et demi) se prête volontiers au tri de petits os.

Concentré, Théotim se demande ce qu'il a entre les doigts. Il s'agit de la place des incisives. Pierre-Alain Ravussin lui montre à quoi elle correspond sur sa mâchoire. Il réalise que notre squelette n'est pas si différent de celui d'un rongeur.
Les scientifiques en sont convaincus: expliquer la biologie de ces oiseaux, c'est encourager leur respect. Autant commencer dès le plus jeune âge: la survie de certaines espèces de chouettes et de hiboux est en péril dans notre pays. «C'est une lutte interminable, il y a toujours de nouvelles menaces. En prendre conscience, c'est déjà quelque chose d'essentiel», conclut Pierre-Alain Ravussin.
La famille Genoud repart avec un squelette de campagnol reconstitué et des pelotes de réjection à montrer aux copains de classe et aux enseignants! Théotim rêve déjà d'avoir son propre microscope chez lui…

Albertine Roulet et Pierre-Alain Ravussin initient Charline et Solanie à la biologie.

L'intensification de l'agriculture, l'urbanisation, la densification des lignes électriques aériennes, du trafic routier et ferroviaire ont rendu la vie difficile aux rapaces nocturnes. Ils ont moins d'endroits pour construire leur nid, pondre et couver: «Dans le Nord vaudois, de nombreux vieux vergers se sont par exemple transformés en zones villas», regrette Pierre-Alain Ravussin.
Heureusement, la hulotte, l'effraie, la chouette de Tengmalm, la chevêche ou encore le petit-duc se reproduisent volontiers dans des nichoirs artificiels. «Une vieille caisse en bois que l'on troue fait très bien l'affaire. On prévoit une chicane dans le couloir d'entrée pour éviter que les pigeons y viennent», précise le scientifique. Il encourage chacun à fabriquer un nichoir: «C'est vraiment favorable aux oiseaux.»
L'idéal est de placer un nichoir en automne. Attention à demander l'autorisation du propriétaire du hangar, du rural, du clocher ou de la forêt où on le place. Ainsi, l'animal a le temps de découvrir le nichoir et de s'y installer en vue de la future naissance des petits au printemps.

Le baguage (ici une jeune chouette de Tengmalm) est réservé aux connaisseurs.

Patience Pour avoir la chance d'apercevoir une chouette ou un hibou, il faut de la discrétion, de la persévérance et la volonté de suivre le rythme nocturne de ces animaux…

Ils sont fous, ces biologistes… C'est ce que doivent penser ceux qui les aperçoivent au milieu de la nuit dans un hangar agricole en train de regarder à la lampe de poche si un nichoir est occupé! Ce travail, qui doit être discret pour être efficace, est essentiel à l'étude et donc à la protection des espèces. Le jour, chouettes et hiboux se cachent… En vue de les apercevoir, il faut se mettre de nuit: «Pour repérer la chouette de Tengmalm, il faut monter à plus de 1000 mètres et aller à sa rencontre en forêt, en raquettes ou à ski de fond», explique Pierre-Alain Ravussin. En plaine, entre mars et juillet, de nombreux groupes ornithologiques organisent des visites de nids et nichoirs. C'est la manière la plus aisée de repérer un hibou ou une chouette. «Les pelotes de réjection et le houspillage par les passereaux diurnes sont aussi des signes de présence», précise la biologiste Albertine Roulet.  Tous les deux ans, une nuit de la chouette est organisée en Suisse romande. La prochaine aura lieu le 28 mars 2015.

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Quiz Testez vos connaissances sur les rapaces nocturnes

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Solution du quiz (dans la version papier du journal n°47): HULOTTE